Flavius Anicius Olybrius  

23 mars/11 juillet 472 -
23 octobre/2 novembre 472

23 mars 472

Olybrius empereur d'Occident

Olybrius
Olybrius

Olybrius, sénateur de la famille Anicienne, pouvait se regarder comme l'héritier légitime de l'empire d'Occident. Il avait épousé Placidie la plus jeune des filles de Valentinien après son retour d'Afrique, où Genseric retenait encore sa soeur Eudoxie, femme ou plutôt esclave de son fils Hunneric. Le roi des Vandales appuya de ses menaces et de ses sollicitations les droits légitimes de son allié, et allégua pour motif de la guerre le refus que le peuple et le sénat romain faisaient de reconnaître leur prince légitime, et la préférence qu'ils avaient injustement donnée à un étranger. La protection de l'ennemi public augmentait sans doute l'aversion des Italiens pour Olybrius; mais en méditant la ruine d'Anthemius, Ricimer avait voulu tenter, par l'offre du diadème, un candidat dont le nom illustre et l'alliance auguste pussent pallier la perfidie de sa révolte. Le mari de Placidie, élevé à la dignité consulaire comme la plupart de ses ancêtres, aurait pu jouir paisiblement de son opulence à Constantinople; et il ne semble pas que son génie ait été assez vaste ou assez actif pour ne pouvoir être suffisamment occupé que par l'administration d'un empire. Cependant Olybrius, cédant aux sollicitations de ses amis, peut-être aux importunités de sa femme, se précipita inconsidérément dans les dangers d'une guerre civile, et accepta, avec l'approbation secrète de l'empereur Léon, le sceptre de l'Italie, qu'un Barbare donnait et reprenait au gré de son caprice. Genseric, maître de la mer, fit débarquer sans obstacle le mari de Placidie à Ravenne ou au port d'Ostie, et le futur empereur se rendit au camp de Ricimer, où il fut reçu comme le monarque de l'Occident1.

1. La durée du règne d'Olybrius fixe la date de son arrivée, quoi qu'en puisse dire Pagi. Théophane et la Chronique de Paschal conviennent du consentement de l'empereur Léon. Nous ignorons quels étaient ses motifs, et notre ignorance s'étend jusque sur les faits les plus publics et les plus intéressants de ces temps obscurs.

11 juillet 472

Mort d'Anthemius

Le patrice, qui avait étendu ses postes depuis l'Anio jusqu'au pont Milvius, était déjà le maître de deux quartiers de Rome, du Janicule et du Vatican, que le Tibre sépare du reste de la ville1; et l'on peut conjecturer qu'une assemblée d'un petit nombre de sénateurs scissionnaires proclama Olybrius, en imitant les formes ordinaires de la république; mais le peuple et le corps du sénat restèrent fidèles à Anthemius; et le secours d'une armée de Visigoths prolongea durant trois mois son règne et les calamités d'un siège accompagné de la famine et de la peste. Enfin Ricimer fit attaquer victorieusement le pont d'Adrien (Hadrien) ou de Saint-Ange, et les Goths défendirent avec intrépidité cet étroit passage jusqu'à la mort de leur chef Gilimer; mais les troupes victorieuses, renversant tous les obstacles, se précipitèrent, avec une impétuosité irrésistible, jusque dans le coeur de la ville, et Rome (si nous pouvons employer les expressions d'un pape contemporain) fut bouleversée par les fureurs mutuelles de Ricimer et d'Anthemius. On arracha le malheureux empereur de sa retraite; le patrice fit immoler inhumainement son beau-père, et ajouta par sa mort un troisième ou peut-être un quatrième empereur au nombre de ses victimes. Les soldats, qui réunissaient les fureurs des citoyens factieux à la férocité des nations barbares, se rassasièrent impunément de meurtres et de pillage. La foule d'esclaves et de plébéiens qui ne prenaient pas d'intérêt à l'événement ne pouvaient que gagner au désordre; le tumulte de Rome présentait l'étrange contraste d'une cruauté réfléchie et d'une licence effrénée.

1. Des quatorze quartiers dont Rome était composée, du temps d'Auguste, d'après la division que ce prince en avait faite; il n'y en avait qu'un sur le côté toscan du Tibre, et c'était le Janicule; mais, dans le cinquième siècle, le faubourg du Vatican formait une partie considérable de la ville; et dans la distribution ecclésiastique nouvellement faite par Simplicius, le pape régnant, deux des sept paroisses de Rome dépendirent de l'église de Saint-Pierre. (Voyez Nardini, Roma antica, p. 67.).

20 août 472

Mort de Ricimer

Quarante jours après cet événement funeste, où le crime s'était montré sans mélange de gloire, une maladie douloureuse délivra l'Italie du tyran Ricimer, qui légua le commandement de son armée à son neveu Gundobald, un des princes bourguignons.

23 octobre 472

Mort d'Olybrius

Dans la même année, tous les principaux acteurs de cette révolution disparurent de la scène et le règne d'Olybrius dont la mort paraît avoir été naturelle se trouve renfermé dans le cours de sept mois. Il laissa une fille de son mariage avec Placidie; et la famille du grand Théodose, transplantée d'Espagne à Constantinople, se propagea, du côté maternel, jusqu'à la huitième génération1.

1. Voyez Ducange, Fam. byzant., p. 74, 75. Aréobinde, qui paraît avoir épousé la nièce de l'empereur Justinien, était le huitième descendant de Théodose Ier.

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