Tarquin le Superbe : ?, mort en 495 av. J.C.

Titre : dernier roi légendaire de Rome (-535/-509 av. J.C.)

Les deux filles de Servius Tullius avaient épousé les deux fils de Tarquin l'ancien, Lucius Tarquinius et Aruns Tarquinius: l'ambitieuse Tullie avait été fiancée à Aruns, le plus doux des deux frères et sa soeur à Lucius qui mérita par son orgueil et sa cruauté le surnom de Superbe. Tullie trompe son mari avec Lucius, son beau-frère. Plus tard, elle se débarrasse par le poison son mari et sa soeur pour épouser Lucius. Poussé par son épouse, Lucius renverse Servius Tullius avant de le faire assassiner par ses gardes. Il interdit qu'on ensevelisse son beau-père et liquide les sénateurs qui avaient soutenu Servius Tullius. Tarquin traite cruellement l'aristocratie romaine et gouverne l'Etat sans faire appel au sénat.

Au roi succède le tyran. Entouré d'une garde de mercenaires et secondé par une partie des sénateurs qu'il avait gagné, Tarquin gouverne sans souci : dépouillant les uns de leurs biens, bannissant les autres et punissant de mort tous ceux qui lui inspirent des craintes. Pour affermir son pouvoir, il s'allie avec des étrangers et donne sa fille à Octavius Mamilius, dictateur de Tusculum.

Sans cesse en guerre contre les Latins, Lucius Tarquinius surnommé le Superbe fait la paix avec les Eques et renouvelle les traités de paix avec les Etrusques. Devenu le chef obéi de la confédération latine à laquelle appartiennent aussi les Herniques et les villes Volsques d'Ecetra et d'Antium, Tarquin assiège et prend la riche cité de Suessa Pometia qui refuse d'entrer dans la ligue. Sur les terres enlevées aux Volsques, Tarquin fonde deux colonies. Elles sont composées de citoyens romains et latins qui doivent fournir leur contingent à l'armée de la ligue. C'est le premier exemple de ces colonies militaires qui, multipliées par le sénat sur tous les points de l'Italie, y répandront les lois et la langue du Latium. En même temps elles seront des garnisons permanentes, des postes avancés, qui arrêteront l'ennemi loin de la capitale et d'où l'on tirera au besoin de vaillants soldats.

Il abolit la constitution de Servius; comme son père, Tarquin aime la pompe et la magnificence. Il appelle d'habiles ouvriers étrusques et avec le butin fait sur les Volsques, achève la construction du grand égout ou Cloaca Maxima et commence la construction sur le Capitole d'un temple dédié à Jupiter le Meilleur et le plus grand (Optimus Maximus), à Junon et à Minerve.

Cependant des signes menaçants effrayèrent la famille royale. Afin de connaître les moyens d'apaiser les dieux, Tarquin envoie ses deux fils consulter l'oracle de Delphes dont la réputation avait pénétré jusqu'en Italie. Un neveu du roi, Lucius Junius Brutus1, les accompagne. Quand le dieu eut répondu, les jeunes gens demandèrent lequel d'entre eux remplacerait le roi sur le trône : Celui-là, dit la pythie, qui embrassera le premier sa mère. Brutus comprend le sens caché de l'oracle : il se laissa tomber et baisa la terre, notre mère commune.

En 509 av J.C., son fils Sextus Tarquin tombe amoureux de Lucrèce, épouse vertueuse d'un de ses parents, Tarquin Collatin (Lucius Tarquinius Collatinus) et la viole. Lucrèce s'étant suicidée de honte, Collatinus, avec l'aide de son cousin Lucius Junius Brutus, montre le corps sanglant de la victime et appelle à la vengeance le sénat, que Tarquin avait décimé, et le peuple qu'il avait accablé pour ses constructions, d'odieuses corvées. Un senatus-consulte, confirmé par les curies, proclame la déchéance du roi, son exil et celui de tous les siens. Les romains renversent la monarchie et installent la république. Puis Brutus court au camp devant Ardée qu'il soulève tandis que Tarquin, revenu à Rome en toute hâte, en trouve les portes fermées et est réduit à se réfugier avec ses fils Titus et Aruns dans la ville étrusque de Cære. Le troisième, Sextus, retiré à Gabies, y fut tué par les parents de ses victimes.

1. Il était le tribun des Célères qui était après le roi, le premier magistrat de l'Etat. Son nom qui dans l'ancien latin signifie l'homme grave et fort (Festus, s. v. Brutum) mais qui eut aussi le sens d'idiot, a donné lieu à la légende sur sa folie.

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