Clodius : né en 92, mort le 18 janvier 52 av. J.C.

Titre : tribun de la plèbe

Son nom réel est Publius Claudius Pulcher et appartient à la gens noble des Claudiens dont l'origine remonte aux premiers temps de Rome. Il sert en Asie sous Lucullus (70 av. J.C.), puis en Cilicie sous Q. Marcius Rex ses deux beaux-frères. Fait prisonnier par les pirates, relâché sans rançon, il va en Syrie où il sert contre les Arabes; puis revenu à Rome en 65 av. J.C., il accuse Catilina pour crime de concussion. Catilina l'achète et est acquitté. Cicéron lui-même s'était proposé pour le défendre.

En 64, il accompagne Muréna, propréteur dans la Transalpine où il ne se signale que par son avidité et ses excès. En 62, il est à Rome et y fait scandale en s'introduisant sous un costume de femme et de musicienne dans la maison de César (alors Pontifex Maximus) à l'heure où s'y célèbrent les mystères de la Bonne Déesse (Bona Dea : les hommes sont exclus de ces mystères). Il avait noué une intrigue avec Pompéia, fille de Pompée et femme de César. Celui-ci divorça. "La femme de César ne doit pas être soupçonnée !

De là un long procès où Cicéron témoigna contre Clodius, qui devient de ce jour son ennemi acharné. Les juges, vendus, l'acquittent d'ailleurs à la majorité de 31 contre 25. Ensuite, Clodius, pour mieux se venger veut être tribun du peuple. Mais il n'est pas du peuple. Qu'importe ? Il se fait adopter (adragatio), ainsi que sa soeur Clodia, non sans difficulté (avec la connivence de César) par un plébéien, Fonteius, plus jeune que lui qui n'a pas 20 ans, marié et qui ne pourra pas avoir des enfants ! Il altère l'orthographe de son gentilice en Clodius, plus populaire, en supprimant la diphtongue -au- de Claudius. Une fois sa transitio ad plebem effectuée, il est élu tribun du peuple pour l'an 59. Il tient enfin sa vengeance. Cicéron est exilé et c'est sur sa motion que Caton est envoyé en Chypre.

Durant son tribunat, Clodius fit voter diverses lois telles que celle sur la distribution gratuite de l'annone aux citadins, porté atteinte à l'antique droit des censeurs de noter les citoyens de moeurs mauvaises; il avait interdit aux magistrats l'obnonciation (abrogation des lois Aeliae Fufiae de 156 av. J.C.) et la formalité religieuse qui arrêtait court la machine des comices dès que le magistrat avait constaté que le ciel ordonnait de suspendre les délibérations (Cette loi, Cicéron l'appelait "propugnacula murique tranquillitatis et otii") et rétabli les "clubs de carrefours (collegia compitalicia)", où anciennes associations d'artisans; associations qui se transformèrent en une véritable armée du prolétariat libre ou servile, organisée militairement dans la capitale et distribuée par rues et par quartiers. Il alla plus loin, et projetant une loi dont il comptait porter la motion durant sa prêture (en 52), il voulut donner les droits politiques à tous les affranchis et aux esclaves en possession de la liberté de fait. Naturellement, ces tendances radicales n'excluaient point le trafic impudent des votes des comices et singeant César jusqu'au bout, Clodius voulait des gouvernements de province, des postes grands et petits pour ses compagnons.

En 58, Publius Clodius attaqua Cicéron pour l'exécution des conjurés de Catilina en vertu d'un senatus-consulte sans leur avoir permis d'exercer leur droit d'appel et le force à l'exil. Après le bannissement de Cicéron, l'on sait que Clodius brûla la maison du grand orateur, sur le Palatin et alla saccager ses villas de Tusculum et de Formies. C'est sur l'emplacement de la maison du Palatin qu'il éleva le temple à la déesse Liberté. Il empoisonne Q. Séius Postumus, qui refuse de lui vendre une autre habitation. Il blesse Gabinius (le consul) dans une lutte de rues et tente de faire assassiner Pompée par un esclave. Descendu de charge, il continu ses excès et ses crimes, à la tête de ses affranchis et de leurs maisons et s'oppose en vain au rappel de Cicéron (57 av. J.C.). Il lutte contre les ouvriers de celui-ci quand il reprend possession de sa maison sur le Palatin et se jetant sur lui, le force à se réfugier chez un voisin.

Enfin, il brigue l'édilité. Une fois nommé il accuse Milon de violence publique. C'est au milieu de ces incidents qu'a lieu la rencontre sur la voie Appienne (à Bovillae) et qu'il périt (12 janvier 52). Milon est accusé du meurtre et contraint à l'exil.

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