Servius Tullius : ?, mort en 535 av. J.C.

Titre : sixième roi légendaire de Rome (-575/-535 av. J.C.)
Servius Tullius
Servius Tullius
Frans Huys, 1522-62

Servius accède à la royauté à la suite de l'assassinat de Tarquin l'ancien, son beau-père en 575 av. J.C. : c'est le premier souverain à accéder au pouvoir sans consultation populaire. Il est appelé Servius parce qu'il est le fils d'une captive1.

Fondateur de l'organisation administrative et militaire de Rome : il divise la population en quatre tribus et instaure le cens; répartit la population en cinq classes censitaires selon la fortune. Il recense la population romaine (quatre vingt mille citoyens en âge de porter les armes).

Il donne à Rome l'étendue qu'elle eut sous la république, en réunissant à la cité le Viminal, l'Esquilin et le Quirinal, par l'édification d'une muraille (dont il donnera son nom) et une puissante levée de terre (ager) que précédait un fossé large de 100 pieds, profond de 302. Rome a alors la grandeur d'Athènes : deux lieues et demie de tour. Il réforme l'armée et partage la cité en quatre quartiers ou tribus urbaines : Palatine, Suburane, Colline et Esquiline (regio Suburana, Esquillina, Collina, Palatina), chaque quartier ayant son tribun qui dresse les listes pour les contributions et le service militaire.

Servius conclut avec les trente villes latines un traité et pour mieux resserrer les noeuds de cette alliance, on avait, à frais communs, élevé ce temple où se voit la première statue dressée dans Rome. Quelques peuples sabins y vinrent aussi sacrifier.

Il transforme la constitution romaine de façon radicale : le vote cesse d'être individuel et dépend désormais du cens : le pouvoir va désormais appartenir aux riches. Le territoire est divisé en vingt-six cantons nommés aussi tribus, et tout le peuple, patriciens et plébéiens, d'après le cens c'est-à-dire d'après la fortune, en cinq classes et en cent quatre-vingt-treize centuries dont la dernière est formée par les prolétaires. Ceux-ci sont exclus du service militaire. Servius ne veut pas confier des armes à des citoyens qui ne possédant rien ne puissent prendre intérêt à la chose publique ni donner à l'Etat une garantie de leur fidélité.

Il meurt en 535 av. J.C., victime d'un complot organisé par sa fille, Tullia, et son gendre, Tarquin le Superbe, le fils de Tarquin l'ancien.

1. Indépendamment des Saturnales, on accordait aux esclaves un jour de liberté, aux ides du mois d'août, en mémoire de la naissance servile de Servius Tullius (Plutarque, Quest. Rom., 100 ; Festus, s. v. Servorum). Cette fête prouve qu'il faut interroger avec prudence les coutumes qui, nées souvent elles-mêmes d'une légende, paraîtraient donner à celle-ci le caractère d'un fait historique. Cette observation s'applique à beaucoup d'usages romains.

2. Un peu moins de 50 mètres dans un sens et de 10 dans l'autre. Le pied romain équivaut en mètre à 0m,296. - Cette enceinte n'était pas continue. Elle n'existait pas du côté du Tibre, qui parut une défense suffisante depuis que la forteresse du Janicule en protégeait les approches, et certains côtés du Capitole étaient assez abrupts pour paraître inaccessibles. Il existe entre les portes Esquiline et Colline des restes considérables du puissant agger de Servius que Tarquin le Superbe élargit. Dans la coupe que présente la figure est marqué un mur actuellement visible sur une hauteur de 7m,77. Construit par assises régulières, ce mur a pour fondement des blocs ayant en moyenne 3m,63. Pour mieux résister à la poussée des terres qui forment le rempart, le mur est flanqué à intervalles de 5m,59 de contreforts ayant 2m,45 en carré. Le fossé longeait ce mur. Au temps d'Auguste, l'agger fut converti en promenade, par Mécène (Dict. des Ant., p. 140 sq.).

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