Carin et Numérien  

août 283 - mars 285

août 283

Carin et Numérien empereurs

Carin
Carin

La mort de Carus ne produisit aucun trouble. L'ambition des généraux qui auraient voulu s'emparé de la pourpre, était contenue par leurs craintes respectives. Le jeune Numérien et son frère Carin, alors absent, furent universellement reconnus. Les Romains espéraient que le successeur de Carus marcherait sur les traces de son père, et, que, sans laisser aux Perses le temps de revenir de leur consternation, il porterait le fer et le feu dans les palais de Suze et d'Ecbatane; mais les légions, si redoutables par leur nombre et par leur discipline, ne purent résister aux viles terreurs de la superstition. Malgré tous les artifices que l'on employa pour déguiser les circonstances de la mort du dernier empereur, il ne fut pas possible de détruire l'opinion de la multitude, et la force de l'opinion est irrésistible. Les lieux et les personnes frappés de la foudre paraissent singulièrement dévoués à la colère du ciel (Voyez Festus et ses commentateurs sur le mot scribonianum. Les lieux frappés de la foudre étaient entourés d'un mur, les choses étaient enterrées avec des cérémonies mystérieuses); les anciens ne les regardaient qu'avec une pieuse horreur. On parla d'un oracle qui désignait le Tigre comme la borne fatale des armes romaines. Les groupes, effrayés du sort de Carus et de leurs propres dangers, sommèrent hautement le jeune Numérien, d'obéir à la volonté des dieux, et de les tirer d'un pays où elles ne pouvaient combattre que sous les plus malheureux auspices. Le faible empereur se laissa entraîner par leurs préjugés, et les Perses ne purent voir sans étonnement la retraite subite d'un ennemi victorieux.

284-285

Carin

On apprit bientôt à Rome la mort mystérieuse de l'empereur. Le sénat et les provinces se félicitèrent de l'avènement des fils de Carus. Ces jeunes princes cependant n'avaient pas ce sentiment d'une supériorité de naissance ou de mérite, qui seule peut rendre la possession d'un trône facile et presque naturelle. Nés dans une condition privée, ils avaient reçu l'éducation de leur état, lorsque l'élection de leur père les appela tout à coup au rang de princes; sa mort, qui arriva seize mois après environ, leur assura l'héritage inattendu d'un empire immense. Pour soutenir avec modération une fortune si rapide, il eût fallu une prudence et une vertu extraordinaires, qualités dont Carin, l'aîné des deux frères, était entièrement dépourvu. Il avait montré quelque courage dans la guerre de la Gaule; mais, dès qu'il fut arrivé à Rome, il s'abandonna, sans aucune retenue, au luxe de la ville et à l'abus de l'autorité. Il était faible et cependant cruel, livré aux plaisirs, mais dénué de goût; et, quoique singulièrement susceptible de vanité, il paraissait insensible à l'estime publique. Dans le cours de quelques mois il épousa et répudia successivement neuf femmes qu'il laissa pour la plupart enceintes; et, malgré tant d'engagements légitimes si souvent rompus, il trouvait le temps de satisfaire une foule d'autres passions qui le couvraient d'opprobre, et déshonoraient les premières familles de l'Etat. Rempli d'une haine implacable contre tous ceux qui pouvaient se rappeler son ancienne obscurité, ou désapprouver sa conduite présente, il eut la bassesse de persécuter les compagnons de son enfance qui n'avaient pas assez respecté la majesté future de l'empereur; et les sages conseillers que son père avait placés auprès de lui pour guider sa jeunesse sans expérience, furent condamnés à l'exil ou au dernier supplice. Carin traitait les sénateurs avec fierté; il affectait de leur parler en maître, et il leur disait souvent qu'il avait intention de distribuer leurs biens à la population de Rome. Ce fut d'entre les derniers de cette population qu'il tira ses favoris et ses ministres. On voyait dans le palais, à la table même du prince, des chanteurs, des danseurs, des courtisanes, et tout le cortège du vice et de la folie. Un huissier1 obtint le gouvernement de la ville à la place du préfet du prétoire, qui fut mis à mort, Carin substitua l'un des ministres de ses plaisirs les plus dissolus. Un autre, qui avait les mêmes droits à sa faveur, ou qui l'avait obtenue par un moyen encore plus infime, reçut les honneurs du consulat. Enfin, un secrétaire de confiance, très habile dans l'art de contrefaire les écritures, fût chargé par l'indolent empereur de le délivrer du devoir pénible de signer son nom.

Lorsque Carus avait entrepris la guerre de Perse, la politique et sa tendresse pour sa famille, dont il voulait assurer la fortune, l'avaient engagé à laisser entre les mains de l'aîné de ses fils, les armées et les provinces de l'Occident. La nouvelle qu'il reçut bientôt de la conduite de Carin lui causa les regrets les plus vifs. Pénétré de douleur et de honte, le vieil empereur ne cacha pas la résolution où il était de satisfaire la république par un acte sévère de justice, d'éloigner du trône un fils indigne qui en dégradait la majesté, et d'adopter le brave et vertueux Constance, alors gouverneur de la Dalmatie2. Mais l'élévation de cet illustre général fut différée pour quelque temps; et dès que Carin se trouva débarrassé, par la mort de son père, du frein de la crainte ou de la décence, Rome gémit sous la tyrannie d'un monarque qui joignait à la folie d'Elagabale la cruauté de Domitien.

1. Cancellarius. Ce mot, si humble dans son origine est devenu, par un hasard singulier, le titre de la première place de l'Etat dans les monarchies de l'Europe. Voyez Casaubon et Saumaise, ad Hist. Aug., p. 253.

2. Vopiscus, Hist. Auguste, p. 253-254; Eutrope, IX, 19; Victor le jeune. A la vérité, le règne de Dioclétien frit si long et si florissant, qu'il a dû nuire beaucoup à la réputation de Carin.



284

Carin célèbre des Jeux à Rome

Le seul mérite que l'histoire ou la poésie ait remarqué dans l'administration de Carin, fut la splendeur extraordinaire avec laquelle, en son nom et au nom de son frère, il célébra les jeux du cirque et de l'amphithéâtre. Plus de vingt ans après, lorsque les courtisans de Dioclétien lui représentaient la gloire et l'affection des peuples que son prédécesseur avait acquises par sa munificence, ce prince économe convenait que le règne de Carin avait été en effet un règne de plaisir (Vopiscus, Hist. Auguste, p. 254. Il l'appelle Carus, mais le sens paraît d'une manière assez claire : d'ailleurs les noms du père et du fils étaient souvent confondus). Au reste, cette vaine prodigalité, que pouvait dédaigner la prudence de Dioclétien, excita la surprise et les transports du peuple. Les vieillards, se rappelant la pompe triomphale de Probus, celle d'Aurélien et les jeux séculaires de l'empereur Philippe, avouaient que ces fêtes brillantes étaient toutes surpassées par la magnificence du fils de Carus.

On peut se former une idée des spectacles de Carin, en considérant quelques particularités que l'on trouve dans l'histoire concernant les jeux donnés par ses prédécesseurs. Si nous nous bornons aux chasses de bêtes sauvages, quelque blâmable que nous paraisse la vanité du dessin, ou la cruauté de l'exécution, nous serons forcés de l'avouer, jamais, avant ni depuis les Romains, l'art n'a fait des efforts si prodigieux; jamais on n'a dépensé des sommes si excessives pour l'amusement du peuple. Sous le règne de Probus, de grands arbres transplantés au milieu du cirque, avec leurs racines, formèrent une vaste forêt, qui fut tout à coup remplie de mille autruches, de mille daims, de mille cerfs et de mille sangliers, et tout ce gibier fut abandonné à l'impétuosité tumultueuse de la multitude. La tragédie du jour suivant consista dans un massacre de cent lions, d'autant de lionnes, de deux cents léopards, et de trois cents ours. Les animaux que le jeune Gordien avait destinés à son triomphe, et qui parurent aux jeux séculaires de son successeur, étaient moins remarquables par le nombre que par la singularité. Vingt zèbres déployèrent aux yeux du peuple romain leurs formes élégantes et la beauté de leur robe, brillante de différentes couleurs1. Dix élans et autant de girafes, les plus doux et les plus grands des animaux qui errent dans les plaines de la Sarmatie et dans celles de l'Ethiopie, contrastaient avec trente hyènes d'Afrique, et dix tigres de l'Inde, les créatures les plus féroces de la zone torride. La force peu dangereuse dont la nature a doué les plus grands des quadrupèdes, fut admirée dans le rhinocéros, dans l'hippopotame du Nil2, et dans une troupe majestueuse de trente-deux éléphants3. Tandis que la population contemplait avec une surprise stupide ce magnifique spectacle, le naturaliste pouvait observer la figure, et les caractères de tant d'espèces différentes, transportées de toutes les parties de l'ancien continent dans l'amphithéâtre de Rome. Mais cet avantage passager que la science tirait de la folie, ne saurait certainement justifier un emploi si extravagant des richesses de l'Etat. On trouve pourtant dans l'histoire romaine une occasion, unique à la vérité, où le sénat de Rome lia prudemment les jeux de la multitude avec les intérêts de la république; ce fut pendant la première guerre punique. Un petit nombre d'esclaves, qui n'avaient pour armes que des javelines émoussées (Pline, Hist. nat., VIII, 6.), donna la chasse, au milieu du cirque, à une troupe considérable d'éléphants pris sur les Carthaginois. Ce divertissement utile servit à inspirer au soldat romain un juste mépris pour ces masses énormes, qu'il ne craignit bientôt plus de rencontrer sur le champ de bataille.

La chasse ou l'exposition des bêtes sauvages se faisait avec une magnificence digne d'un peuple qui s'appelait le maître de l'univers; les édifices destinés à ces amusements ne répondaient pas moins à la grandeur romaine. La postérité admire et admirera longtemps les débris majestueux de l'amphithéâtre de Titus, qui méritait bien le nom de colossal (Colisée). C'était un bâtiment de forme elliptique, long de cinq cent soixante-quatre pieds, large de quatre cent soixante-sept, appuyé sur quatre-vingts arches, et s'élevant par quatre ordres d'architecture à la hauteur de cent quarante pieds4. L'extérieur était revêtu de marbre, et décoré de statues. Dans le contour de la vaste enceinte qui formait l'intérieur, on avait disposé soixante ou quatre-vingts rangs de sièges, aussi de marbre, couverts de coussins, et capables de recevoir commodément plus de quatre-vingt mille spectateurs5. La multitude arrivait en foule par soixante quatre entrées (en latin vomitoria, nom propre à désigner de pareilles portes). Les issues, les passages, les escaliers, avaient été si habilement construits, que chaque personne, sénateur, chevalier ou plébéien, se rendait sans contusion à la place qui lui était destinée; on m'avait rien omis de ce qui pouvait contribuer au plaisir ou à la commodité des spectateurs. Une vaste tente, déployée sur leur tête lorsque le temps l'exigeait, les garantissait du soleil et de la pluie. Le jeu des fontaines rafraîchissait continuellement l'air imprégné du parfum délicieux des aromates. Dans le centre de l'édifice, l'arène ou théâtre, parsemée du sable le plus fin, prenait successivement les formes les plus variées. Tantôt elle semblait s'élever de terre comme le jardin des Hespérides : elle présentait ensuite les cavernes et les rochers de la Thrace; des canaux souterrains fournissaient une source d'eau inépuisable; et ce qui venait de paraître une plaine unie, pouvait être tout à coup changé en un lac couvert de vaisseaux armés, et rempli des monstres de la mer6.

Les empereurs romains déployèrent leurs richesses et leur libéralité pour embellir ces magnifiques scènes. Nous lisons qu'en plusieurs occasions toutes les décorations de l'amphithéâtre furent d'or, d'argent ou d'ambre (Pline). Selon le poète qui décrit les jeux de Carin, sous le nom d'un berger attiré dans la capitale par leur magnificence; les filets destinés à défendre le peuple contre les bêtes sauvages étaient de fils d'or; les portiques avaient été dorés, et une précieuse mosaïque (Calph., VII), composée de pierres d'une grande beauté, enrichissait les degrés de l'amphithéâtre, qui servaient à séparer les rangs des spectateurs.

1. On leur donna le nom d'onagri; mais le nombre est trop petit pour qu'il ne soit question que d'ânes sauvages. Cuper (de Elephantis exercitat., II, 7) a prouvé, d'après Oppien, Dion et un Grec anonyme, que l'on avait vu des zèbres à Rome. Ces animaux venaient de quelque île de l'Océan, peut-être de Madagascar.

2. Carin donna un hippopotame (Voyez Calphurnius, eclog., VII, 66). Auguste avait autrefois exposé trente-six crocodiles; je ne vois pas qu'il en ait paru dans les spectacles donnés depuis ce prince. Dion Cassius, LV, p. 781.

3. Capilotin, Hist. Auguste, p. 164-165. Nous ne connaissons pas les animaux qu'il appelle archeleontes; quelques-uns disent argolcontes, d'autres agrioleontes. Ces deux corrections sont ridicules.

4. Maffei, l. II, c. 2. La hauteur a été beaucoup trop exagérée par les anciens. Elle touchait presque les cieux, selon Calphurnius (eclog., VII, 23), et elle surpassait la portée de la vue de l'homme, selon Ammien Marcellin (XVI, 10). Mais que cette hauteur était peu considérable, si on la compare avec celle de la grande pyramide d'Egypte, qui s'élevait à cinq cents pieds en ligne perpendiculaire !

5. Selon les différentes copies de Victor, nous lisons soixante-dix-sept mille ou quatre-vingt-sept mille spectateurs; mais Maffei (l. III, c. 12) ne trouve place sur les sièges découverts que pour trente-quatre mille; le reste se tenait dans les galeries couvertes du haut.

6. Calphurnius, eclog., VII, 64, 73. Ces vers sont curieux, et toute l'églogue a été d'un très grand secours à Maffei. Calphurnius et Martial (voyez son premier livre) étaient poètes; mais lorsqu'ils ont décrit l'amphithéâtre, ils ont peint ce qu'ils voyaient, et ils voulaient parler aux sens des Romains.

12 septembre 284

Retour de Numérien avec l'armée de Perse

Numérien
Numérien

Au milieu de cette pompe éclatante (12 septembre 284), Carin, assuré de sa fortune, jouissait des acclamations du peuple et de la flatterie des courtisans. Il écoutait avec transport les chants des poètes qui se trouvaient réduits à célébrer, au défaut d'un mérite plus essentiel, les grâces divines de sa personne. Dans le même moment, mais à huit cents milles de Rome, son frère rendait les derniers soupirs, et une révolution soudaine faisait passer entre les mains d'un étranger le sceptre de la maison de Carus.

Les fils de Carus ne se virent pas depuis la mort de leur père. Les arrangements qu'exigeait leur nouvelle situation, avaient probablement été différés jusqu'au retour de Numérien dans la capitale, où l'on avait décerné aux jeunes princes les honneurs du triomphe pour le glorieux succès de la guerre de Perse. On ne sait s'ils avaient le projet de diviser entre eux l'administration ou les provinces de l'empire; mais il est vraisemblable que leur union n'eût pas été de longue durée. La jalousie du pouvoir aurait été enflammée par l'opposition des caractères. Dans le plus corrompu des siècles, Carin était indigne de vivre, Numérien méritait de régner dans des temps plus heureux. Ses manières affables et ses vertus aimables, lui assurèrent, dès qu'elles furent connues, l'estime et l'affection du public; il possédait les qualités brillantes de poète et d'orateur, qui honorent et embellissent l'état le plus humble comme le plus élevé. Cependant, quoique son éloquence eût reçu les applaudissements du sénat, il avait moins pris pour modèle Cicéron que de modernes déclamateurs. Mais dans un siècle dont le mérite poétique n'est pas à dédaigner, il disputa le prix aux plus célèbres de ses contemporains; et il resta toujours l'ami de ses rivaux ce qui montre évidemment la bonté de son coeur ou la supériorité de son génie1. Mais les talents de Numérien le portaient à la contemplation; la nature ne l'avait pas formé pour une vie active. Lorsque la grandeur soudaine de sa maison le força, malgré lui, de s'arracher aux charmes de la retraite, ni son caractère ni ses études ne l'avaient rendu propre au commandement des armées. Les fatigues de la guerre de Perse, détruisirent sa constitution; et ses yeux, incapables de soutenir la chaleur du climat2, avaient contracté une faiblesse qui l'obligea, pendant une longue marche, de se renfermer dans la solitude et dans l'obscurité d'une tente ou d'une litière. L'administration de toutes les affaires, tant militaires que civiles, fut remise au préfet du prétoire, Arius Aper, qui a l'importance de sa dignité ajoutait l'honneur d'avoir Numérien pour gendre : cet officier avait confié la garde du pavillon impérial aux plus dévoués de ses partisans; et ce fut lui qui, pendant plusieurs jours, communiqua aux troupes les ordres supposés de leur invisible souverain (dans la guerre de Perse, Aper fut soupçonné d'avoir eu le projet de trahir Carus. Hist. Auguste, p. 250.).

1. Il gagna toutes les couronnes sur Némésien, son rival, dans la poésie didactique. Le sénat éleva une statue au fils de Carus, avec une inscription très équivoque : Au plus puissant des orateurs. Voyez Vopiscus, Hist. Auguste, p. 251.

2. Cause plus naturelle au moins que celle dont parle Vopiscus (Hist. Auguste, p. 251). Cet historien attribue la faiblesse de ses yeux aux pleurs qu'il ne cessa de verser sur la mort de son père.

novembre 284

Mort de Numérien

L'armée romaine avait quitté les bords du Tigre dès que Carus avait eu les yeux fermés : elle n'arriva qu'après huit mois d'une marche lente sur les rives du Bosphore de Thrace. Les légions s'arrêtèrent à Chalcédoine en Asie, tandis que la cour passait à Héraclée, ville d'Europe, baignée par la Propontide. Tout à coup on parle de la mort de l'empereur, et de la présomption d'un ministre ambitieux, qui continuait à exercer le pouvoir souverain au nom d'un prince qui n'était plus. Ces bruits se répandirent d'abord secrètement; bientôt ils éclatèrent dans tout le camp. L'impatience des soldats ne leur permet pas de rester plus longtemps incertains. Entraînés par la curiosité, ils forcent la tente impériale, où ils n'aperçoivent que le cadavre de Numérien1. L'affaiblissement graduel de sa santé aurait pu les porter à croire que sa mort était naturelle; mais le soin que l'on avait pris de la cacher parut une preuve du crime, et les mesures d'Aper pour assurer son élection devinrent la cause immédiate de sa ruine. Cependant, même dans les transports de leur rage et de leur douleur, les troupes observèrent un ordre qui montre combien la discipline avait été fermement rétablie par les belliqueux successeurs de Gallien. L'armée tint à Chalcédoine une assemblée générale, où le préfet du prétoire fut amené chargé de fers comme un criminel. Un tribunal vide fut placé au milieu du camp, et les généraux formèrent, avec les tribuns un grand conseil militaire.

1. Hist. Auguste, p. 251; Eutrope, IX, 18; saint Jérôme, in Chron. Selon ces judicieux écrivains, la mort de Numérien fut découverte par l'infection de son cadavre. Ne pouvait-on pas trouver d'aromates dans la maison de l'empereur ?

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