Numa Pompilius : né en 753, mort en 673 av. J.C.

Titre : deuxième roi légendaire de Rome (-715/-673 av. J.C.)
Numa Pompilius
Numa Pompilius
Anton Nyström

Après la disparition de Romulus, les deux peuples ne peuvent pas s'entendre pour lui donner un successeur et pendant une année, les sénateurs gouvernent tour à tour comme interrois. On convient à la fin que les Romains feraient l'élection, à la condition qu'ils choisissent un Sabin. Une voix nomma Numa Pompilius : tous le proclament, mais il n'accepte qu'après avoir obtenu du ciel des signes favorables (-715).

Numa Pompilius est le gendre de Titus Tatius, roi des sabins et collègue de Romulus qui lui donna sa fille unique Tatia en mariage. Numa devient roi à l'âge de quarante ans. Il vit paisiblement retiré depuis la mort de sa femme Tatia dans une ville sabine, Cures. Bien qu'il refuse tout d'abord l'offre de régence, son père le convainc d'accepter la couronne, libre depuis la disparition de Romulus.

Numa, conseillé par la nymphe Egérie (qu'il va consulter la nuit dans la solitude des bois des Camènes ou des muses), est le créateur des institutions politiques romaines, dote la cité de ses institutions religieuses et d'un calendrier officiel. Il règle les rites des prières et des sacrifices pour convaincre les dieux à révéler leurs volontés par le vol des oiseaux ou les éclairs.

Il promulgue une réforme du calendrier en concordant l'année civile avec l'année solaire, divisant l'année en douze mois au lieu de dix utilisés jusqu'alors; par ailleurs, il met en place des sacerdoces : les collèges religieux des quatre Pontifes, gardiens du culte; des Augures, interprètes des volontés divines; des Saliens, qui gardaient le bouclier tombé du ciel (ancile), et célébraient la fête du dieu de la guerre par des chants et des danses armées; des Féciaux, qui prévenaient les guerres injustes et enfin, les flamines de Jupiter, ministres des grands dieux.

Il défend les sacrifices sanglants, la représentation des dieux par des images de bois, de pierre ou d'airain, et honore particulièrement Saturne, le père de la civilisation italienne, le roi de l'âge d'or, des temps de vertu, d'abondance et d'égalité dont la fête, jour de folle joie et de liberté, même pour l'esclave, suspend sur la frontière les hostilités et dans la ville l'exécution des coupables1. Plus tard le temple de ce dieu sera comme le sanctuaire de l'Etat. On y gardera le trésor public, les documents officiels et les enseignes des légions.

Enfin, il initie le culte de la déesse Vesta, un sacerdoce originaire d'Albe (cf. Numitor et Amulius) : il construit le temple de Vesta et de ses Vestales qui, choisies par le grand prêtre dans les plus nobles familles, conservaient le feu perpétuel, le Palladium et les dieux Pénates. Il érige à Janus un temple avec une double porte qu'on ne doit ouvrir qu'en temps de guerre; sous son règne, elle fut constamment fermée. Numa distribue au peuple les terres conquises par Romulus, élève sur le Capitole un temple à la Bonne Foi, et consacre les limites des propriétés (fête des Terminalia), en dévouant aux dieux infernaux ceux qui déplaceraient les bornes des champs.

A sa mort, auprès de son tombeau creusé au pied du Janicule, on ensevelit ses livres, qui contenaient toutes les prescriptions à suivre pour que les rites fussent accomplis de manière à gagner sûrement la faveur des dieux. Retrouvés à une époque où l'idolâtrie grecque avait remplacé la vieille religion, ces livres furent jugés dangereux et brûlés par ordre du sénat2.

1. Les Saturnales duraient légalement un jour aux anciens temps, trois aux derniers siècles de la république, cinq sous l'empire, mais on en prenait souvent sept. Pendant ces fêtes, qui par certaines coutumes rappellent notre ancien carnaval, la vie publique était suspendue et les tribunaux se fermaient.

2. Le fait est rapporté par Denys, Tite Live et Cicéron. Cette prétendue découverte des livres de Numa, faite en 181 avant. J. C. fut en réalité une fraude pieuse.

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