Marcius Porcius Cato : né en 95, mort le 8 avril 46 av. J.C. à Utique

Caton d'Utique ou Caton le jeune
Caton d'Utique
Caton d'Utique
Jean-Baptiste Romand & François Rude,
Musée du Louvre

Marcus Porcius Caton, né en 95 av. J.C. : plein de loyauté, sérieux dans ses pensées et ses actes, attaché à sa patrie et à la constitution léguée par les ancêtres, il imite l'exemple de son arrière-grand-père, Caton l'ancien.

Il fait ses premières armes contre Spartacus en 72 av. J.C., puis en Macédoine en tant que tribun militaire. Il revient à Rome et se met à l'étude de la philosophie. Questeur en 65 av. J.C., il appuie en 63 av. J.C. les mesures de rigueur proposées par Cicéron lors de la conjuration de Catilina. Elu tribun en 62 av. J.C., il réfute le discours de César dans l'affaire des complices de Catilina et obtient leur condamnation à mort. Il s'oppose à l'ambition de Jules César et vote en 59 av. J.C. contre la loi qui donne à ce dernier le commandement des Gaules pour cinq ans.

Après la condamnation de Milon à laquelle il s'oppose sans succès, il échoue à l'élection au consulat en 52 av. J.C. parce qu'il refuse les moyens de corruption en usage pour gagner le vote des électeurs.

Il se met à parcourir les rues de la cité pécheresse, jouant au citoyen modèle et au miroir de vertu, s'en prenant, comme Caton l'ancien, au siècle et aux moeurs; marchand à pied au lieu d'aller à cheval, prêtant sans intérêt, refusant les décorations militaires et croyant ramener le bon vieux temps quand il se montre sans tunique à l'instar du roi Romulus.

Lorsqu'éclate la guerre civile, Caton s'enfuit de Rome à l'approche de César; il se rend en Sicile auprès de Pompée et ensuite à Rhodes. Il suit Pompée le Grand, trouvant en lui l'incarnation de la république. Il l'encourage à se battre contre César en qui il voit un tyran qui veut la fin de la république. Après la défaite de Pompée à Pharsale et son assassinat peu de jours après, Caton rassemble les débris de l'armée républicaine et rejoint les troupes de Quintus Caecilius Metellus Scipion, positionnées en Afrique.

Après la défaite de Metellus Scipion à Thapsus, il s'enferme à Utique : il est bien résolu à ne pas survivre à la ruine de la liberté romaine, mais il s'occupa avant tout d'assurer la fuite de ceux qui s'étaient retirés dans la ville. Il fait fermer toutes les portes, excepté celles du port, donne des vaisseaux à ceux qui en manquent et veille à ce que tout se fasse avec ordre.

Il préfèrera se donner la mort plutôt que de se soumettre à César. Après le bain, il soupa en compagnie nombreuse, et quand il eut congédié ses convives, il se retira et lut dans son lit le dialogue de Platon sur l'immortalité de l'âme. Il s'interrompit après quelques pages pour chercher son épée; ne la trouvant pas, il appela ses esclaves pour la leur demander et frappa un d'eux si violemment que sa main en fut ensanglantée. Son fils entra fondant en larmes avec ses amis. Caton lui dit d'un ton sévère: "Tu m'enlèves mes armes pour me livrer sans défense : que ne me fais-tu lier aussi les mains derrière le dos? Ai-je besoin d'un glaive pour m'ôter la vie ?" On lui envoya son épée par un enfant : "Maintenant je suis mon maître," dit-il. Alors il reprit le Phédon, le relut deux fois en entier, et s'endormit d'un profond sommeil.

Comme les oiseaux commençaient à chanter, dit son biographe, il se réveilla, prit son épée, et se l'enfonça au-dessous de la poitrine. En luttant contre la douleur, il tomba de son lit. A ce bruit, on accourut, ses entrailles lui sortaient du corps, et il regardait fixement. La blessure cependant n'était pas mortelle. Un médecin la banda; mais, dès qu'il eut repris ses sens, il arracha l'appareil, rouvrit la plaie et expira sur-le-champ. "Oh! Caton", s'écria César en apprenant cette fin, "tu m'as envié la gloire de te sauver la vie."