Galba : né le 24 décembre 3 av. J.C., mort le 15 janvier 69Titre : Servius Sulpicius Galba Imperator Caesar Augustus (8 juin 68 - 15 janvier 69 : 7 mois)Nom
Servius Sulpicius Galba. "On ne sait pas au juste pour quel motif le surnom de Galba fut donné au premier des Sulpicii qui le porta, ni d'où il vint. Ce fut, d'après certains, parce que après avoir longtemps assiégé sans succès une place forte d'Espagne, il l'incendia enfin avec des torches enduites de galbanum (suc résineux d'une plante de la famille des ombellifères); selon d'autres, parce que durant une longue maladie, il fit régulièrement usage de galbeum, c'est-à-dire de pansements entourés de laine; quelques-uns l'expliquent en disant fort gras, ce que traduisait le mot galba, en langue gauloise; d'autres, au contraire, que son extrème maigreur le fit comparer aux insectes naissant dans les chênes et qu'on appelle galbae" (Suétone). NaissanceL'empereur Servius Galba est né le neuvième jour avant les calendes de janvier (24 décembre) en l'an 5 (ou 3 avant J.-C.), dans la propriété familiale de Fundi (Fondi), près de Terracine en Campanie. FamilleSuccesseur de Néron, Galba n'avait aucun lien de parenté avec la famille Julio-Claudienne. Parmi les membres éminents de sa famille, on compte le consul Servius Néron, reconnu comme le plus éloquent orateur de son temps. On lui attribue d'avoir, après sa préture, commandé en Espagne où il aurait traîtreusement fait massacrer trente mille Lusitaniens, déclenchant ainsi la guerre de Viriathe. Son petit-fils, ayant échoué dans sa candidature au consulat, conspira avec Brutus et Cassius contre Jules César, dont il avait été le lieutenant en Gaule. Après lui, son grand-père et son père ont pris la relève. Son grand-père, plus reconnu pour ses écrits que pour ses titres, ne dépassa jamais le rang de préteur, mais rédigea une histoire très détaillée et captivante. De son union avec une Achaïca, naquirent deux fils, Gaius et Sergius. Gaius, l'aîné, après avoir dilapidé sa fortune, quitta Rome et, n'ayant pas réussi à obtenir le proconsulat sous Tibère, mit fin à ses jours.
PèreLe père de Galba, de petite taille et bossu, fut consul puis un avocat assidu mais manquant d'éloquence. Il eut pour épouses Mummia Achaïca, petite-fille de Catulus et arrière-petite-fille de Lucius Mummius, le destructeur de Corinthe, puis Livia Ocellina, une femme à la fois riche et belle. Celle-ci, attirée par sa noblesse, se montra encore plus empressée après qu'il eut, à sa demande insistante, révélé en privé sa difformité pour éviter tout semblant de tromperie. Livia Ocellina adopta son beau-fils et lui transmit une partie de sa vaste fortune. Parmi tous les empereurs, Galba fut celui qui disposa de la plus grande fortune privée. MèreGalba est le deuxième fils de Mummia Achaïa, première épouse de son père. EnfanceOn raconte qu'étant enfant, lorsqu'il vint saluer Auguste avec d'autres garçons de son âge, l'empereur lui pinça la joue et lui dit : "Toi aussi, mon fils, tu goûteras de notre pouvoir." MariageIl s'était marié, mais après avoir perdu sa femme Lepida et les deux filles qu'elle lui avait données, il resta célibataire, résistant à toutes les sollicitations, y compris celle d'Agrippine qui, devenue veuve de Domitius, cherchait à l'épouser alors même qu'il était encore marié. Elle déploya tant d'efforts pour le séduire que la mère de Lepida lui fit des reproches en public et alla jusqu'à la gifler. Il manifesta un respect constant pour Livie, l'épouse d'Auguste, dont la faveur, de son vivant, lui conféra beaucoup d'influence, et dont le testament aurait pu l'enrichir après sa mort. Elle lui avait légué cinquante millions de sesterces. Cependant, cette somme ayant été inscrite en chiffres et non en toutes lettres, Tibère la réduisit à cinq cent mille sesterces; et même cette somme, Galba ne la toucha jamais. Portrait"A la fin de sa vie, son physique est franchement repoussant : chauve, les yeux bleu sombre, le nez aquilin, il a la petite taille de son père. S'il n'a pas hérité de sa bosse, il est affligé, par contre, sur son côté droit, d'une excroissance de chair si volumineuse qu'il ne peut la contenir qu'au moyen d'un bandage. De plus, la goutte déforme à ce point ses pieds et ses mains qu'il ne peut ni enfler une paire de chaussures, ni même dérouler un simple billet." "Homme de principes en apparence, il est en réalité un capricieux. Et son entourage est franchement détestable." "Son goût pour l'austérité le pousse à l'avarice et sa sévérité dégénère trop souvent en cruauté. L'homme est habile certes, mais sa prudence le laisse patauger parfois dans l'indécision". Cet aristocrate n'est pas un ambitieux. Ses premières monnaies, par exemple, ne portent ni son effigie, ni le titre d'Auguste, mais uniquement la mention de "légat du Sénat et du peuple romain". "Sa passion le portait de préférence vers les mâles, mais il les voulait très vigoureux et mûrs; on rapportait qu'en Espagne, lorsque Icelus, l'un de ses anciens mignons, lui annonça la mort de Néron, non seulement il le serra étroitement dans ses bras devant tout le monde, mais le pria de se faire épiler sur-le-champ et l'emmena à l'écart." (Suétone) CursusIl accéda aux honneurs plus jeune que ne le prévoyait la loi. Par la suite, il administra l'Aquitaine pendant près d'un an. Il occupa ensuite la fonction de consul ordinaire pendant six mois en 33, succédant à Cn. Domitius, le père de Néron, et fut suivi par Salvius Othon, le père de l'empereur Othon. Nommé par Caligula légat de la Germanie supérieure, il rétablit l'ordre et la discipline au sein de l'armée du Rhin. Il repousse les Germains qui menacent les frontières de l'empire et commande les opérations militaires lors de la traversée du Rhin par Caligula en 40. Lorsqu'il apprit le meurtre de Caligula, certains de ses amis l'encouragèrent à revendiquer le titre impérial, mais il choisit de privilégier le repos. L'empereur Claude, manifestant une haute estime pour ce geste, le comptera parmi ses amis. Il honorera tant cette action qu'il reportera son expédition en Bretagne à cause d'un léger malaise qui l'avait affecté. En 41, peu de temps après son accession au trône, Galba, toujours légat du Rhin, défait les Chattes et récupère la dernière des aigles romaines qui était entre leurs mains depuis le désastre de Varus en 9. Il occupa pendant deux ans le poste de proconsul d'Afrique, désigné sans recourir au tirage au sort afin de restaurer l'ordre dans cette province agitée par des conflits internes et menacée par les incursions barbares. Il repoussa les nomades du Sud de l'Atlas et rétablit la paix dans la région. A partir de cette époque jusqu'à la moitié du règne de Néron, il vécut presque exclusivement en retrait, ne quittant jamais la ville en litière sans être accompagné d'un fourgon chargé d'un million de sesterces en or. Il manifesta son avarice à Fondi, où il résidait souvent. C'est à Fondi qu'on lui proposa le commandement de la province de Tarragone en Espagne, qu'il dirigea pendant huit ans avec une grande inconstance. Dies imperii : 11 juin 68Galba empereurGalba, ayant précédemment servi comme gouverneur de l'Aquitaine et de la Haute Germanie, puis comme proconsul d'Afrique, s'était distingué lors de la pacification de cette dernière, ce qui lui valut les ornements triomphaux et plusieurs fonctions sacerdotales. Il opta pour une vie retirée jusqu'à la moitié du règne de Néron. Vers l'an 60, Néron l'envoya gouverner la Tarraconaise pendant huit ans. Là, il fit preuve de vigilance et de sévérité. Cependant, par peur de susciter la jalousie de Néron, il mit en veilleuse son ardeur. Alors que Galba présidait une assemblée provinciale à Carthagène, il fut informé du soulèvement en Gaule. Julius Vindex, gouverneur de la Lyonnaise, s'était révolté contre Néron en 68 et cherchait un leader pour la rébellion. Découvrant que Néron avait secrètement ordonné son élimination, Galba décida rapidement de rejoindre Vindex. Ensemble, ils entamèrent leur révolte entre le 9 et le 12 mars. Le 2 avril 68, alors qu'il exposait à ses troupes les méfaits de Néron, Galba fut interrompu par des acclamations le proclamant empereur. Bien qu'âgé, Galba se proclama empereur le 3 avril à Carthago Nova, aujourd'hui Carthagène. Il bénéficia rapidement du soutien des gouverneurs de Lusitanie, de Bétique, d'Egypte, d'Afrique et de Mauritanie. Ensuite, il déclara une suspension de la justice et recruta des légions et des troupes auxiliaires dans la province afin de renforcer son armée, qui se composait initialement d'une légion, de deux escadrons et de trois cohortes. Il sélectionna les figures les plus éminentes de la région, distinguées par leur âge et leur sagesse, pour former un conseil semblable à un sénat. Ce corps avait pour rôle de délibérer sur les affaires importantes chaque fois que nécessaire. Souffrant de goutte et âgé de soixante-treize ans, il se lançait tardivement dans un voyage éprouvant. Cependant, à l'annonce de la mort de Vindex, il se sentit condamné et envisagea le suicide. Retenu par ses amis, il fut bientôt rassuré par son affranchi Icelus, qui, arrivant de Rome en sept jours, lui annonça la mort de Néron et la reconnaissance par le sénat de son élection par la légion d'Espagne. Universellement, on favorisait l'élévation de ce vieillard qui ne devait plus vivre longtemps et dont beaucoup espéraient hériter. RègneGalba renvoya sans récompense la cohorte germaine, unité d'élite chargée de la protection personnelle des empereurs et réputée pour sa loyauté absolue. Il s'entourait de trois hommes aux vices notoires : T. Vinius, son légat en Espagne, d'une cupidité insatiable; Cornelius Laco, préfet du prétoire, d'une arrogance insupportable; et l'affranchi Icelus, déjà pourvu de l'anneau d'or et du surnom de Marcianus, qui visait le plus haut rang équestre. Totalement dominé par ces trois personnages, le vieil empereur oscillait entre une sévérité et une avarice excessives, et une faiblesse indigne de son âge et de sa fonction. Sur de simples soupçons, il condamnait sans défense de nombreux citoyens éminents. Il refusa de livrer au peuple Tigellin et Halotus, les agents les plus haïs de Néron, confia même un poste important à Halotus et blâma publiquement la cruauté du peuple envers Tigellin. Ces décisions le rendirent odieux à presque tous, en particulier aux soldats.Les prétoriens, en grande partie écartés car suspects de fidélité à Nymphidius, étaient eux aussi indignés. Les légions de Germanie supérieure, frustrées de ne pas avoir reçu les récompenses espérées pour leur rôle contre Vindex, furent les premières à se révolter. Aux calendes de janvier, elles refusèrent de prêter serment à Galba et envoyèrent des émissaires aux prétoriens pour réclamer le choix d'un nouvel empereur accepté par toutes les armées. Galba se présentait modestement comme lieutenant du Sénat et du peuple. Sur ses monnaies, il évita le titre d'Auguste et se contenta de celui d'Imperator. Ce n'est qu'après avoir appris que les légions de Germanie avaient fini par lui jurer obéissance qu'il adopta le titre de César et commença à gouverner en empereur. A Rome, Nymphidius, préfet du prétoire et artisan de la chute de Néron, tenta de soulever la garde après avoir été écarté au profit de Laco. Il fut tué par les prétoriens. Galba fit alors exécuter sans jugement plusieurs de ses complices, dont un consul désigné et un ancien roi. A son arrivée près de Rome, les marins de la flotte, qui réclamaient le statut de légion accordé par Néron, furent repoussés par la cavalerie et décimés. La répression s'étendit rapidement : Galba fit exécuter des affranchis de Néron, la célèbre empoisonneuse Locuste, rappela les exilés et autorisa les poursuites contre les délateurs. Il dissout enfin sans compensation la fidèle garde germaine. Adoption de PisonDeux rivaux, Fonteius Capito en Basse-Germanie et Clodius Macer en Afrique, avaient été éliminés. Vespasien, en envoyant les serments de loyauté de lui-même et de Mucien, gouverneur de Syrie, par l'intermédiaire de son fils Titus qui était déjà arrivé à Corinthe, rendait inutiles les assassins que Galba avait envoyés dans la province. La Gaule et l'Espagne étaient fidèles; les légions d'Illyrie, rappelées en Italie par Néron, étaient retournées dans leurs camps. Seules les légions de Haute-Germanie, non récompensées pour leur campagne contre Vindex, exprimaient un mécontentement marqué. Les délégués des cités belges maltraitées par Galba arrivaient en masse en habits de deuil dans les camps, incitant les soldats à venger les offenses subies par une moitié de la Gaule et l'humiliation de leurs standards. Lorsqu'elles apprirent que les prétoriens à Rome avaient aussi des griefs, que le peuple regrettait Néron et que le Sénat était peu enclin à soutenir le nouveau prince, elles refusèrent de lui obéir. Cette défection accéléra la décision de Galba de désigner un héritier. Il hésitait entre Othon, qui s'était joint à lui dès le début, et Pison, qu'il avait désigné par testament comme héritier de ses biens et de son nom. Othon était critiqué pour sa jeunesse débauchée, mais ses récentes épreuves et son administration appréciée dans sa province jouaient en sa faveur. De plus, il venait de se ruiner pour Galba et avait besoin de l'empire pour échapper à ses créanciers, car il devait 5 millions de drachmes. Pison, de son côté, jouait la carte de l'austérité, ce qui avait séduit Galba, qui finit par le choisir le 12 janvier 69. En janvier 69, les armées de Germanie supérieure et inférieure renversèrent les portraits de Galba et proclamèrent Aulus Vitellius comme empereur. Elles prêtèrent serment uniquement au Sénat le 12 janvier 69. Six jours après l'ascension de Pison, Marcus Salvius Othon, rival malheureux de ce dernier, s'empara du pouvoir en ralliant à sa cause la garde prétorienne. Ancien gouverneur de Lusitanie sous Néron, il se considérait comme le véritable successeur naturel, plutôt que Pison. La mort de GalbaDes informations confuses atteignent Galba au palais impérial, le laissant incertain quant à la conduite à adopter : barricader les portes pour résister à un siège ou sortir courageusement pour affronter les insurgés. Il choisit finalement de se confronter à la situation et se rend en litière au Forum. Lorsque la cohorte qui ouvrait la marche les vit, le porte-enseigne déchira l'effigie de l'empereur et la jeta au sol, marquant ainsi le début de la défection. Quelques javelots jetés au hasard dispersèrent rapidement la foule. En un instant, le Forum se vida. Assaillis par des cavaliers, les porteurs de Galba abandonnèrent sa litière, et le vieillard tomba au sol. Selon certains, il implora en demandant ce qu'il avait fait de mal et réclama quelques jours pour verser le donativum. D'autres, plus nombreux, rapportent qu'il offrit sa tête aux assassins, les encourageant à frapper si cela servait le bien de la république. Un soldat lui trancha la gorge avec son épée; ensuite, les autres se précipitèrent sur son corps pour le mutiler. Certains historiens racontent que, dans un premier temps, il s'exclama : "Que faites-vous, camarades ? Je suis des vôtres comme vous êtes des miens", et qu'il leur promit une récompense. Plusieurs affirment qu'il offrit lui-même sa gorge, les encourageant à frapper s'ils jugeaient cela nécessaire. Ce qui est surprenant, c'est qu'aucun des témoins présents n'essaya de lui porter secours et que, parmi toutes les unités militaires convoquées, seule une unité de cavalerie d'une légion germanique répondit à son appel. Cette réaction était due à la gratitude pour un bienfait récent; Galba avait pris soin de ces cavaliers lorsqu'ils étaient malades et épuisés. Cependant, méconnaissant les routes, ils se perdirent et arrivèrent trop tard. Pison, initialement sauvé de l'assaut grâce à l'intervention d'un centurion qui attira les attaques sur lui, se réfugia dans le temple de Vesta. Il y fut rapidement découvert et assassiné sous le porche du temple; Vinius avait été tué juste avant lui. Les trois têtes furent alors exhibées sur des piques, défilant parmi les enseignes des cohortes et près de l'aigle de la légion, le 16 janvier 69. Plus tard, Vitellius découvrit les demandes de cent vingt personnes réclamant la récompense pour ces meurtres; il ordonna leur exécution. Pison fut César pendant quatre jours et Galba empereur pendant sept mois; Othon, quant à lui, régna quatre-vingt-huit jours. |
