Les Res gestae (Auguste)

Un an avant sa mort (il meurt le 19 août 14), Auguste avait confié aux Vestales, trois rouleaux scellés (quatre selon Dion Cassius). Outre son testament, il y avait:
- 1er rouleau : des indications sur la manière de régler ses funérailles;
- Second rouleau (Res Gestae): un résumé de ses actions, qu'il voulait qu'on grave sur deux tables de bronze fixées à des piliers à l'entrée de son mausolée; (Suétone, Auguste, 101)
- Troisième rouleau : un état de la situation de l'Empire, indiquant les effectifs de l'armée et le bilan financier du trésor public, du trésor impérial et des redevances;
- Le quatrième volume, très discuté, contenait peut-être des conseils au Sénat et donc à Tibère sur la politique intérieure et extérieure à suivre pour l'empire.

Res Gestae
Les Res gestae (Auguste)

Le second rouleau (Res Gestae) est celui trouvé en Galatie, en Asie Mineure, et qui sert aujourd'hui de base aux éditions du texte. Elle a été découverte en 1555 à Ancyre (Ankara) par Augier Ghislain de Busbecq. Des fragments d'autres copies ont été découverts depuis à Apollonie de Pisidie (1930) et surtout à Antioche (1914-1924).

En effet, les tables de bronze (Res Gestae) fixées à des piliers devant le Mausolée d'Auguste à Rome ont disparu depuis très longtemps, mais des copies en ont été faites et affichées sur les murs des nombreux temples d'Auguste à travers l'Empire. Une seule, celle du Monumentum Ancyranum, le "Temple de Rome et d'Auguste" à Ancyre (aujourd'hui Ankara), offre un texte à peu près complet; les autres ne sont que des fragments. Les deux tables d'Ancyre mesurent 2,70 m de haut sur 4 m de long. Elles comportent six pages de 46 ou 54 lignes de 60 caractères chacune environ.

Le texte se compose de 35 paragraphes qui peuvent être regroupés en quatre sections, et d'un appendice. Première partie (paragraphes 1 à 14) : elle décrit la carrière politique d'Auguste, son cursus honorum, les charges, offices et honneurs qu'il a occupés. Seconde partie (paragraphes 15 à 24) : elle cite les distributions d'argent, les jeux et les monuments offerts au peuple romain. Troisième partie (paragraphes 25 à 33) : elle décrit ses hauts faits militaires et son action diplomatique. Quatrième partie (paragraphes 34 et 35) : elle met en évidence les origines des noms Auguste et père de la patrie. Appendice: écrit à la troisième personne contrairement au reste du texte, il n'est probablement pas de la main d'Auguste. Cet appendice résume l'ensemble du texte, cite l'exceptionnelle position d'Auguste au sein du gouvernement, et liste les différents monuments qu'il a construits ou rénovés sur ses propres fonds.

Res Gestae Divi Augusti (Rapport d'activités)

RERUM GESTARUM DIVI AUGUSTI, QUIBUS ORBEM TERRARUM IMPERIO POPULI ROMANI SUBJECIT, ET INPENSARUM, QUAS IN REM PUBLICAM POPULUMQUE ROMANUM FECIT, INCISARUM IN DUABUS AHENEIS PILIS, QUAE SUNT ROMAE POSITAE EXEMPLAR SUBJECTUM.

Ci-dessous copie du rapport d'activités du divin Auguste, qui lui ont permis de soumettre le monde au pouvoir du peuple romain, ainsi que du décompte des sommes qu'il a consacrées à l'Etat et au peuple romain. L'original est gravé sur deux piliers de bronze, qui se trouvent à Rome.

Première partie

Octave

ANNOS UNDEVIGINTI NATUS EXERCITUM PRIVATO CONSILIO ET PRIVATA IMPENSA COMPARAVI, PER QUEM REM PUBLICAM A DOMINATIONE FACTIONIS OPPRESSAM IN LIBERTATEM VINDICAVI. EO NOMINE SENATUS DECRETIS HONORIFICIS IN ORDINEM SUUM ME ADLEGIT GAIUS PANSA ET AULUS HIRTIO CONSULIBUS, CONSULAREM LOCUM SENTENTIAE DICENDAE TRIBUENS ET IMPERIUM MIHI DEDIT. RES PUBLICA NE QUID DETRIMENTI CAPERET, ME PRO PRAETORE SIMUL CUM CONSULIBUS PROVIDERE JUSSIT. POPULUS AUTEM EODEM ANNO ME CONSULEM, CUM CONSUL UTERQUE IN BELLO CECIDISSET, ET TRIUMVIRUM REI PUBLICAE CONSTITUENDAE CREAVIT.

A l'âge de dix-neuf ans, j'ai levé une armée à titre privé et à mes frais, avec laquelle j'ai rendu la liberté à l'Etat opprimé par la tyrannie d'une faction. A ce titre le Sénat, par des décrets honorifiques, m'a coopté parmi ses membres (consulat de Gaius Pansa et Aulus Hirtius (43 av. J.C.)), me donnant le droit d'exprimer mon avis au rang des consulaires, et il m'a investi de l'imperium. Je reçus l'ordre, alors que j'avais les pouvoirs d'un préteur, de veiller de concert avec les consuls à ce qu'il n'arrive aucun dommage à l'Etat. Quant au peuple, il m'élut consul la même année, après la mort au combat des deux consuls à la fois, ainsi que triumvir chargé de réorganiser l'Etat.

QUI PARENTEM MEUM TRUCIDAVERUNT, EOS IN EXILIUM EXPULI JUDICIIS LEGITIMIS ULTUS EORUM FACINUS ET POSTEA BELLUM INFERENTIS REI PUBLICAE VICI BIS ACIE.

J'ai contraint à l'exil les assassins de mon père; j'ai tiré vengeance de leur crime en ayant recours aux tribunaux. Ensuite, alors qu'ils portaient les armes contre l'Etat, je les ai vaincus deux fois en bataille rangée.

Les guerres

BELLA TERRA ET MARI CIVILIA EXTERNAQUE TOTO IN ORBE TERRARUM SAEPE GESSI VICTORQUE OMNIBUS VENIAM PETENTIBUS CIVIBUS PEPERCI. EXTERNAS GENTES, QUIBUS TUTO IGNOSCI POTUIT, CONSERVARE QUAM EXCIDERE MALUI. MILLIA CIVIUM ROMANORUM SUB SACRAMENTO MEO FUERUNT CIRCITER QUINGENTA. EX QUIBUS DEDUXI COLONIAS AUT REMISI IN MUNICIPIA SUA STIPENDIS EMERITIS MILLIA ALIQUANTO PLURA QUAM TRECENTA, ET IIS OMNIBUS AGROS ADSIGNAVI AUT PECUNIAM PRO PRAEMIS MILITIAE DEDI. NAVES CEPI SESCENTAS PRAETER EAS, SI QUAE MINORES QUAM TRIREMES FUERUNT.

J'ai souvent mené des guerres, terrestres ou maritimes, civiles ou extérieures, dans le monde entier, et, victorieux, j'ai accordé le pardon à tous les citoyens qui le demandaient. Les peuples étrangers auxquels on pouvait pardonner sans danger, j'ai préféré les maintenir que les anéantir. Environ cinq cent mille citoyens romains m'ont prêté le serment de fidélité. Un peu plus de trois cent mille d'entre eux ont été envoyés fonder des colonies en mon nom ou ont été autorisés à regagner leur municipe, une fois leur service terminé. A tous ceux-là j'ai assigné des terres ou j'ai donné de l'argent en guise de prime de démobilisation. J'ai pris six cents bateaux, sans compter ceux qui étaient plus petits que des trirèmes.

BIS OVANS TRIUMPHAVI ET TRIS EGI CURULIS TRIUMPHOS ET APPELLATUS SUM VICIENS ET SEMEL IMPERATOR, DECERNENTE PLURIS TRIUMPHOS MIHI SENATU, QUIBUS OMNIBUS SUPERSEDI. LAURUM DE FASCIBUS DEPOSUI IN CAPITOLIO VOTIS, QUAE QUOQUE BELLO NUNCUPAVERAM, SOLUTIS. OB RES A ME AUT PER LEGATOS MEOS AUSPICIS MEIS TERRA MARIQUE PROSPERE GESTAS QUINQUAGIENS ET QUINQUIENS DECREVIT SENATUS SUPPLICANDUM ESSE DIS IMMORTALIBUS. DIES AUTEM, PER QUOS EX SENATUS CONSULTO SUPPLICATUM EST, FUERE DCCCLXXXX. IN TRIUMPHIS MEIS DUCTI SUNT ANTE CURRUM MEUM REGES AUT REGUM LIBERI NOVEM. CONSUL FUERAM TERDECIENS, CUM SCRIBEBAM HAEC, ET ERAM SEPTIMUM ET TRICENSIMUM TRIBUNICIAE POTESTATIS.

J'ai obtenu deux fois l'ovation et trois fois le triomphe; j'ai été salué vingt et une fois du titre d'imperator; le Sénat m'a accordé d'autres triomphes encore, que j'ai tous déclinés. J'ai déposé le laurier de mes faisceaux sur le Capitole, une fois accomplis les voeux prononcés lors de chacune des guerres. En raison des actions accomplies avec succès par moi ou par l'intermédiaire de mes lieutenants, sous mes auspices, sur terre et sur mer, le Sénat a décrété cinquante-cinq fois des supplications aux dieux immortels. En fait, il y eut 890 jours de supplications par décision du Sénat. Dans mes triomphes, neuf rois ou fils de rois furent conduits devant mon char. Au moment où j'écris ceci, j'ai été consul treize fois, et je suis dans ma trente-septième année de puissance tribunicienne.

Les charges

DICTATURAM ET ABSENTI ET PRAESENTI MIHI DELATAM ET A POPULO ET A SENATU MARCUS MARCELLO ET LUCIUS ARRUNTIO CONSULIBUS NON RECEPI. NON SUM DEPRECATUS IN SUMMA FRUMENTI PENURIA CURATIONEM ANNONAE QUAM ITA ADMINISTRAVI, UT INTRA DIES PAUCOS METU ET PERICLO PRAESENTI CIVITATEM UNIVERSAM LIBERARIM IMPENSA ET CURA MEA. CONSULATUM QUOQUE TUM ANNUUM ET PERPETUUM MIHI DELATUM NON RECEPI.

La dictature me fut offerte, et en mon absence et en ma présence, par le peuple et par le Sénat (consulat de Marcus Marcellus et Lucius Arruntius (22 av. J.C.)); je ne l'ai pas acceptée. Lors d'une grave pénurie de blé, je n'ai pas refusé la responsabilité de l'approvisionnement. Je m'en suis si bien acquitté qu'en peu de jours, j'ai délivré la cité dans son ensemble de la crainte et du danger qui la menaçaient; j'y ai contribué de mes deniers et je m'y suis personnellement investi. Le consulat annuel et à vie qui m'était offert, je ne l'ai pas non plus accepté.

CONSULIBUS MARCUS VINICIO ET QUINTUS LUCRETIO ET POSTEA PUBLIUS LENTULUS ET GNAEUS LENTULUS ET TERTIUM PAULLO FABIO MAXIMO ET QUINTUS TUBERONE SENATU POPULOQUE ROMANO CONSENTIENTIBUS UT CURATOR LEGUM ET MORUM SUMMA POTESTATE SOLUS CREARER, NULLUM MAGISTRATUM CONTRA MOREM MAJORUM DELATUM RECEPI. QUAE TUM PER ME GERI SENATUS VOLUIT, PER TRIBUNICIAM POTESTATEM PERFECI, CUJUS POTESTATIS CONLEGAM ET IPSE ULTRO QUINQUIENS A SENATU DEPOPOSCI ET ACCEPI.

Sous le consulat de Marcus Vinicius et de Quintus Lucretius (19 av. J.C.), puis de Publius et de Gnaeus Lentulus (18 av. J.C.) et pour la troisième fois sous celui de Paullus Fabius Maximus et de Quintus Tubero (11 av. J.C.), le Sénat et le peuple romain décidèrent d'un commun accord de me faire nommer seul responsable des lois et des moeurs avec des pouvoirs très étendus : je n'ai accepté aucune fonction qui me fût conférée contre l'usage de nos ancêtres. Dès lors, les problèmes que le Sénat m'a confiés ont été traités dans le cadre de mon pouvoir tribunicien, pouvoir pour lequel j'ai pris par cinq fois l'initiative de solliciter du Sénat qu'il me désigne un collègue, et j'ai obtenu satisfaction.

TRIUMVIRUM REI PUBLICAE CONSTITUENDAE FUI PER CONTINUOS ANNOS DECEM. PRINCEPS SENATUS FUI USQUE AD EUM DIEM, QUO SCRIPSERAM HAEC, PER ANNOS QUADRAGINTA. PONTIFEX MAXIMUS, AUGUR, QUINDECIMVIRUM SACRIS FACIUNDIS, SEPTEMVIRUM EPULONUM, FRATER ARVALIS, SODALIS TITIUS, FETIALIS FUI.

J'ai été dix ans de suite membre du triumvirat chargé de réorganiser l'Etat. Je suis Premier sénateur (Princeps) depuis quarante ans jusqu'au jour où j'écris ceci. J'ai été également grand pontife, augure, membre du collège des Quinze chargés des cérémonies du culte, un des sept épulons, frère arvale, membre de la confrérie de Titius et fétial.

PATRICIORUM NUMERUM AUXI CONSUL QUINTUM JUSSU POPULI ET SENATUS. SENATUM TER LEGI. ET IN CONSULATU SEXTO CENSUM POPULI CONLEGA MARCUS AGRIPPA EGI. LUSTRUM POST ANNUM ALTERUM ET QUADRAGENSINUM FECI. QUO LUSTRO CIVIUM ROMANORUM CENSA SUNT CAPITA QUADRAGIENS CENTRUM MILLIA ET SEXAGINTA TRIA MILLIA. TUM ITERUM CONSULARI CUM IMPERIO LUSTRUM SOLUS FECI C. CENSORINO ET C. ASINIO CONSULIBUS, QUO LUSTRO CENSA SUNT CIVIUM ROMANORUM CAPITA QUADRAGIENS CENTUM MILLIA ET DUCENTA TRIGINTA TRIA MILLIA. ET TERTIUM CONSULARI CUM IMPERIO LUSTRUM CONLEGA TIB. CAESARE FILIO MEO FECI SEXTUS POMPEIO ET SEXTUS APPULEIO CONSULIBUS, QUO LUSTRO CENSA SUNT CIVIUM ROMANORUM CAPITUM QUADRAGIENS CENTUM MILLIA ET NONGENTA TRIGINTA ET SEPTEM MILLIA. LEGIBUS NOVIS ME AUCTORE LATIS MULTA EXEMPLA MAJORUM EXOLESCENTIA JAM EX NOSTRO SAECULO REDUXI ET IPSE MULTARUM RERUM EXEMPLA IMITANDA POSTERIS TRADIDI.

Lors de mon cinquième consulat (29 av. J.C.), j'ai augmenté le nombre des patriciens à la demande du peuple et du Sénat. J'ai établi par trois fois la liste des sénateurs. Lors de mon sixième consulat (28 av. J.C.), j'ai effectué un recensement du peuple avec l'aide de mon collègue Marcus Agrippa. Pour la première fois depuis quarante-deux ans, j'ai organisé la cérémonie du lustre. On y recensa 4063000 citoyens romains. Une deuxième fois (consulat de C. Censorinus et de C. Asinius (8 av. J.C.)), j'ai célébré le lustre en vertu de mon imperium consulaire, seul cette fois; à l'occasion de ce lustre, on dénombra 4233000 citoyens romains. J'ai procédé à un troisième recensement en vertu de mon pouvoir consulaire (consulat de Sextus Pompée et de Sextus Appuleius (14 ap. J.C.)), avec pour collègue mon fils Tibère César. On y recensa 4937000 citoyens romains. Par des lois nouvelles votées sur ma proposition, j'ai rétabli nombre d'usages de nos ancêtres qui tombaient en désuétude, et j'ai moi-même transmis à la postérité des exemples à imiter dans beaucoup de domaines.

Les honneurs

VOTA PRO VALETUDINE MEA SUSCIPI PER CONSULES ET SACERDOTES QUINTO QUOQUE ANNO DECREVIT SENATUS. EX IIS VOTIS SAEPE FECERUNT VIVO ME LUDOS ALIQUOTIENS SACERDOTUM QUATTUOR AMPLISSIMA CONLEGIA, ALIQUOTIENS CONSULES. PRIVATIM ETIAM ET MUNICIPATIM UNIVERSI CIVES UNANIMITER CONTINENTER APUD OMNIA PULVINARIA PRO VALETUDINE MEA SUPPLICAVERUNT.

Le Sénat décréta que tous les quatre ans les consuls et les prêtres organiseraient des cérémonies de voeux pour ma santé. En accomplissement de ces voeux, tantôt les quatre principaux collèges de prêtres, tantôt les consuls ont, de mon vivant, donné des jeux à maintes reprises. Même les particuliers et les municipes ont organisé en l'honneur de ma santé des supplications devant toutes les images divines, supplications auxquelles ont participé de manière ininterrompue tous les citoyens dans leur ensemble et sans exception.

NOMEN MEUM SENATUS CONSULTO INCLUSUM EST IN SALIARE CARMEN ET SACROSANCTUS IN PERPETUM UT ESSEM ET, QUOAD VIVEREM, TRIBUNICIA POTESTAS MIHI ESSET, PER LEGEM SANCTUM EST. PONTIFEX MAXIMUS NE FIEREM IN VIVI CONLEGAE MEI LOCUM, POPULO ID SACERDOTIUM DEFERENTE MIHI, QUOD PATER MEUS HABUERAT, RECUSAVI. QUOD SACERDOTIUM ALIQUOD POST ANNOS EO MORTUO QUI CIVILIS TUMULTUS OCCASIONE OCCUPAVERAT, CUNCTA EX ITALIA AD COMITIA MEA CONFLUENTE MULTITUDINE, QUANTA ROMAE NUNQUAM NARRATUR AD ID TEMPUS FUISSE, RECEPI PUBLIUS SULPICIO GAIUS VALGIO CONSULIBUS.

Mon nom fut ajouté au chant des Saliens par sénatus-consulte et mon inviolabilité à vie ainsi que la puissance tribunicienne pour la durée de celle-ci furent sanctionnées par une loi. Pour ne pas être grand pontife à la place de mon collègue encore en vie, et alors même que le peuple me conférait là une prêtrise que mon père avait occupée, je lui ai opposé un refus. Cette prêtrise, ce n'est qu'après des années, à la mort de celui qui avait profité de la guerre civile pour s'en emparer, que j'ai accepté de la reprendre. De toute l'Italie afflua alors pour les comices que je rassemblai une foule comme, dit-on, Rome n'en avait jamais connu de pareille (consulat de Publius Sulpicius et de Gaius Valgius (12 av. J.C.)).

ARAM FORTUNAE REDUCIS ANTE AEDES HONRIS ET VIRTUTIS AD PORTAM CAPENAM PRO REDITU MEO SENATUS CONSACRAVIT, IN QUA PONTIFICES ET VIRGINES VESTALES ANNIVERSARIUM SACRIFICIUM FACERE JUSSIT EO DIE, QUO CONSULIBUS QUINTUS LUCRETIO ET MARCUS VINICIO IN URBEM EX SYRIA REDIERAM, ET DIEM AUGUSTALIA EX COGNOMINE NOSTRO APPELAVIT.

Pour mon retour, le Sénat consacra l'autel de Fortuna Redux, devant les temples d'Honneur et de Vertu, près de la porte Capène, sur lequel il ordonna que les pontifes et les Vestales fassent un sacrifice annuel le jour où j'étais rentré de Syrie à Rome (consulat de Quintus Lucretius et de Marcus Vinicius (19 av. J.C.)), et appela cette journée Augustalia, d'après mon cognomen.

EX SENATUS AUCTORITATE PARS PRAETORUM ET TRIBUNORUM PLEBI CUM CONSULE QUINTUS LUCRETIO ET PRINCIPIBUS VIRIS OBVIAM MIHI MISSA EST IN CAMPANIAM, QUI HONOS AD HOC TEMPUS NEMINI PRAETER ME EST DECRETUS. CUM EX HISPANIA GALLIAQUE, REBUS IN IIS PROVINCIS PROSPERE GESTIS, ROMAM REDI TI. NERONE ET PUBLIUS QUINTILIO CONSULIBUS, ARAM PACIS AUGUSTAE SENATUS PRO REDITU MEO CONSACRANDAM CENSUIT AD CAMPUM MARTIUM, IN QUA MAGISTRATUS ET SACERDOTES VIRGINESQUE VESTALES ANNIVERSARIUM SACRIFICIUM FACERE JUSSIT.

Par un sénatus-consulte, à cette occasion, une partie des préteurs et des tribuns de la plèbe, accompagnés du consul Quintus Lucretius et des premiers personnages de l'Etat, fut envoyée à ma rencontre en Campanie; cet honneur n'a jusqu'à présent été accordé à personne d'autre que moi. Lorsque je suis rentré d'Espagne et de Gaule à Rome, après avoir accompli avec succès mes tâches dans ces provinces (consulat de Tibère Néron et de Publius Quintilius (13 av. J.C.)), le Sénat décida de consacrer pour mon retour l'autel de la Paix d'Auguste sur le Champ de Mars, sur lequel il ordonna que les magistrats, les prêtres et les Vestales fassent un sacrifice annuel.

JANUN QUIRINUM, QUEM CLAUSSUM ESSE MAIORES NOSTRI VOLUERUNT, CUM PER TOTUM IMPERIUM POPULI ROMANI TERRA MARIQUE ESSET PARTA VICTORIIS PAX, CUM, PRIUSQUAM NASCERER A CONDITA URBE BIS OMNINO CLAUSUM FUISSE PRODATUR MEMORIAE, TER ME PRINCIPE SENATUS CLAUDENDUM ESSE CENSUIT.

Le temple de Janus Quirinus, dont nos ancêtres ont voulu qu'il soit fermé lorsque la paix était assurée par des victoires à travers tout l'empire du peuple romain, sur terre et sur mer, n'avait été avant ma naissance, d'après la tradition, fermé que deux fois en tout depuis la fondation de la Ville; le Sénat décida qu'il serait fermé trois fois sous mon principat.

FILIOS MEOS, QUOS JUVENES MIHI ERIPUIT FORTUNA, GAIUM ET LUCIUM CAESARES HONORIS MEI CAUSA SENATUS POPULUSQUE ROMANUS ANNUN QUINTUM ET DECIMUM AGENTIS CONSULES DESIGNAVIT, UT EUM MAGISTRATUM INIRENT POST QUINQUENNIUM. ET EX EO DIE, QUO DEDUCTI SUNT IN FORUM, UT INTERESSENT CONSILIIS PUBLICIS DECREVIT SENATUS. EQUITES AUTEM ROMANI UNIVERSI PRINCIPEM JUVENTUTIS UTRUMQUE EORUM PARMIS ET HASTIS, ARGENTEIS DONATUM APPELLAVERUNT.

Mes fils, que la fortune m'a arrachés quand ils étaient jeunes, Gaius et Lucius César, le Sénat et le peuple romain les ont nommés consuls désignés à quatorze ans, par considération pour moi, pour qu'ils exercent cette magistrature cinq ans plus tard. Et, depuis le jour où ils furent conduits au forum, le Sénat décida qu'ils prendraient part aux assemblées publiques. Tous les chevaliers les appelèrent tous deux princes de la jeunesse et leur firent don de boucliers et de lances en argent.

Seconde partie

Les distributions d'argent

PLEBEI ROMANAE VIRITIM TRECENOS NUMERAVI EX TESTAMENTO PATRIS MEI ET NOMINE MEO QUADRINGENOS EX BELLORUM MANIBIIS CONSUL QUINTUM DEDI, ITERUM AUTEM IN CONSULATU DECIMO EX PATRIMONIO MEO QUADRINGENOS CONGIARI VIRITIM PERNUMERAVI, ET CONSUL UNDECIMUM DUODECIM FRUMENTATIONES FRUMENTO PRIVATIM COEMPTO EMENSUS SUM, ET TRIBUNICIA POTESTATE DUODECIMUM QUADRINGENOS NUMMOS TERTIUM VIRITIM DEDI. QUAE MEA CONGIARIA PERVENERUNT AD HOMINUM MILLIA NUNQUAM MINUS QUINQUAGINTA ET DUCENTA. TRIBUNICIAE POTESTATIS DUODEVICENSIMUM, CONSUL XII TRECENTIS ET VIGINTI MILLIBUS PLEBIS URBANAE SEXAGENOS DENARIOS VIRITIM DEDI. ET COLONIS MILITUM MEORUM CONSUL QUINTUM EX MANIBIIS VIRITIM MILLIA NUMMUM SINGULA DEDI; ACCEPERUNT ID TRIUMPHALE CONGIARUM IN COLONIS HOMINUM CIRCITER CENTUM ET VIGINTI MILLIA. CONSUL TERTIUM DECIMUM SEXAGENOS DENARIOS PLEBEI, QUAE TUM FRUMENTUM PUBLICUM ACCIPIEBAT, DEDI; EA MILLIA HOMINUM PAULLO PLURA QUAM DUCENTA FUERUNT.

J'ai payé à la plèbe romaine trois cents sesterces par personne en exécution du testament de mon père; en mon nom, j'ai donné quatre cents sesterces pris du butin de guerre quand j'étais consul pour la cinquième fois (29 av. J.C.); de nouveau, pendant mon dixième consulat (24 av. J.C.), j'ai distribué à chaque homme quatre cents sesterces prélevés de mon patrimoine et, consul pour la onzième fois (23 av. J.C.), j'ai fait douze distributions de blé, ayant acheté du grain à titre privé. Pour ma douzième puissance tribunicienne (12 av. J.C.), j'ai donné pour la troisième fois une somme de quatre cents sesterces à chacun. Mes distributions d'argent ne touchèrent jamais moins de deux cent cinquante mille hommes. Exerçant la puissance tribunicienne pour la dix-huitième fois, consul pour la douzième fois (5 av. J.C.), j'ai donné aux trois cent vingt mille hommes de la plèbe de Rome soixante deniers par personne. Et, consul pour la cinquième fois (29 av. J.C.), j'ai donné à chacun de ceux de mes soldats qui étaient colons mille sesterces pris sur le butin de guerre; environ cent vingt mille hommes parmi les colons reçurent cette distribution triomphale. Consul pour la treizième fois (2 av. J.C.), j'ai donné soixante deniers à la plèbe qui recevait alors du blé de l'Etat. Ils étaient un peu plus de deux cent mille hommes.

PECUNIAM PRO AGRIS, QUOS IN CONSULATU MEO QUARTO ET POSTEA CONSULIBUS MARCUS CRASSO ET CNAEUS LENTULO AUGURE ADSIGNAVI MILITIBUS, SOLVI MUNICIPIS. EA SUMMA SESTERTIUM CIRCITER SEXSIENS MILLIENS FUIT, QUAM PRO ITALICIS PRAEDIS NUMERAVI, ET CIRCITER BIS MILLIENS ET SESCENTIENS, QUOD PRO AGRIS PROVINCIALIBUS SOLVI. ID PRIMUS ET SOLUS OMNIUM, QUI DEDUXERUNT COLONIAS MILITUM IN ITALIA AUT IN PROVINCIS, AD MEMORIAM AETATIS MEAE FECI. ET POSTEA TI. NERONE ET CNAEUS PISONE CONSULIBUS, ITEMQUE C. ANTISTIO ET D. LAELIO COS. ET C. CALVISIO ET L. PASIENO CONSULIBUS ET L. LENTULO ET M. MESSALLA CONSULIBUS ET L. CANINIO ET Q. FABRICIO CONSULIBUS MILITIBUS, QUOS EMERITEIS STIPENDIS IN SUA MUNICIPIA DEDUXI, PRAEMIA NUMERATO PERSOLVI, QUAM IN REM SESTERTIUM QUATER MILLIENS CIRCITER IMPENDI.

J'ai donné de l'argent aux habitants des municipes pour les terres que, pendant mon quatrième consulat (30 av. J.C.) et ensuite sous le consulat de Marcus Crassus et de Gnaeus Lentulus Augur (14 av. J.C.), j'avais assignées aux soldats. Cette somme s'élevait à environ six cents millions de sesterces que j'ai payés sur le butin italien et environ deux cent soixante millions de sesterces que j'ai payés sur les territoires provinciaux. Cela, de mémoire d'homme, je suis le premier et le seul de ceux qui fondèrent des colonies militaires en Italie ou dans les provinces à l'avoir fait. Et plus tard, sous le consulat de Tibère Néron et Gnaeus Piso (7 av. J.C.), de même que sous ceux de Gaius Antistius et Decius Laelius (6 av. J.C.), de Gaius Caluisius et Lucius Pasienus (4 av. J.C.), de Lucius Lentulus et Marcus Messalla (3 av. J.C.) et de Lucius Caninius et Quintus Fabricius (2 av. J.C.), aux soldats que, leur service terminé, j'ai renvoyé dans leur ville, j'ai payé leur récompense argent comptant: j'ai donc dépensé dans ce but environ quatre cents millions de sesterces.

QUATER PECUNIA MEA JUVI AERARIUM ITA, UT SESTERTIUM ET QUINGENTIENS AD EOS, QUI PRAERANT AERARIO, DETULERIM. ET MARCUS LEPIDO ET LUCIUS ARRUNTIO CONSULIBUS IN AERARIUM MILITARE, QUOD EX CONSILIO MEO CONSTITUTUM EST, EX QUO PRAEMIA DARENTUR MILITIBUS, QUI VICENA AUT PLURA STIPENDIA EMERUISSENT, MILLIENS ET SEPTINGENTIENS EX PATRIMONIO MEO DETULI.

Quatre fois, j'ai aidé le trésor de l'Etat avec mon argent, si bien que j'ai versé cent cinquante millions de sesterces aux responsables du trésor. Et sous le consulat de Marcus Lepidus et Lucius Arruntius (6 ap. J.C.), j'ai déposé cent soixante-dix millions de sesterces dans le trésor militaire constitué sur mon ordre et qui sert à verser des primes aux soldats qui auraient servi vingt ans ou plus.

AB ILLO ANNO, QUO GNAEUS ET PUBLIUS LENTULI CONSULES FUERUNT, CUM DEFICERENT PUBLICAE OPES TUM CENTUM MILLIBUS HOMINUM TUM PLURIBUS MULTO FRUMENTARIOS ET NUMMARIOS TRIBUTUS EX HORREO ET PATRIMONIO MEO EDITI.

A partir de l'année où Gnaeus et Publius Lentulus furent consuls (18 av. J.C.), comme les impôts ne rentraient plus, j'ai versé tantôt à cent mille hommes, tantôt à beaucoup plus, des allocations en nature et en liquide sur mon grenier et mon patrimoine.

Les grands travaux

CURIAM ET CONTINENS EI CHALCIDICUM TEMPLUMQUE APOLLINIS IN PALATIO CUM PORTICIBUS, AEDEM DIVI JULI, LUPERCAL, PORTICUM AD CIRCUM FLAMINIUM, QUAM SUM APPELLARI PASSUS EX NOMINE EIUS, QUI PRIOREM EODEM IN SOLO FECERAT OCTAVIAM, PULVINAR AD CIRCUM MAXIMUM, AEDES IN CAPITOLIO JOVIS FERETRI ET JOVIS TONANTIS, AEDEM QUIRINI, AEDES MINERVAE ET JUNONIS REGINAE ET JOVIS LIBERTATIS IN AVENTINO, AEDEM LARUM IN SUMMA SACRA VIA, AEDEM DEUM PENATIUM IN VELIA, AEDEM JUVENTATIS, AEDEM MATRIS MAGNAE IN PALATIO FECI.

J'ai bâti la Curie et le Chalcidicum y attenant, le sanctuaire d'Apollon sur le Palatin avec ses portiques, le temple du divin Jules, le Lupercal, un portique près du cirque Flaminius, dont j'ai permis qu'il soit appelé du nom de celui qui le premier l'avait construit en ce même lieu, Octavie, la loge au Cirque Maxime, les temples sur le Capitole de Jupiter Feretrius et de Jupiter Tonnant, le temple de Quirinus, les temples de Minerve, de Junon Regina et de Jupiter Libertas sur l'Aventin, le temple des Lares au sommet de la Via Sacra, le temple des dieux Pénates dans la Velia, le temple de la Jeunesse et le temple de la Grande Mère sur le Palatin.

CAPITOLIUM ET POMPEIUM THEATRUM UTRUMQUE OPUS IMPENSA GRANDI REFECTI SINE ULLA INSCRIPTIONE NOMINIS MEI. RIVOS AQUARUM COMPLURIBUS LOCIS VETUSTATE LABENTES REFECI, ET AQUAM, QUAE MARCIA APPELLATUR, DUPLICAVI FONTE NOVO IN RIVUM EIUS INMISSO. FORUM JULIUM ET BASILICAM, QUAE FUIT INTER AEDEM CASTORIS ET AEDEM SATURNI, COEPTA PROFLIGATAQUE OPERA A PATRE MEO, PERFECI ET EANDEM BASILICAM CONSUMPTAM INCENDIO AMPLIATO EIUS SOLO SUB TITULO NOMINIS FILIORUM MEORUM INCOHAVI ET, SI VIVUS NON PERFECISSEM, PERFICI AB HEREDIBUS MEIS JUSSI. DUO ET OCTOGINTA TEMPLA DEUM IN URBE CONSUL SEXTUM EX AUCTORITATE SENATUS REFECI, NULLO PRAETERMISSO QUOD EO TEMPORE REFICI DEBEBAT. CONSUL SEPTIMUM VIAM FLAMINIAM AB URBE ARIMINUM REFECI PONTESQUE OMNES PRAETER MULVIUM ET MINUCIUM.

J'ai restauré le Capitole et le Théâtre de Pompée, tous deux à grands frais, sans aucune mention inscrite de mon nom. J'ai réparé les canaux qui, sous l'effet de la vétusté, tombaient en ruine en plusieurs endroits et j'ai doublé l'aqueduc que l'on appelle Marcia en amenant dans son conduit une nouvelle source. J'ai achevé le Forum Julien et la basilique qui se trouve entre les temples de Castor et de Saturne, ouvrages commencés et presque achevés par mon père, et cette même basilique, détruite par un incendie, j'ai commencé sa reconstruction sur un espace agrandi avec une inscription aux noms de mes fils et, si je ne la terminais pas de mon vivant, j'ai ordonné qu'elle soit terminée par mes héritiers. Consul pour la sixième fois (28 av. J.C.), j'ai restauré dans la ville quatre-vingt-deux temples de dieux sous l'autorité du Sénat, sans négliger aucun des travaux nécessaires à ce moment. Consul pour la septième fois (27 av. J.C.), j'ai réparé la Via Flaminia de Rome à Ariminum et tous les ponts sauf le Mulvius et le Minucius.

IN PRIVATO SOLO MARTIS ULTORIS TEMPLUM FORUMQUE AUGUSTUM EX MANIBILIS FECI. THEATRUM AD AEDEM APOLLINIS IN SOLO MAGNA EX PARTE A PRIVATIS EMPTO FECI, QUOD SUB NOMINE MARCUS MARCELLI GENERI MEI ESSET. DONA EX MANIBIIS IN CAPITOLIO ET IN AEDE DIVI JULI ET IN AEDE APOLLINIS ET IN AEDE VESTAE ET IN TEMPLO MARTIS ULTORIS CONSACRAVI, QUAE MIHI CONSTITERUNT ILS CIRCITER MILLIENS. AURI CORONARI PONDO TRIGINTA ET QUINQUE MILLIA MUNICIPIIS ET COLONIS ITALIAE CONFERENTIBUS AD TRIUMPHOS MEOS QUINTUM CONSUL REMISI ET POSTEA, QUOTIENSCUMQUE IMPERATOR APPELLATUS SUM, AURUM CORONARIUM NON ACCEPI DECERNENTIBUS MUNICIPIIS ET COLONIS AEQUE BENIGNE ADQUE ANTEA DECREVERANT.

J'ai construit sur un terrain privé le temple de Mars Vengeur et le Forum Auguste, grâce au butin de guerre. J'ai construit près du temple d'Apollon, sur un terrain acheté en grande partie à des propriétaires privés, un théâtre pour qu'il soit sous le nom de mon gendre Marcus Marcellus. J'ai consacré sur le Capitole, dans le temple du divin Jules, dans le temple d'Apollon, dans le temple de Vesta et dans le temple de Mars Vengeur, grâce au butin de guerre, des offrandes qui m'ont coûté environ cent millions de sesterces. Lors de mon cinquième consulat (29 av. J.C.), j'ai remis aux villes et colonies d'Italie trente-cinq mille livres d'or coronaire représentant leur contribution à mes triomphes; et par la suite, toutes les fois que j'ai été salué du titre d'imperator, j'ai refusé l'or coronaire que les villes et colonies me décernaient aussi généreusement qu'elles l'avaient fait auparavant.

Les jeux

TER MUNUS GLADIATORIUM DEDI MEO NOMINE ET QUINQUIENS FILIORUM MEORUM AUT NEPOTUM NOMINE, QUIBUS MUNERIBUS DEPUGNAVERUNT HOMINUM CIRCITER DECEM MILLIA. BIS ATHLETARUM UNDIQUE ACCITORUM SPECTACULUM POPULO PRAEBUI MEO NOMINE ET TERTIUM NEPOTIS MEI NOMINE. LUDOS FECI MEO NOMINE QUATER, ALIORUM AUTEM MAGISTRATUUM VICEM TER ET VICIENS. PRO CONLEGIO XV VIRORUM MAGISTER CONLEGII COLLEGA MARCUS AGRIPPA LUDOS SAECLARES GAIUS FURNIO GAIUS SILANO CONSULIBUS FECI. CONSUL XIII LUDOS MARTIALES PRIMUS FECI, QUOS POST ID TEMPUS DEINCEPS INSEQUENTIBUS ANNIS EX SENATUS CONSULTO ET LEGE FECERUNT CONSULES. VENATIONES BESTIARUM AFRICANARUM MEO NOMINE AUT FILIORUM MEORUM ET NEPOTUM IN CIRCO AUT IN FORO AUT IN AMPHITHEATRIS POPULO DEDI SEXIEMS ET VICIENS, QUIBUS CONFECTA SUNT BESTIARUM CIRCITER TRIA MILLIA ET QUINGENTAE.

J'ai donné des spectacles de gladiateurs, trois fois en mon nom et cinq fois au nom de mes fils ou petits-fils, spectacles dans lesquels combattirent environ dix mille hommes. J'ai offert au peuple des spectacles d'athlètes venus de partout, deux fois sous mon nom et une troisième fois sous le nom de mon petit-fils. J'ai célébré quatre fois des jeux en mon nom et vingt-trois fois à la place d'autres magistrats. Pour le collège des Quinze, en tant que maître du collège, j'ai célébré des jeux séculaires avec pour collègue Marcus Agrippa, sous le consulat de Gaius Furnius et Gaius Silanus (17 av. J.C.). Sous mon treizième consulat (2 av. J.C.), j'ai célébré les premiers jeux de Mars, qu'après cette fois, par un décret du Sénat et une loi, les consuls célébrèrent chaque année. J'ai donné au peuple, vingt-six fois, en mon nom ou celui de mes fils et petits-fils, dans le cirque, le forum ou les amphithéâtres, des chasses d'animaux africains dans lesquelles furent tuées à peu près trois mille cinq cents bêtes.

NAVALIS PROELI SPECTACLUM POPULO DEDI TRANS TIBERIM, IN QUO LOCO NUNC MENUS EST CAESARUM, CAVATO SOLO IN LONGITUDINEM MILLE ET OCTINGENTOS PEDES, IN LATITUDINEM MILLE ET DUCENTI. IN QUO TRIGINTA ROSTRATAE NAVES TRIREMES AUT BIREMES, PLURES AUTEM MINORES INTER SE CONFLIXERUNT. QUIBUS IN CLASSIBUS PUGNAVERUNT PRAETER REMIGES MILLIA HOMINUM TRIA CIRCITER.

J'ai offert au peuple un spectacle de combat naval, de l'autre côté du Tibre, à l'endroit où se trouve maintenant le bois sacré des Césars, après avoir fait creuser le sol sur une longueur de 1800 pieds et sur une largeur de 1200. Là-bas, 30 trirèmes ou birèmes, munies d'un éperon, et davantage encore de bateaux plus petits se sont livrés bataille. Dans ces flottes ont combattu, outre les rameurs, environ 3000 hommes.

IN TEMPLIS OMNIUM CIVITATIUM PROVINCIAE ASIAE VICTOR ORNAMENTA REPOSUI, QUAE SPOLIATIS TEMPLIS IS, CUM QUO BELLUM GESSERAM, PRIVATIM POSSEDERAT. STATUAE MEAE PEDESTRES ET EQUESTRES ET IN QUADRIGEIS ARGENTEAE STETERUNT IN URBE XXC CIRCITER, QUAS IPSE SUSTULI EXQUE EA PECUNIA DONA AUREA IN AEDE APOLLINIS MEO NOMINE ET ILLORUM, QUI MIHI STATUARUM HONOREM HABUERUNT, POSUI.

Dans les temples de toutes les cités de la province d'Asie, j'ai remis en place, une fois vainqueur, les objets précieux que celui à qui j'avais fait la guerre avait détenus à titre privé après avoir dépouillé ces temples. Il y avait à Rome à peu près 80 statues en argent qui me représentaient en pied, à cheval ou sur un quadrige; je les ai personnellement fait enlever, et avec la somme correspondante, j'ai déposé des cadeaux en or dans le temple d'Apollon, en mon nom et au nom de ceux qui m'avaient honoré d'une statue.

Troisième partie

Les faits militaires

MARE PACAVI A PRAEDONIBUS. EO BELLO SERVORUM, QUI FUGERANT A DOMINIS SUIS ET ARMA CONTRA REM PUBLICAM CEPERANT, TRIGINTA FERE MILLIA CAPTA DOMINIS AD SUPPLICIUM SUMENDUM TRADITI. JURAVIT IN MEA VERBA TOTA ITALIA SPONTE SUA ET ME BELLI, QUO VICI AD ACTIUM, DUCEM DEPOPOSCIT. IURAVERUNT IN EADEM VERBA PROVINCIAE GALLIAE, HISPANIAE, AFRICA, SICILIA, SARDINIA. QUI SUB SIGNIS MEIS TUM MILITAVERINT, FUERUNT SENATORES PLURES QUAM DCC, IN IIS QUI VEL ANTEA VEL POSTEA CONSULES FACTI SUNT AD EUM DIEM, QUO SCRIPTA SUNT HAEC, LXXXIII, SACERDOTES CIRCITER CLXX.

J'ai délivré la mer des pirates. Dans cette guerre, j'ai capturé et livré à leurs maîtres pour qu'ils les supplicient presque 30000 esclaves qui les avaient fuis et qui avaient pris les armes contre l'Etat. Toute l'Italie m'a prêté serment spontanément et m'a demandé comme chef de la guerre dans laquelle j'ai vaincu à Actium. Les provinces des Gaules, des Espagnes, d'Afrique, de Sicile et de Sardaigne m'ont prêté le même serment. Parmi ceux qui ont alors combattu sous mes enseignes, il y avait plus de 700 sénateurs. De ceux-là, au jour de cette rédaction, 83 ont été nommés consuls, avant ou après cette guerre, et 170 environ nommés prêtres.

OMNIUM PROVINCIARUM POPULI ROMANI, QUIBUS FINITIMAE FUERUNT GENTES, QUAE NON PARERENT IMPERIO NOSTRO, FINES AUXI. GALLIAS ET HISPANIAS PROVINCIAS, ITEM GERMANIAM QUA INCLUDIT OCEANUS A GADIBUS AD OSTIUM ALBIS FLUMINIS PACAVI. ALPES A REGIONE EA, QUAE PROXIMA EST HADRIANO MARI, AD TUSCUM PACARI FECI NULLI GENTI BELLO PER INJURIAM INLATO. CLASSIS MEA PER OCEANUM AB OSTIO RHENI AD SOLIS ORIENTIS REGIONEM USQUE AD FINES CIMBRORUM NAVIGAVIT, QUO NEQUE TERRA NEQUE MARI QUISQUAM ROMANUS ANTE ID TEMPUS ADIT; CIMBRIQUE ET CHARYDES ET SEMNONES ET EIUSDEM TRACTUS ALII GERMANORUM POPULI PER LEGATOS AMICITIAM MEAM ET POPULI ROMANI PETIERUNT. MEO JUSSU ET AUSPICIO DUCTI SUNT DUO EXERCITUS EODEM FERE TEMPORE IN AETHIOPIAM ET IN ARABIAM, QUAE APPELLATUR EUDAEMON, MAXIMAEQUE HOSTIUM GENTIS UTRIUSQUE COPIAE CAESAE SUNT IN ACIE ET COMPLURA OPPIDA CAPTA; IN AETHIOPIAM USQUE AD OPPIDUM NABATA PERVENTUM EST, CUI PROXIMA EST MEROE: IN ARABIAM USQUE AD FINES SABAEORUM PROCESSIT EXERCITUS AD OPPIDUM MARIBA.

J'ai agrandi le territoire de toutes les provinces du peuple romain, voisines de nations qui n'obéissaient pas à notre pouvoir. J'ai pacifié les provinces des Gaules et des Espagnes, ainsi que la Germanie, selon les limites de l'Océan, de Cadix à l'embouchure du fleuve Elbe. J'ai fait en sorte que les Alpes, de la région la plus proche de la mer Adriatique à la mer Tyrrhénienne, soient pacifiées sans mener de guerre injuste contre aucune de ces nations. Ma flotte a navigué à travers l'Océan, de l'embouchure du Rhin vers l'est jusqu'au territoire des Cimbres, là où aucun Romain n'était allé jusqu'alors, que ce soit par terre ou par mer. Les Cimbres, les Charydes, les Semnons et d'autres peuples germains de la même région ont demandé par des ambassadeurs mon amitié et celle du peuple romain. Sur mon ordre et avec mes auspices, deux armées ont été conduites presque en même temps en Ethiopie et en Arabie appelée Heureuse. De très grandes troupes de ces deux nations ennemies ont été massacrées en bataille rangée et de très nombreuses villes ont été prises. En Ethiopie, on est allé jusqu'à la place forte de Nabata: la ville la plus proche est Méroé. En Arabie, l'armée a avancé jusque dans le territoire des Sabéens, à la place forte de Mariba.

AEGYPTUM IMPERIO POPULI ROMANI ADJECI. ARMENIAM MAIOREM INTERFECTO REGE EIUS ARTAXE CUM POSSEM FACERE PROVINCIAM, MALUI MAJORUM NOSTRORUM EXEMPLO REGNUM ID TIGRANI, REGIS ARTAVASDIS FILIO, NEPOTI AUTEM TIGRANIS REGIS, PER TI. NERONEM TRADERE, QUI TUM MIHI PRIVIGNUS ERAT. ET EANDEM GENTEM POSTEA DESCISCENTEM ET REBELLANTEM DOMITAM PER GAIUM FILIUM MEUM REGI ARIOBARZANI, REGIS MEDORUM ARTABAZI FILIO, REGENDAM TRADITI ET POST EIUS MORTEM FILIO EIUS ARTAVASDI. QUO INTERFECTO TIGRANEM, QUI ERAT EX REGIO GENERE ARMENIORUM ORIUNDUS, IN ID REGNUM MISI. PROVINCIAS OMNIS, QUAE TRANS HADRIANUM MARE VERGUNT AD ORIENTEM CYRENASQUE, JAM EX PARTE MAGNA REGIBUS EA POSSIDENTIBUS, ET ANTEA SICILIAM ET SARDINIAM OCCUPATAS BELLO SERVILI RECIPERAVI.

J'ai ajouté l'Egypte à l'empire du peuple romain. Alors que je pouvais faire de l'Arménie Majeure une province, une fois le roi Artaxe mort, j'ai préféré, à l'exemple de nos anciens, confier ce royaume à Tigrane, fils du roi Artavasde et petit-fils du roi Tigrane, par l'intermédiaire de Tibère Néron qui était alors mon beau-fils. Et ensuite, comme cette nation domptée faisait sécession et se rebellait, je l'ai soumise par mon fils Gaius et donnée au roi Ariobarzane, fils du roi des Mèdes Artabaze, pour qu'il la gouverne et après sa mort à son fils Artavasde. Après l'assassinat de celui-ci, j'ai accordé cette souveraineté à Tigrane, issu d'une famille arménienne de sang royal. J'ai repris toutes les provinces qui, par-delà la mer Adriatique, s'étendent vers l'Orient, Cyrène, pour une grande part alors en possession des rois, et auparavant la Sicile et la Sardaigne dont on s'était emparé grâce à une guerre servile.

COLONIAS IN AFRICA, SICILIA, MACEDONIA UTRAQUE HISPANIA, ACHAIA, ASIA, SYRIA, GALLIA NARBONENSI, PISIDIA MILITUM DEDUXI. ITALIA AUTEM XXVIII COLONIAS, QUAE VIVO ME CELEBERRIMAE ET FREQUENTISSIMAE FUERUNT, MEA AUCTORITATE DEDUCTAS HABET.

J'ai fondé des colonies de vétérans en Afrique, en Sicile, en Macédoine, dans chacune des deux Espagnes, en Achaïe, en Syrie, en Gaule Narbonnaise et en Pisidie. Quant à l'Italie, elle contient vingt-huit colonies fondées à mon instigation et qui, de mon vivant, ont été très fréquentées et très peuplées.

SIGNA MILITARIA COMPLURA PER ALIOS DUCES AMISSA DEVICTIS HOSTIBUS RECEPI EX HISPANIA ET GALLIA ET A DALMATEIS. PARTHOS TRIUM EXERCITUM ROMANORUM SPOLIA ET SIGNA REDDERE MIHI SUPPLICESQUE AMICITIAM POPULI ROMANI PETERE COEGI. EA AUTEM SIGNA IN PENETRALI, QUOD EST IN TEMPLO MARTIS ULTORIS, REPOSUI.

Après la défaite des ennemis, j'ai récupéré en Espagne, en Gaule et en Dalmatie les nombreuses enseignes militaires perdues par d'autres généraux. J'ai contraint les Parthes à me restituer les dépouilles et les enseignes de trois armées romaines et à demander à genoux une alliance avec le peuple romain. Et ces enseignes, je les ai déposées dans le sanctuaire qui se trouve dans le temple de Mars Vengeur.

PANNONIORUM GENTES, QUAS ANTE ME PRINCIPEM POPULI ROMANI EXERCITUS NUNQUAM ADIT, DEVICTAS PER TI. NERONEM, QUI TUM ERAT PRIVIGNUS ET LEGATUS MEUS, IMPERIO POPULI ROMANI SUBJECI PROTULIQUE FINES ILLYRICI AD RIPAM FLUMINIS DANUVI. CITRA QUOD DACORUM TRANSGRESSUS EXERCITUS MEIS AUSPICIS VICTUS PROFLIGATUSQUE EST, ET POSTEA TRANS DANUVIUM DUCTUS EXERCITUS MEUS DACORUM GENTES IMPERIA POPULI ROMANI PERFERRE COEGIT.

Les tribus de Pannonie, que l'armée romaine n'avait jamais atteintes avant mon principat, ont été vaincues par Tibère Néron, alors mon beau-fils et légat; je les ai soumises à la domination du peuple romain et j'ai ainsi reculé les frontières de l'Illyrie jusqu'aux rives du Danube. L'armée dace, qui l'avait franchi, fut vaincue et terrassée sous mes auspices; ensuite mon armée, une fois menée au-delà du Danube, força les tribus daces à subir les ordres du peuple romain.

AD ME EX INDIA REGUM LEGATIONES SAEPE MISSAE SUNT NON VISAE ANTE ID TEMPUS APUD QUEMQUAM ROMANORUM DUCEM. NOSTRAM AMICITIAM APPETIVERUNT PER LEGATOS BASTARNAE SCYTHAEQUE ET SARMATARUM, QUI SUNT CITRA FLUMEN TANAIM ET ULTRA, REGES, ALBANORUMQUE REX ET HIBERORUM ET MEDORUM.

Des ambassades de rois indiens qui, avant cette époque, n'avaient été vues près d'aucun chef militaire romain, m'ont été envoyées à maintes reprises. Ont fait savoir par le canal d'ambassadeurs qu'ils désiraient notre amitié, les Bastarnes, les Scythes, les rois des Sarmates qui sont en deçà et au-delà du fleuve Tanaïs, les rois albanien, ibère et mède.

AD ME SUPPLICES CONFUGERUNT REGES PARTHORUM TIRIDATES ET POSTEA PHRATES, REGIS PHRATIS FILIUS, MEDORUM ARTAVASDES, ADIABENORUM ARTAXARES, BRITANNORUM DUMNOBELLAUNUS ET TINCONMIUS, SUGAMBRORUM MAELO, MARCOMANORUM SUEBORUM ***RUS. AD ME REX PARTHORUM PHRATES, ORODIS FILIUS, FILIOS SUOS NEPOTESQUE OMNES MISIT IN ITALIAM, NON BELLO SUPERATUS, SED AMICITIAM NOSTRAM PER LIBERORUM SUORUM PIGNORA PETENS. PLURIMAEQUE ALIAE GENTES EXPERTAE SUNT POPULI ROMANI FIDEM ME PRINCIPE, QUIBUS ANTEA CUM POPULO ROMANO NULLUM EXTITERAT LEGATIONUM ET AMICITIAE COMMERCIUM.

Se sont réfugiés près de moi comme suppliants: les rois parthes Tiridate puis Phraate, fils du roi Phraate, le roi mède Artavasde, le roi de l'Adiabène Artaxarès, les rois de Bretagne Dumnobellaunus et Tincommius, le roi sicambre Maelo, le roi des Marcomans et des Suèbes <.> rus. Phraate, le roi parthe, fils d'Orodès, m'a envoyé tous ses fils et petits-fils en Italie, non pas qu'ils eussent été vaincus à la guerre, mais pour demander une alliance avec, comme gage, ses enfants. Plusieurs autres peuples avec lesquels les Romains n'avaient eu auparavant aucune relation, qu'il s'agisse d'ambassades ou d'alliances, ont sous mon principat mis à l'épreuve la fidélité du peuple romain.

A ME GENTES PARTHORUM ET MEDORUM PER LEGATOS PRINCIPES EARUM GENTIUM REGES PETITOS ACCEPERUNT: PARTHI VONONEM, REGIS PHRATIS FILIUM, REGIS ORODIS NEPOTEM, MEDI ARIOBARZANEM, REGIS ARTAVAZDIS FILIUM, REGIS ARIOBARZANIS NEPOTEM.

Les nations des Parthes et des Mèdes ont reçu de moi des rois - les premiers de ces nations demandés par le canal d'ambassadeurs. Les Parthes reçurent Vononès, fils du roi Phraate et petit-fils du roi Orodès; les Mèdes Ariobarzane, fils du roi Artavazde et petit-fils du roi Ariobarzane.

Quatrième partie

Auguste

IN CONSULATU SEXTO ET SEPTIMO, POSTQUAM BELLA CIVILIA EXSTINXERAM PER CONSENSUM UNIVERSORUM POTITUS RERUM OMNIUM, REM PUBLICAM EX MEA POTESTATE IN SENATUS POPULIQUE ROMANI ARBITRIUM TRANSTULI. QUO PRO MERITO MEO SENATUS CONSULTO AUGUSTUS APPELLATUS SUM ET LAUREIS POSTES AEDIUM MEARUM VESTITI PUBLICE CORONAQUE CIVICA SUPER IANUAM MEAM FIXA EST ET CLUPEUS AUREUS IN CURIA IULIA POSITUS, QUEM MIHI SENATUM POPULUMQUE ROMANUM DARE VIRTUTIS CLEMENTIAEQUE IUSTITIAE ET PIETATIS CAUSA TESTATUM EST PER EIUS CLUPEI INSCRIPTIONEM. POST ID TEMPUS AUCTORITATE OMNIBUS PRAESTITI, POTESTATIS AUTEM NIHILO AMPLIUS HABUI QUAM CETERI QUI MIHI QUOQUE IN MAGISTRATU CONLEGAE FUERUNT.

Lors de mon sixième et de mon septième consulat (28-27 av. J.C.), après avoir éteint les guerres civiles, étant investi du pouvoir absolu par le consentement du peuple dans son ensemble, j'ai fait passer l'Etat de mon pouvoir à la libre décision du Sénat et du peuple romain. En réponse à ce geste méritoire, on me donna par sénatus-consulte le surnom d'Auguste, les montants de ma porte furent habillés de laurier lors d'une cérémonie publique et la couronne civique fut fixée au-dessus de celle-ci. On déposa également un bouclier dans la curia Iulia, dont la dédicace atteste que le Sénat et le peuple romain me l'ont accordé en raison de ma vertu, de ma clémence, de ma justice et de ma piété. Dès cet instant, je l'ai emporté sur tous en autorité (auctoritas), mais je n'ai jamais eu de pouvoir légal (potestas) supérieur à celui de chacun des autres magistrats, mes collègues.

TERTIUM DECIMUM CONSULATUM CUM GEREBAM SENATUS ET EQUESTER ORDO POPULUSQUE ROMANUS UNIVERSUS APPELLAVIT ME PATREM PATRIAE IDQUE IN VESTIBULO AEDIUM MEARUM INSCRIBENDUM ET IN CURIA IULIA ET IN FORO AUGUSTO SUB QUADRIGIS, QUAE MIHI EX SENATUS CONSULTO POSITAE SUNT, CENSUIT. CUM SCRIPSI HAEC, ANNUM AGEBAM SEPTUAGENSUMUM SEXTUM.

Alors que j'exerçais mon treizième consulat (2 av. J.C.), le Sénat, l'ordre équestre ainsi que le peuple romain dans son ensemble m'appela père de la patrie et décida d'inscrire ce titre dans le vestibule de ma maison, dans la curia Iulia et au forum Auguste, sous le quadrige qui fut érigé en mon honneur par sénatus-consulte. Lorsque j'écris ceci, je suis dans ma soixante-seizième année.

Appendice

SUMMA PECUNIAE, QUAM DEDIT VEI IN AERARIUM VEL PLEBEI ROMANAE VEL DIMISSIS MILITIBUS DENARIUM SEXIENS MILLIENS.

La somme d'argent qu'il a donnée au trésor public, à la plèbe de Rome ou en vue de démobiliser des soldats s'élève à 600000000 deniers (soit 2400000000 sesterces).

OPERA FECIT NOVA AEDEM MARTIS, JOVIS TONANTIS ET FERETRI, APOLLINIS, DIVI JULI, QUIRINI, MINERVAE, JUNONIS REGINAE, JOVIS LIBERTATIS, LARUM, DEUM PENATIUM, JUVENTATIS, MATRIS MAGNAE, LUPERCAL, PULVINAR AD CIRCUM, CURIAM CUM CHALCIDICO, FORUM AUGUSTUM, BASILICAM JULIAM, THEATRUM MARCELLI, PORTICUM OCTAVIAM, NEMUS TRANS TIBERIM CAESARUM.

Il construisit : les temples de Mars, de Jupiter Tonnant et Férétrien, d'Apollon, du divin Jules, de Quirinus, de Minerve, de Junon Regina, de Jupiter Libertas, des Lares, des dieux Pénates, de Jeunesse, de la Grande Mère; le Lupercal, la loge au cirque, la curie avec le Chalcidicum, le forum d'Auguste, la basilique Iulia, le théâtre de Marcellus, le portique d'Octavie et le bois des Césars sur l'autre rive du Tibre.

REFECIT CAPITOLIUM SACRASQUE AEDES NUMERO OCTOGINTA DUAS, THEATRUM POMPEI, AQUARUM RIVOS, VIAM FLAMINIAM.

Il restaura le Capitole, des temples sacrés au nombre de 82, le théâtre de Pompée, des aqueducs et la via Flaminia.

IMPENSA PRAESTITA IN SPECTACULA SCAENICA ET MUNERA GLADIATORUM ATQUE ATHLETAS ET VENATIONES ET NAUMACHIAM ET DONATA PECUNIA COLONIS MUNICIPIIS OPPIDIS TERRAE MOTU INCENDIOQUE CONSUMPTIS AUT VIRITIM AMICIS SENATORIBUSQUE, QUORUM CENSUS EXPLEVIT, INNUMERABILIS.

Dépenses pour des spectacles scéniques, des combats de gladiateurs, des athlètes, des chasses, des naumachies; argent offert aux colonies, aux municipes et aux bourgs détruits par un tremblement de terre ou par un incendie; sommes distribuées individuellement à des amis et des sénateurs dont il compléta le cens : incalculable.

Liens externes :

  1. Res gestae (Auguste) de l'encyclopédie libre Wikipédia
  2. AUGUSTE, Res gestae de l'Université de Liège, 2001-2002
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