Marcus Atilius Regulus : né vers 299, mort vers 250 av. J.C. à Carthage

Général et homme d'Etat romain
Marcus Atilius Regulus
Marcus Atilius Regulus

Marcus Atilius Regulus descendait d'une ancienne famille campanienne.

Homme politique et général durant la première guerre punique, Régulus, associé à son collègue Manlius Vulso, vainquit la flotte d'Hamilcar, au large du cap d'Ecnome, en Sicile, en 256 av. J.C.

Les succès des romains en Sicile et sur mer les encouragèrent à passer en Afrique. Fort de son succès au cap d'Ecnome, Marcus Atilius Regulus essaya de rééditer la stratégie d'Agathocles de Syracuse en débarquant avec 15000 hommes prés de Carthage en Afrique pour détourner les troupes puniques de Sicile.

Régulus n'avait pour tout bien que sept arpents de terre. Lorsqu'il apprit en Afrique que le sénat l'avait prorogé dans le commandement, il écrivit aux consuls que son fermier était mort, qu'un mercenaire profitant de l'occasion s'était enfui en emportant les instruments de culture, et que son champ se trouvait abandonné. En conséquence, il demandait un successeur; car sa femme et ses enfants allaient être réduits à l'indigence. Le sénat décréta que le champ de Régulus serait cultivé aux frais de l'Etat, que l'on nourrirait sa femme et ses enfants, et que les ustensiles perdus seraient remplacés.

Plus tard, Regulus rencontra une armée punique à Adys et remporta facilement la victoire. Il réduisit bientôt Carthage. La cité punique souhaitait négocier avec Regulus. Les termes de reddition émis par Regulus étaient tellement contraignants (Carthage à ne posséder plus rien hors de ses murailles) que les puniques décidèrent finalement de se battre quelqu'en ait été le coût ! Un groupe de mercenaires grecs sous les ordres du commandant spartiate Xanthippe arriva à Carthage. Xanthippe prit le commandement de l'armée carthaginoise (12000 hommes, 4000 cavaliers et 100 éléphants). En peu de temps il changea la face des affaires, fatigua Régulus par une foule de petits combats. A la bataille d'Utique, les troupes romaines étaient taillées en pièce, 500 romains furent capturés dont le consul lui-même. Entre-temps, la flotte romaine sous le commandement de Marcus Aemilius Paullus s'échoua près des côtes siciliennes de Camarina. 250 vaisseaux furent détruits, seulement 80 étaient épargnés.

La perte de cette armée, la destruction par les tempêtes de plusieurs flottes romaines obligèrent le sénat à renoncer à l'Afrique et à reporter la guerre en Sicile, où les hostilités languirent pendant plusieurs années. En 250 av. J.C., le consul Métellus remporta, près de la ville sicilienne de Panorme, une grande victoire qui abaissa les espérances de Carthage. Cette ville envoya Régulus à Rome pour demander la paix en son nom (250 av. J.C.), sous réserve de sa parole d'honneur de rentrer à Carthage si sa mission échouait.

Ce général avait noblement soutenu sa captivité. A son arrivée près de Rome, il ne voulut pas entrer dans la ville. "Je ne suis plus citoyen," disait-il; et, comme il était aussi chargé de proposer l'échange des prisonniers, au lieu de plaider une cause qui pourtant était la sienne, il dissuada les sénateurs de l'accepter. On voulut l'apitoyer sur lui-même: "Mes jours sont comptés," répondit-il, "ils m'ont donné un poison lent;" et il partit, malgré les instances de ses amis et les prières du sénat tout entier, malgré les larmes de sa femme Marcia et de ses enfants. Il avait donné sa parole. On raconta que les Carthaginois se vengèrent, en le faisant périr dans d'affreux tourments; qu'on lui coupa les paupières pour l'exposer ensuite aux ardeurs brûlantes du soleil; qu'enfin on l'enferma dans un tonneau garni intérieurement de pointes de fer, et qu'on fit rouler du haut d'une pente rapide. Voilà du moins ce qui fut répandu parmi le peuple de Rome sur la fin de ce grand citoyen.