Marcus Aemilius Lepidus : né en 120, mort en 77 av. J.C.

Titre : consul en -78 av. J.C.
Lepidus
Marcus Aemilius Lepidus
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La conduite de la démocratie échoit à Marcus Aemilius Lepidus, ancien syllanien, passé dans le camp populaire pour d'assez équivoque motifs. D'abord optimate ardent, enrichisseur assidu aux ventes des biens des proscrits, durant son proconsulat de Sicile, il avait commis d'ignobles rapines. Une accusation semblait imminente, il se jeta pour y échapper dans l'opposition. Il est un homme sans talent sérieux, une tête sans cervelle et ne mérite le premier rang ni à l'armée ni dans les conseils de la cité. Il se fait élire consul pour 78 av. J.C. : grâce à son or extorqué en Sicile, grâce surtout à l'appui étrange de Pompée. A l'heure où Sylla meurt, l'opposition a donc son chef en la personne de Lepidus.

Renverser la constitution de Sylla, rétablir l'annone, restaurer les tribuns du peuple dans leurs anciens privilèges, ramener les exilés, restituer les domaines confisqués, voilà ce que Lepidus annonce vouloir. Il noue des intelligences avec les bannis : Marcus Perpenna, préteur en Sicile au temps de Cinna réapparaît dans la capitale, ainsi que le jeune Lucius Cinna et Gaius Caesar qui s'est hâté d'arriver d'Asie. Tous ces événements se passent sous les yeux du pouvoir. Catulus, le consul veut étouffer la révolte dans son germe.

L'annone est rétablie mais que pour les citoyens les plus pauvres au nombre de 40000. Cette mesure, loin de donner satisfactions aux exigences de l'opposition ne fait qu'exciter son audace. En Etrurie, l'éternel foyer de l'insurrection des prolétaires italiens, la guerre civile fait explosion. A la nouvelle de ces désordres le sénat se résout d'envoyer les deux consuls sur les lieux. Naturellement Lepidus n'arme point pour la république mais pour la révolte.

L'année suivante (77 av. J.C.), l'ordre arrive au proconsul de revenir immédiatement à Rome. Lepidus refuse : il faut d'abord à l'entendre qu'on rétablisse l'ancien pouvoir tribunicien, qu'on restitue les citoyens violemment exilés dans leurs droits politiques et leurs biens. Lepidus enfin exige sa réélection au consulat pour la présente année. Ce n'est rien moins que la tyrannie sous la forme légale.

La guerre est désormais déclarée. Outre les vétérans de Sylla, le parti sénatorial peut compter sur les troupes du proconsul Catulus. On confie la mission de défendre la capitale à Philippus; Gnaeus Pompée est lui aussi mis à la tête d'une armée. Il a pour mission d'enlever à Marcus Brutus, général des opposants la vallée du Pô. Lepidus apparaît sous les murs de Rome, essayant de la conquérir à la révolution.

La bataille décisive se livre sur le champ de Mars. Catulus est vainqueur. Lepidus battu recule en Etrurie pendant que son fils, Scipion, avec une division des forces insurrectionnelles, va se réfugier à Alba. Cette défaite est la fin de la révolte. Pompée tue Brutus après lui avoir promis la vie sauve. Alba est prise et Scipion est exécuté. Lepidus s'embarque pour la Sardaigne mais le préteur de l'île lui fait énergiquement résistance et il meurt en 77 av. J.C. Avec lui, la guerre prend fin en Sardaigne : une partie de son armée dirigée par Perpenna va en Espagne rejoindre les Sertoriens.

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