Romulus Augustule  

31 octobre 475 - 4 septembre 476

Fin de l'empire d'Occident

476

Augustule dernier empereur d'Occident

Romulus Augustule
Romulus Augustule

Les Ostrogoths prirent les armes, à la sollicitation d'Oreste, contre Nepos, ce Grec inconnu qui prétendait à leur obéissance; et lorsque le secrétaire d'Attila (Oreste) refusa, par quelque motif secret, de prendre lui-même la pourpre, les Barbares consentirent avec la même facilité à reconnaître son fils Augustule pour empereur de l'Occident. L'abdication de Nepos remplissait complètement les vues ambitieuses d'Oreste; mais il aperçut, avant la fin de l'année, qu'un rebelle est presque toujours, tôt ou tard, la victime des leçons d'ingratitude et de perfidie qu'il a données, et que le souverain précaire de l'Italie ne pouvait observer son titre ou sa vie que par une obéissance servile pour ses tyrans mercenaires. La dangereuse alliance des Barbares avait anéanti les faibles restes de la grandeur et de la liberté des Romains. A chaque révolution, ils obtenaient une augmentation de paye et de nouveaux privilèges; mais leur insolence parvint à un degré encore plus extravagant. Jaloux des succès de leurs compatriotes, dont les armes victorieuses avaient acquis des établissements héréditaires en Espagne, en Afrique et dans la Gaule, ils exigèrent qu'on leur partageât sans délai le tiers des terres de l'Italie. Oreste aima mieux s'exposer à la rage d'une multitude armée, que de souscrire la ruine d'un peuple innocent. Il rejeta la demande, et son refus favorisa l'ambition d'Odoacre. Cet audacieux Barbare assura les mécontents que s'ils voulaient le suivre, il leur ferait bientôt rendre par la force la justice qu'on avait refusée à leurs demandes respectueuses. Enflammés tous du même ressentiment et des mêmes espérances, les confédérés sortirent en foule de tous les camps et de toutes les garnisons de l'Italie pour se ranger sous ses drapeaux, et le malheureux patrice, succombant à l'orage, se retira précipitamment dans la forteresse de Pavie, le siège épiscopal du vénérable saint Epiphane, où il fut immédiatement assiégé par les confédérés. Ils emportèrent les fortifications, pillèrent la ville; l'évêque, par les efforts de son zèle, parvint jusqu'à un certain point, à sauver les richesses de son église et la chasteté des captives; cependant le tumulte ne pût être apaisé qu'après l'exécution d'Oreste. Son frère Paul perdit la vie dans un combat près de Ravenne; et Augustule, hors d'état désormais d'imposer aucun respect, fut réduit à implorer la clémence d'Odoacre.



476-490

Odoacre roi d'Italie

Odoacre était le fils d'Edecon, qui avait été le collègue d'Oreste et l'ambassadeur d'Attila. L'honneur d'un ambassadeur, devrait être à l'abri du soupçon; cependant on sait qu'Edecon avait prêté l'oreille à un complot tramé contre la vie de son souverain; mais son mérite ou son repentir avait effacé cette apparence de crime; il jouissait d'un rang élevé et de la faveur de son maître, et les troupes qui, sous ses ordres gardaient à leur tour le village royal qu'habitait Attila, étaient composées d'une tribu de Scyrres, ses sujets héréditaires. Lorsque les nations se révoltèrent après la mort d'Attila, les Scyrres suivirent le sort des Huns, et plus de douze ans après, le nom d'Edecon tient une place honorable dans l'histoire de la guerre contre les Ostrogoths, qui fut terminée par deux batailles sanglantes et la défaite totale des Scyrres, dont les restes se dispersèrent. Leur intrépide chef ne survécut pas aux malheurs de sa nation il laissa deux fils, Onulf et Odoacre, aux prises avec l'adversité, et réduits à chercher dans le pillage, ou dans un service étranger, les moyens de faire subsister les compagnons de leur exil. Onulf tourna ses pas vers Constantinople, où il déshonora la gloire de ses armes par le meurtre de son bienfaiteur. Son frère Odoacre mena quelque temps une vie errante parmi les Barbares de la Norique; l'intrépidité de son caractère et sa situation le disposaient à tenter les entreprises les plus hardies. Lorsqu'il eût fait un choix, il visita pieusement la cellule de saint Séverin, le saint en crédit dans le canton, pour solliciter son approbation et sa bénédiction. La porte était basse, et la taille élevée d'Odoacre l'obligea de se courber; mais à travers l'humilité apparente de cette attitude, le saint aperçut les signes de sa grandeur future, et s'adressant à lui d'un ton prophétique : Poursuivez votre dessein, lui dit-il, allez en Italie. Vous vous dépouillerez bientôt de ce grossier vêtement de peau, et votre fortune sera digne de la grandeur de votre âme. Le Barbare, dont l'audace accepta et ratifia la prédiction, fut admis au service de l'empire d'Occident, et obtint bientôt un poste distingué dans les gardes. Ses moeurs s'adoucirent, ses talents militaires se perfectionnèrent, et les confédérés de l'Italie n'auraient pas choisi Odoacre pour général, si ses exploits n'eussent pas établi la réputation de sa valeur et de sa capacité. Ses compagnons lui donnèrent d'une voix unanime le titre de roi; mais il s'abstint, durant tout son règne, de la pourpre et du diadème, pour ne pas éveiller la jalousie des princes dont les sujets avaient formé, par leur réunion, une armée que le temps et un gouvernement sage pouvaient convertir en une grande nation.

476 ou 479

Fin de l'empire d'Occident

Les Barbares étaient accoutumés à la royauté; et les dociles Italiens étaient disposés à reconnaître sans murmurer l'autorité qu'il consentirait à exercer comme vice-gérant de l'empereur d'Occident; mais Odoacre avait résolu d'abolir ce titre inutile et dispendieux; et telle est la force des anciens préjugés, qu'il lui fallut de l'audace et de la pénétration pour concevoir la facilité de cette entreprise. Le malheureux Augustule fut forcé de servir d'instrument à sa propre disgrâce : il signifia sa résignation au sénat, et cette assemblée affecta encore, dans son dernier acte d'obéissance à un prince romain, le courage, la liberté et les formes de l'ancienne constitution. Par un décret unanime, le sénat adressa une lettre à l'empereur Zénon, gendre et successeur de Léon, et qui, à la suite d'une révolte passagère, venait d'être rétabli sur le trône de Constantinople. Les pères conscrits reconnaissent l'inutilité; annoncent même ne plus conserver le désir de prolonger plus longtemps la succession impériale en Italie, et déclarent qu'un seul monarque suffit pour remplir de sa majesté et pour défendre l'Orient et l'Occident. Ils consentent, au nom du peuple et du sénat, à transférer le siège universel de l'empire à Constantinople, et renoncent bassement au droit de se choisir un maître, seul vestige de l'autorité qui avait imposé des lois à l'univers. Prononçant encore sans rougir le nom antique et respectable de la république, ils assurent que les vertus civiles et militaires d'Odoacre méritent toute leur confiance, et supplient l'empereur de lui accorder le titre de patrice et le gouvernement du diocèse d'Italie. On reçut les députés du sénat à Constantinople avec quelque apparence de mécontentement et d'indignation, et lorsqu'ils furent admis à son audience, Zénon leur reprocha le sort des deux empereurs Anthemius et Nepos que le monarque d'Orient avait successivement envoyés en Italie d'après leurs sollicitations. Vous avez assassiné le premier, leur dit-il d'un ton sévère, et vous avez chassé l'autre; mais il existe encore, et jusqu'à sa mort il sera votre souverain légitime. Mais la prudence de Zénon ne lui permit pas de soutenir longtemps la cause de son ancien collègue; sa vanité fut flattée du titre de seul empereur, et des statues élevées à Rome en son honneur. Sans le déclarer positivement, il entretint une correspondance amicale avec le patrice Odoacre et accepta les enseignes impériales, les ornements du trône et du palais, que le prince barbare n'était pas fâché d'éloigner de la vue.

476-507?

Augustule est relégué dans la maison de campagne de Lucullus

Romulus Augustule
Romulus Augustule laisse
les insignes impériaux à Odoacre

Charlotte Mary Yonge

Dans les vingt années qui s'étaient écoulées depuis la mort de Valentinien, on avait vu successivement disparaître neuf empereurs; et le jeune fils d'Oreste, remarquable seulement par sa beauté, serait celui de tous qui aurait eu le moins de droits au souvenir de la postérité, si son règne, qui consomma l'extinction de l'empire d'Occident, n'était pas lié à une époque mémorable dans l'histoire du genre humain1. Le patrice Odoacre avait épousé la fille du comte Romulus de Petovio en Norique. Malgré la méfiance des empereurs, on faisait à Aquilée un usage familier du surnom d'Auguste, et le dernier successeur des Césars réunissait, par un hasard extraordinaire, les deux noms du fondateur de la ville et de celui de la monarchie. Le fils d'Oreste porta et déshonora les noms de Romulus et d'Auguste; mais les Grecs changèrent le premier, par corruption en Momyllus, et les latins ont fait du second, par mépris, le nom diminutif d'Augustule. La généreuse pitié d'Odoacre épargna un jeune homme qu'il ne pouvait craindre. En le bannissant, avec toute sa famille, du palais impérial, il leur assigna pour retraite la maison de Lucullus située dans la Campanie, et leur assura un revenu de six mille pièces d'or. Les anciens Romains, aussitôt qu'ils purent respirer des fatigues de la guerre punique, furent attirés par la beauté et le charme des plaines de la Campanie; et la maison de campagne que Scipion l'Ancien fit construire à Liternum, offrit longtemps un modèle de leur simplicité rustique. Les côtes délicieuses de la baie de Naples se couvrirent de maisons de campagne; Sylla loua son rival d'avoir habilement placé sa résidence sur le promontoire de Misène, qui commande de tous côtés la terre et la mer jusqu'aux bornes de l'horizon2. Lucullus avait acheté, peu d'années après, la maison de Marius. Le nouveau propriétaire l'embellit à l'aide des arts de la Grèce et des trésors3. Lorsque les Vandales répandirent la terreur sur les côtes de la mer, la maison de Lucullus située sur le promontoire de Misène, prit insensiblement la forme et le nom d'une forteresse, retraite obscure du dernier empereur de l'Occident. Environ vingt ans après, on en fit une église et un monastère pour y déposer les restes de saint Séverin, et parmi les trophées brisés des victoires sur les Cimbres et les Arméniens, ils y reposèrent en sûreté jusqu'au commencement du dixième siècle; les habitants de Naples détruisirent alors cette forteresse, de peur qu'elle ne servît de repaire aux Sarrasins4.

1. On ne peut fixer avec exactitude l'année qui vit consommer la destruction de l'empire d'Occident. Les Chroniques authentiques semblent avoir adopté l'an de J.-C. 476. Mais les deux dates de Jornandès (c. 46, p. 680) diffèreraient cet événement jusqu'en 479; et quoique M. du Buat méprise son autorité, il rapporte (t. VIII, p. 261-288) différentes preuves à l'appui de cette opinion.

2. Sylla louait en soldat ce qu'il appelait sa peritia castrametandi. (Pline, Hist. nat., XVIII, 7.) Phèdre, qui a placé sous ses ombrages, laeta viridia, le lieu de la scène d'une fable insipide (Fab. II, 5), en décrit ainsi la situation :
Caesar Tiberius quum petens Neapolim,
In Misenensem villam venisset suam,
Quae, monte sumnio posita Luculli manu,
Prospectat Siculum et prospicit Tuscum Mare.

3. Lucullus, avait à Baies, à Naples, à Tusculum, etc., d'autres maisons de campagne égales en magnificence quoique variées dans leurs ornements. Il se vantait de changer de climat avec les grues et les cigognes. Plutarque, in Lucullus, t. III, p. 193.

4. Saint Séverin mourut dans la Norique, A. D. 482. Six ans après, son corps fut transporté en Italie par ses disciples, et opéra dans la route une suite continuelle de miracles. Une dame napolitaine remplaça dévotement Augustule par saint Séverin; le premier n'existait probablement plus. Voyez Baronius (Annal. eccles., A. D. 496, n° 50, 51) et Tillemont (Mem. eccles., t. XVI, p. 178-181), d'après la vie originale par Eugippe. Le récit de la translation du saint à Naples est aussi une pièce authentique.

476

Décadence de la fierté romaine

Odoacre fut le premier prince barbare qui régna en Italie sur un peuple devant lequel avait justement fléchi l'univers. Les calamités de l'Italie avaient éteint peu à peu tout sentiment de gloire et de liberté. Tant qu'on avait vu subsister la vertu romaine, les provinces de la république étaient soumises à ses armes, et ses citoyens n'obéissaient qu'à ses lois : ces lois une fois anéanties par la discorde civile, la ville et les provinces devinrent l'humble propriété d'un usurpateur. Le temps et la violence anéantirent les formes de la constitution, qui adoucissaient ou déguisaient la honte de l'esclavage; les Italiens se plaignaient alternativement de l'absence et de la présence de leurs souverains, objets de leur crainte ou de leur mépris; et durant cinq siècles successifs, Rome éprouva tous les maux que peuvent faire souffrir la licence militaire, les caprices du despotisme, et le système d'oppression le plus soigneusement combiné. Durant cette période, les Barbares étaient sortis de leur obscurité, on avait cessé de les regarder avec mépris; les guerriers scythes et germains furent reçus dans les provinces, d'abord comme les serviteurs, ensuite comme les alliés, et enfin comme les maîtres des Romains, qu'ils défendaient et insultaient tour à tour. L'effroi des peuples imposait silence à leur aversion, ils respectaient la valeur et l'illustration des chefs revêtus des dignités de la république; et, le sort de Rome avait dépendu longtemps de l'épée de ces formidables étrangers. L'orgueilleux Ricimer, foulant aux pieds les ruines de l'Italie, avait exercé l'autorité d'un roi sans en prendre le titre; et la patience des Romains les avait insensiblement disposés à reconnaître pour souverains Odoacre et ses successeurs.

476-490

Odoacre

Le premier roi de l'Italie n'était pas indigne du haut rang où le placèrent sa valeur et sa fortune. Il avait dépouillé dans la société la rudesse de ses moeurs; et, bien que conquérant et Barbare, il respecta les institutions et même les préjugés de ses sujets. Après un intervalle de sept ans, Odoacre rétablit le consulat de l'Occident, et refusa, par orgueil ou par modestie, d'accepter un titre que les empereurs d'Orient ne dédaignaient pas encore de porter; mais la chaise curule fut successivement occupée par onze des plus illustres sénateurs, parmi lesquels on trouve le nom du respectable Basilius, dont les vertus méritent l'amitié, les louanges et la reconnaissance de son client Sidonius. On suivi exactement les lois des empereurs, et l'administration civile de l'Italie continua d'être exercée par un préfet du prétoire et par ses officiers subordonnés. Odoacre imposa aux magistrats romains la tâche odieuse de lever les impositions publiques, et se réserva exclusivement le droit de s'attirer l'affection du peuple par des décharges accordées à propos. Elevé, comme tous les Barbares, dans les principes de l'arianisme, il respecta toujours le caractère épiscopal et monastique; et le silence des catholiques suffit pour attester la liberté dont Odoacre les laissa jouir. La tranquillité de la ville exigea l'interposition de son préfet Basilius dans le choix d'un pontife romain. La défense faite au clergé d'aliéner ses terres, fut un acte de bienfaisance pour le peuple dont la dévotion se croyait tenue de réparer les pertes de l'Eglise1. Le conquérant de l'Italie la défendit, et fit respecter ses frontières par les Barbares de la Gaule et de la Germanie, qui insultaient depuis si longtemps les faibles descendants de Théodose. Odoacre passa la mer Adriatique pour châtier les assassins de Nepos, et envahir en même temps la province maritime de Dalmatie. Il traversa les Alpes pour délivrer les restes de la Norique des mains de Fava ou Feletheus, roi des Rugiens, qui habitait au-delà du Danube. Feletheus perdit la bataille, et fut fait prisonnier. Odoacre ramena en Italie une colonne nombreuse de captifs et d'hommes libres; et Rome, après une longue suite de disgrâces, put s'enorgueillir du triomphe de son roi barbare.

1. Voyez Baronius, Annal. eccles., A. D. 483, n° 10, 15. Seize ans après, le pape Symmaque condamna dans un synode romain la conduite irrégulière du préfet Basilius.

476

Situation de l'Italie

Malgré la prudence et les succès d'Odoacre, son royaume offrait de toutes parts la misère et la désolation. Dès le siècle de Tibère, on s'était plaint en Italie de la carence de l'agriculture; et les Romains, forcés de tirer leur subsistance des provinces éloignées, la voyaient avec inquiétude dépendre des accidents de la mer et des vents; mais lorsque, dans le déclin et la division de l'empire, Rome se vit enlever le tribut des moissons de l'Afrique et de l'Egypte; ses habitants diminuèrent avec les moyens de subsistance, et, la population fut engloutie par les fléaux de la guerre, de la famine et de la contagion; Saint Ambroise a déploré la ruine d'un district florissant, qui comptait au nombre de ses villes Bologne, Modène, Reggio et Plaisance; le pape Gélase, sujet d'Odoacre, affirme que la province AEmilienne, la Toscane et les provinces voisines étaient presque entièrement dépeuplées. Les plébéiens de Rome, accoutumés à recevoir leur subsistance des empereurs, périrent ou disparurent dès que cette libéralité fut supprimée. Le déclin des arts réduisit les citoyens industrieux à l'oisiveté et à la misère; et les sénateurs, qui auraient peut-être contemplé avec indifférence la destruction de leur patrie, ne s'accoutumaient pas à la perte de leurs richesses personnelles. De ces vastes domaines considérés comme la crise originaire de la ruine de l'Italie; un tiers passa entre les mains des conquérants. Aux injustices on ajoutait l'insulte. La crainte de l'avenir aggravait les maux présents; et, comme on accordait des terres à tous les nouveaux essaims de Barbares, les sénateurs tremblaient de voir les arpenteurs s'approcher de leur meilleure ferme ou de leur maison de campagne favorite. Les moins malheureux étaient sans doute ceux qui se soumettaient sans murmure à un pouvoir auquel il était impossible de résister puisqu'ils désiraient vivre, ils devaient une certaine reconnaissance au tyran qui leur permettait d'exister; et puisqu'il était le maître absolu de leur fortune, la portion qu'il ne leur enlevait pas devait être considérée comme un don de sa générosité. Odoacre s'était solennellement engagé, pour prix de son élévation, à satisfaire aux demandes d'une multitude turbulente et licencieuse; mais sa prudence et son humanité adoucirent le sort de l'Italie. Les rois des Barbares furent souvent peu obéis; souvent même déposés ou assassinés par leurs sujets naturels et les bandes d'Italiens mercenaires qui se réunissaient sous un chef de leur choix, prétendaient avoir plus de droits encore au butin et à la licence. Une monarchie sans union nationale et sans droit héréditaire, tendait rapidement, vers sa dissolution. Après un règne de quatorze ans, Odoacre fut forcé de céder à la supériorité du génie de Théodoric, roi des Ostrogoths, héros qui possédait les talents militaires et les vertus d'un législateur, qui fit renaître des jours de paix et de prospérité, et dont le nom excite et mérite également l'attention du genre humain.

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