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  Constantin X Ducas ou Dukas, Romain IV, Michel VII Doukas, Nicéphore III Botaniatès

24 novembre 1059-22 mai 1067 (Constantin X Ducas ou Dukas)

1er janvier 1068-24 octobre 1071 (Romain IV)

1059- 24 mars 1078 (Michel VII Doukas)

24 mars 1078-4 avril 1081 (Nicéphore III Botaniatès)


Sources historiques : Edward Gibbon




25 décembre 1059

Constantin X Ducas ou Dukas

Si Constantin XI fut en effet l'homme qui mérita Constantin le mieux de monter sur le trône, il faut plaindre la dégénération de son siècle et de sa nation. Occupé à composer les déclamations puériles qui ne lui purent obtenir la couronne de l'éloquence, à ses yeux plus précieuse que celle de Rome, livré aux fonctions subalternes de juge, il oublia les devoirs d'un souverain et d'un guerrier. Loin d'imiter l'indifférence patriotique des auteurs de son élévation Ducas ne parut occupé que du soin d'assurer aux dépens de la république le pouvoir et la fortune de ses enfants. Michel VII, Andronic Ier et Constantin XII, ses trois fils, obtinrent en bas âge le titre d'Auguste; la mort de leur père, qui arriva bientôt après leur laissa l'empire à partager.

mai 1067

Eudoxie

En mourant, il confia l'administration de l'Etat à Eudoxie sa femme; mais l'expérience lui avait appris qu'il devait protéger ses fils contre les dangers d'un second mariage : Eudoxie promit de ne pas se remarier; et cet engagement solennel, attesté par les principaux sénateurs, fut déposé entre les mains du patriarche. Sept mois n'étaient pas écoulés, lorsque les besoins d'Eudoxie ou ceux de l'Etat parlèrent fortement en faveur des vertus d'un soldat : son coeur avait déjà choisi Romain Diogène, qu'elle fit passer de l'échafaud sur le trône. La découverte d'un complot criminel l'exposait à toute la rigueur des lois : sa beauté et sa valeur le justifièrent aux yeux de l'impératrice; elle le condamna d'abord à un exil peu fâcheux, et le second jour elle le rappela pour le mettre à la tête des armées de l'Orient. Le public ne savait pas alors qu'elle lui destinait la couronne; et un de ses émissaires sut profiter de l'ambition du patriarche Xiphilin, pour tirer de ses mains l'écrit qui aurait dévoilé à tous les yeux la mauvaise foi et la légèreté de l'impératrice. Xiphilin réclama d'abord la sainteté des serments et le respect sacré qu'on doit aux dépôts; mais on lui fit entendre que c'était son frère dont Eudoxie voulait faire un empereur; alors ses scrupules se relâchèrent, et il avoua que la sûreté publique était la suprême loi : il rendit l'écrit important; et quand la nomination de Romain eut renversé ses espérances, il ne pouvait plus ni rentrer en possession du papier qui le mettait en sûreté, ni rétracter ce qu'il avait dit, ni s'opposer au second mariage de l'impératrice.

Août 1067

Romain IV Diogène

Toutefois des murmures se faisaient entendre dans le palais; les Barbares qui le gardaient agitaient leurs haches en faveur de la maison de Ducas, et ils ne se montrèrent paisibles qu'au moment où les jeunes princes furent apaisés par les larmes d'Eudoxie, et les assurances solennelles qu'ils reçurent de la fidélité de leur tuteur, qui soutint avec honneur et dignité le titre d'empereur. L'infructueuse valeur qu'il opposa aux progrès des Turcs. Sa défaite et sa captivité causèrent une blessure mortelle à la monarchie de Byzance; et, remis en liberté par le sultan, il ne retrouva ni sa femme ni ses sujets.

Aoît 1071

Michel VII Doukas

Michel VII Doukas
Michel VII Doukas

Eudoxie avait été reléguée dans un monastère, et les sujets de Romain avaient adopté cette rigoureuse maxime de loi civile, qu'un homme au pouvoir de l'ennemi est privé des droits publics et particuliers de citoyen, comme s'il était frappé de mort. Au milieu de la consternation générale, le César Jean fit valoir l'inviolable droit de ses trois neveux : Constantinople l'écouta, et Romain, alors entre les mains des Turcs, fut déclaré ennemi de la république, et reçu comme tel aux frontières. Il ne fut pas plus heureux contre ses sujets qu'il ne l'avait été contre les étrangers : la perte de deux batailles le détermina à céder le trône, sur la promesse d'un traitement honorable; mais ses ennemis, dépourvus de bonne foi et d'humanité, le privèrent de la vue; et, ne daignant pas même étancher le sang qui coulait de ses plaies, ils le laissèrent s'y corrompre; en sorte qu'il fut bientôt délivré des misères de la vie. Sous le triple règne de la maison de Ducas, les deux frères cadets furent réduits aux vains honneurs de la pourpre : l'aîné, le pusillanime Michel, était incapable de soutenir le sceptre de l'empire; et son surnom de Parapinace annonça le reproche qu'on lui faisait, et qu'il partageait avec un de ses avides favoris, d'avoir augmenté le prix du blé et d'en avoir diminué la mesure. Le fils d'Eudoxie fit dans l'école de Psellus, et d'après l'exemple de sa mère, quelques progrès dans l'étude de la philosophie et de la rhétorique; mais son caractère fut dégradé plutôt qu'ennobli par les vertus d'un moine et le savoir d'un sophiste. Deux généraux, encouragés par le mépris que leur inspirait l'empereur et la bonne opinion qu'ils avaient d'eux-mêmes, se trouvant à la tête des légions de l'Europe et de l'Asie, prirent la pourpre à Andrinople et à Nicée; ils se révoltèrent dans le même mois; ils portaient le même nom de Nicéphore, mais on les distinguait par les surnoms de Bryennius et de Botaniate. Le premier était alors dans toute la maturité de la sagesse et du courage; le second n'était recommandable que par des exploits passés. Tandis que Botaniate s'avançait avec circonspection et avec lenteur, son compétiteur, plus actif, était en armes devant les murs de Constantinople, Bryennius avait de la réputation et la faveur du peuple; mais il ne put empêcher ses troupes de piller et de brûler un faubourg; et le peuple, qui aurait accueilli le rebelle, repoussa l'incendiaire de son pays. Cette révolution dans l'opinion publique fut favorable à Botaniate qui enfin, à la tête d'une armée de Turcs, s'approcha des rivages de Chalcédoine. Le patriarche, le synode et le sénat firent publier, dans les rues de Constantinople, une invitation à tous les citoyens de la capitale, de se réunir dans l'Eglise de Sainte-Sophie; et, dans cette assemblée générale, on délibéra tranquillement et sans désordre sur le choix d'un empereur. Les gardes de Michel auraient pu disperser cette multitude désarmée; mais ce faible prince, s'applaudissant de sa modération et de sa clémence, déposa les signes de la royauté, en dédommagement desquels on lui donna l'habit de moine et le titre d'archevêque d'Ephèse. Constantin son fils, naquit et fut élevé dans la pourpre; et une fille de la maison de Ducas illustra le sang et affermit le trône dans la famille des Comnène.

25 mars 1078

Nicéphore III Botaniatès ou Botaniate

Nicéphore et Marie d'Alanie
Nicéphore
et Marie d'Alanie

Jean Comnène, frère de l'empereur Isaac, après le refus généreux qu'il avait fait de la couronne, avait passé le reste de ses jours dans un honorable repos. Il laissait huit enfants d'Anne, son épouse, femme d'un courage et d'une habileté supérieure à son sexe. Trois filles multiplièrent les alliances des Comnène avec les plus nobles d'entre les Grecs. L'aîné ses cinq fils, Manuel, fut enlevé par une mort prématurée; Isaac et Alexis parvinrent à l'empire, et rétablirent la grandeur impériale de leur maison; Adrien, et Nicéphore, les plus jeunes, en jouirent sans peine et sans danger. Alexis, le troisième et le plus distingué des cinq, avait été doué, par la nature, des plus précieuses qualités du corps et de l'esprit : développées par une éducation libérale, elles avaient été exercées ensuite dans l'école de l'obéissance et de l'adversité. L'empereur romain, par un soin paternel ne voulût pas lui permettre de s'exposer dans la guerre des Turcs; mais la mère des Comnène fut enveloppée avec toute son ambitieuse famille dans une accusation de crime de lèse-majesté, et reléguée, par les fils de Ducas dans une île de la Propontide. Les deux frères en sortirent bientôt pour se distinguer et arriver à la faveur. Ils combattirent, sans se quitter, les rebelles et les Barbares; et demeurèrent attachés à l'empereur Michel, jusqu'à l'époque où il fut abandonné de tout le monde et de lui-même. Dans sa première entrevue avec Botaniate : Prince, lui dit Alexis avec une noble candeur, mon devoir m'avait rendu votre ennemi, les décrets de Dieu et ceux du peuple, m'ont fait votre sujet, jugez de ma fidélité à venir par mon opposition passée. Honoré de l'estime et de la confiance du successeur de Michel, il employa sa valeur contre trois rebelles qui troublaient la paix de l'empire, ou du moins celle des empereurs. Ursel, Bryennius et Basilacius, redoutables par leurs nombreuses troupes et leur réputation militaire, furent vaincus successivement, et amenés au pied du trône chargés de chaînes; et, quelle que soit la manière dont ils furent traité par une cour timide et cruelle, ils applaudirent à la clémence et au courage de leur vainqueur. Cependant la crainte et le soupçon s'attachèrent bientôt à la fidélité des Comnène, et il n'est pas facile de régler entre un sujet et un despote la dette de reconnaissance que le premier est prêt à réclamer par une révolte; et dont le second est tenté de se débarrasser au moyen d'un bourreau. Alexis ayant refusé de marcher contre un quatrième rebelle, mari de sa soeur, ce refus effaça le mérite ou même le souvenir de ses services. Les favoris de Botaniate provoquèrent par leurs accusations l'ambition qu'ils redoutaient, et la retraite des deux frères put avoir pour excuse la nécessité de défendre leur vie et leur liberté. Les femmes de cette famille furent placées dans un asile respecté par les tyrans; les hommes montèrent à cheval, sortirent de la ville et arborèrent l'étendard de la révolte. Les soldats, qui s'étaient rassemblés peu à peu dans la capitale et les environs, étaient dévoués à la cause d'un chef victorieux et outragé: des intérêts communs et des alliances lui attachaient la maison de Ducas. Les deux Comnène se renvoyaient mutuellement le trône; et cette dispute généreuse se termina par la résolution d'Isaac, qui revêtit son frère cadet du nom et des emblèmes de la royauté. Ils revinrent sous les murs de Constantinople, pour menacer plutôt que pour assiéger cette ville imprenable; mais ils corrompirent la fidélité des gardes, et surprirent une porte, tandis que la flotte était occupée à se défendre contre l'actif et courageux George Paléologue, qui dans cette occasion combattait son père, sans songer qu'il travaillait pour sa postérité. Alexis monta sur le trône, et son vieux compétiteur fut enseveli dans l'ombre d'un monastère. Une armée composée de soldats de diverses nations obtint le pillage de la ville; mais ces désordres publics furent expiés par les larmes et les jeûnes des Comnène, qui se soumirent à toutes les pénitences compatibles avec la possession de l'empire.

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