Marcien  

450 - janvier 457

25 août 450

Marcien empereur

Marcien
Marcien

Elle donna sa main à Marcien, sénateur âgé d'environ soixante ans, et avec le nom de son mari, il reçut le don de la pourpre impériale. Le zèle de Marcien pour la foi orthodoxe telle qu'elle était établie par le concile de Chalcédoine, aurait suffi pour enflammer la reconnaissance, et obtenir les applaudissements des catholiques; mais la conduite de sa vie privée et celle qu'il tint ensuite sur le trône, font présumer qu'il possédait le courage et le génie nécessaires pour ranimer un empire presque anéanti par la faiblesse successive de ses monarques héréditaires. Né dans la Thrace, et élevé dans la profession des armes, Marcien avait éprouvé dans sa jeunesse les maux cuisants de l'infortune et de la pauvreté; et toutes ses ressources, en arrivant à Constantinople, consistaient en deux cents pièces d'or que lui avait prêtées un ami. Il passa dix-neuf ans au service domestique et militaire d'Aspar et de son fils Ardaburius, suivit des généraux puissants dans les guerres de Perse et d'Afrique, et obtint par leur protection l'honorable rang de tribun et de sénateur. Son mérite le fit estimer de ses patrons, et la modestie de son caractère le mit à l'abri de leur jalousie. Il avait vu, et peut-être senti personnellement les abus d'une administration vénale et oppressive; et son propre exemple donna du poids et de l'énergie aux lois qu'il promulgua pour la réforme des moeurs.

450

Attila menace les deux empires

L'empereur Marcien pensait qu'il fallait éviter la guerre, lorsqu'on pouvait conserver honorablement une paix solide; mais il pensait aussi que la paix ne pouvait être ni solide ni honorable quand un souverain montrait pour la guerre une aversion pusillanime. Telles étaient les maximes qui dictèrent sa réponse au roi des Huns, lorsqu'il demanda insolemment le paiement du tribut annuel. L'empereur signifia aux Barbares qu'ils eussent à cesser d'insulter la majesté de l'empire par le nom de tribut; qu'il était disposé à récompenser avec libéralité la fidélité de ses alliés; mais que s'ils osaient troubler la paix de ses Etats, ils apprendraient que ses soldats ne manquaient ni de fer ni de courage pour les repousser. Apollonios, son ambassadeur, osa même dans le camp des Huns, tenir le même langage; et en refusant de remettre les présents avant d'avoir été admis à l'audience du monarque, il montra un sentiment de dignité, et un mépris du danger qu'Attila ne croyait plus devoir attendre des Romains dégénérés. Le fougueux Barbare menaça de châtier le successeur de Théodose; mais il balançait en lui-même lequel des deux empires il attaquerait le premier. Tandis que les peuples de l'Orient et de l'Occident attendaient avec inquiétude que le formidable Attila eût fixé son choix, il fit partir ses envoyés pour les cours de Ravenne et de Constantinople; et ses ministres adressèrent aux deux empereurs la même harangue insultante : Attila, mon maître et le tien t'ordonne de faire préparer sans délai un palais pour le recevoir. Mais comme le monarque des Huns méprisait ou affectait de mépriser les Romains de l'Orient qui avait vaincus tant de fois, il déclara sa résolution de différer cette conquête facile jusqu'au moment où il aurait achevé une entreprise plus importante et plus glorieuse. La richesse et la fertilité de la Gaule et de l'Italie devaient naturellement exciter l'avidité des Huns; mais on ne peut expliquer les motifs personnels d'Attila que par l'état de l'empire d'Occident sous le règne de Valentinien, ou, pour parler plus correctement, sous l'administration d'AEtius.

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