Marcus Furius Camillus dit Camille : né vers 446, mort en 365 av. J.C. à Rome

Général et homme d'Etat romain
Caton d'Utique
Camille
GHIRLANDAIO
Fresco Palazzo Vecchio, Florence,

Marcus Furius Camillus dit Camille, est issu de la famille patricienne des Furia à Rome, Camille est nommé censeur. Durant cette charge, il incitera les célibataires à épouser les veuves.

En 401 av. J.C. et en 398 av. J.C., Camille est élu tribun militaire à pouvoir consulaire.

En 405 av. J.C. commence le siège de Véies, grande ville étrusque qui avait longtemps balancé la fortune de Rome. Ce siège durera dix ans. Camille (Marcus Furius Camillius), nommé dictateur, arme tous les citoyens en état de combattre, et part assiéger la ville Etrusque une fois pour toute.

Il décide de créer un tunnel sous la ville afin d'y pénétrer. Les forces romaines prennent l'ascendant sur les Etrusques; après les combats, Camille proposera d'épargner les personnes non armées qui se rendent (396 av. J.C.).

Un immense butin avait été fait à Véies. Camille oblige ses soldats à en restituer une partie à cause d'un voeu qu'il prétend avoir fait à Apollon. Le peuple fait la restitution demandée mais irrité déjà contre Camille à cause de sa hauteur, il se montre favorable à une accusation de concussion portée contre le vainqueur des Véiens. Camille part de Rome sans attendre le jugement. Quand il eut passé la porte, on dit qu'il se retourna vers la ville et pria les dieux, s'il était innocent, de faire bientôt repentir ses concitoyens de son exil. La même année les Gaulois entrent dans Rome.

Depuis deux siècles environ, les Gaulois s'étaient emparés de la vallée du Pô, mais ils n'avaient pas encore osé franchir l'Apennin, lorsque, en 390 av. J.C., trente mille Sénons viennent demander des terres aux habitants de Clusium. Ceux-ci implorent le secours de cette même Rome qu'ils avaient assiégée autrefois sous la conduite de leur roi Porsenna. Le sénat envoie trois Fabius pour interposer la médiation du peuple romain entre les deux partis. Mais les ambassadeurs, oubliant leur caractère, se mêlent aux assiégés, et, dans une sortie, l'un d'eux tue un chef gaulois. Les Gaulois font aussitôt demander satisfaction au sénat, et n'ayant rien obtenu, ils lèvent le siège de Clusium pour marcher droit sur Rome.

A une demi-journée de la ville, près de l'Allia, ils rencontrent l'armée romaine qui, effrayée de leurs cris et de leur aspect sauvage, rompt ses rangs et s'enfuit presque sans combattre. Tout ce qui ne peut pas passer le Tibre à la nage et se réfugier derrière la forte enceinte de Véies est tué; l'aile droite, intacte, se sauve précipitamment à Rome et court occuper la citadelle du mont Capitole, où s'enferment aussi le sénat, les magistrats, les prêtres et mille des plus braves de la jeunesse patricienne. Le reste se disperse dans les villes voisines.

Les Gaulois n'entreront que le lendemain de la bataille. Tout était désert, seulement quelques vieux consulaires étaient restés dans leur demeure, assis sur leur chaise curule. Les celtes les prennent pour des statues ou pour des êtres surnaturels, mais l'un d'eux ayant passé la main sur la barbe blanche de Papirius, celui-ci le frappe de son bâton d'ivoire, et le Gaulois, irrité, le tue. C'est le signal du massacre, après le pillage, l'incendie détruit les maisons. Du haut du Capitole, les Romains assistent à la destruction de leur ville.

Les Gaulois essaieront alors d'emporter la citadelle d'assaut, mais sur la pente étroite et rapide qui y conduit, les Romains auront peu de peine à les repousser, et le siège se change en blocus. Pendant sept mois, les Gaulois campent au milieu des ruines de Rome. Le manque de vivres les force de courir par bandes les campagnes voisines. Les Latins et les Etrusques s'étaient d'abord réjouis des malheurs du peuple romain; ils s'effraient à leur tour. Ardée donne à Camille quelques soldats, avec lesquels il détruit une bande de Gaulois. Ce premier succès encourage la résistance, de tous côtés les paysans se lèvent en armes, et les Romains réfugiés à Véies proclament Camille dictateur.

Mais il faut la sanction du sénat et un décret du peuple pour rendre à Camille les droits de citoyen qu'il avait perdus par son exil. Un jeune plébéien, Cominius, traverse le Tibre à la nage, évite les sentinelles ennemies, et, s'aidant des ronces et des arbustes qui tapissent les parois escarpées de la colline, il parvient jusqu'au Capitole. Il en redescend aussi heureusement, et rapporte à Véies la nomination qui doit lever les scrupules de Camille.

Les Gaulois avaient remarqué l'empreinte de ses pas, et par une nuit obscure, ils montent jusqu'au pied du rempart. Déjà ils atteignent les créneaux, quand les cris des oies consacrées à Junon éveillent Manlius. Il renverse les plus avancés des assaillants, donne l'alarme : les Gaulois sont précipités du haut des murs.

Le Capitole est sauvé. Mais les Romains n'ont plus de vivres et Camille n'apparait pas. Après plusieurs attaques infructueuses, Brennus accepte de traiter avec le Tribun militaire Quintus Sulpicius : les gaulois acceptent de lever le siège contre le versement d'une rançon de 1000 livres d'or (327 kg). Une grande balance est installée; afin d'alourdir encore la rançon, les Gaulois y installent de faux poids. Devant la protestation des romains, Brennus jette son épée et son baudrier sur la balance en prononçant ces mots "Vae victis" : malheur aux vaincus!

Les Gaulois s'éloignèrent paisiblement, mais Camille annule le traité : il ordonne aux alliés de fermer leurs portes et d'attaquer les bandes isolées. La plupart seront taillées en pièces. Cependant les Gaulois reparaissent à plusieurs reprises et se maintiennent dans les montagnes de la Sabine, à Tibur, d'où pendant un demi-siècle ils prendront part à presque toutes les guerres que Rome entreprendra pour relever l'édifice de sa puissance.

Les Gaulois s'éloignèrent paisiblement, mais Camille annule le traité : il ordonne aux alliés de fermer leurs portes et d'attaquer les bandes isolées. La plupart seront taillées en pièces. Cependant les Gaulois reparaissent à plusieurs reprises et se maintiennent dans les montagnes de la Sabine, à Tibur, d'où pendant un demi-siècle ils prendront part à presque toutes les guerres que Rome entreprendra pour relever l'édifice de sa puissance.

Camille, qu'on retrouve sans cesse à la tête des légions, gagnera dans ces circonstances difficiles avec bien plus de justice que dans la guerre contre les Gaulois, le titre de second fondateur de Rome. A l'intérieur, il rappelait par ses patriotiques conseils les partis à l'union, ou il cherchait par sa fermeté à leur imposer la paix. Dans les camps, ses habiles réformes assuraient la victoire. Il arma les soldats de longues piques qui arrêtèrent l'élan des Gaulois, et de casques d'airain, de boucliers bordés d'une lame de fer, contre lesquels s'émoussaient leurs sabres mal trempés.

Sur le plan de la politique intérieure, Camille ne parvient pas à faire fléchir la fameuse résolution des tribuns de la plèbe Caius Licinius Stolon et Lucius Sextius Lateranus. Les lois licinio-sextiennes seront alors votées en 367 av J.C.; Lucius Sextius Lateranus sera élu premier consul plébéien en 366 av. J.C.

On rapporte qu'après le vote des lois Liciniennes, Camille, abdiquant ses préjugés de caste, aurait bâti un temple à la Concorde sur un point élevé du Comitium, l'antique lieu d'assemblée du peuple, où le sénat avait aussi coutume de se réunir. Si le fait est vrai, Camille reconnaissait par là même que les haines obstinées et funestes des ordres avaient pris fin dans ce jour. Ainsi, la consécration religieuse du traité de paix aurait été le dernier acte de la vie publique du grand homme d'Etat et du grand capitaine, et marquerait le terme de sa longue et glorieuse carrière.

Il meurt en 365 av. J.C.