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  Ministère public de Jésus  (Suite)

Nouveaux miracles

Noces de Cana
Nouveaux miracles

Ces paroles venues du coeur, cette haute morale, étaient mouvelles pour des hommes auxquels les pharisiens et les scribes ne demandaient que des pratiques extérieures. Aussi, tous étaient-ils dans l'admiration de cette simple et pure doctrine. Les pauvres, les opprimés et les faibles avaient déjà foi en celui qui ne parlait que de douceur et de charité. Quand Jésus descendit de la montagne, un lépreux vint à lui en disant : Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. Jésus le toucha, et aussitôt sa lèpre disparut.

Il alla ensuite à Capharnaüm, et son retour fut signalé par de nouveaux miracles. Seigneur, lui dit un centenier, mon serviteur est retenu paralysé dans ma maison et il souffre cruellement : J'irai, lui dit Jésus. Mais le centenier répondit : Je ne suis pas digne, Seigneur, que vous entriez dans ma demeure, mais dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Car, quoique je ne sois moi-même qu'un homme soumis à la puissance d'autrui, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un : Allez, et il va; et à l'autre : Venez, et il vient. En entendant ces paroles, Jésus dit à ceux qui le suivaient : En vérité, je n'ai pas trouvé une foi si grande dans Israël. Aussi je vous déclare que plusieurs viendront d'Orient et d'Occident, et auront place au festin dans le royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob. Mais les enfants du royaume seront précipités dans les ténèbres extérieures; et il y aura là des pleurs et des grincements de dents.

Une autre fois Jésus rendit à une pauvre veuve de Naïm son fils que déjà on avait mis dans le cercueil, et il délivra du démon un possédé muet et aveugle. Alors un scribe s'approchant lui dit : Maître, je vous suivrai en quelque lieu que vous alliez. Et Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête.

La pécheresse

Un pharisien ayant prié Jésus de manger chez lui, il entra en son logis, et aussitôt une femme de mauvaise vie, qui l'apprit, vint avec un vase d'albâtre plein de parfums; et arrosant les pieds du Christ de ses larmes, elle les essuyait avec ses cheveux, les baisait et les couvrait de senteurs.

Le pharisien se scandalisait de ce que Jésus se laissait toucher par cette femme. Mais Jésus lui dit : Un créancier avait deux débiteurs : l'un lui devait cinq cents deniers et l'autre cinquante. Mais comme ils n'avaient pas de quoi les lui rendre, il leur remit à tous deux leur dette :
lequel des deux dut l'aimer davantage ?
Le pharisien répondit : Celui auquel il a le plus remis. - Vous avez bien jugé, dit Jésus. Voyez donc cette femme. Je suis entré dans votre maison et vous ne m'avez pas donné d'eau pour laver mes pieds. Elle, au contraire, a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Vous n'avez point répandu d'huile sur ma tête, et elle a répandu ses parfums sur mes pieds. C'est pourquoi je vous déclare que beaucoup de péchés lui seront remis, parce qu'elle a beaucoup aimé.

Quelque temps après, Jésus monta sur une barque pour traverser la mer de Tibériade; mais il s'éleva une si grande tempête que la barque était couverte de flots; et lui cependant dormait ! Ses disciples s'approchèrent et l'éveillèrent en disant : Seigneur, sauvez-nous, car nous périssons ! Mais Jésus leur répondit : Hommes de peu de foi, que craignez-vous ? Alors il commanda aux vents et à la mer. Aussitôt les vents s'apaisèrent et il se fit un grand calme. Quel est celui à qui les vents et les flots obéissent ? disaient entre eux les disciples remplis d'étonnement et de respect.

La tempête apaîsée; jeune fille ressuscitée

Le lendemain, il était à peine débarqué sur le rivage, que Jaïr, prince de la synagogue de Capharnaüm, s'approcha de lui et l'adora en disant : Seigneur, ma fille est morte présentement; mais venez lui imposer les mains et elle vivra. Aussitôt Jésus se levant le suivit avec ses disciples. Alors une femme qui, depuis douze ans, était affligée - d'une perte de sang, s'approcha de lui par derrière, et toucha la frange qui était au bas de son vêtement; car elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher sa robe, je serai guérie. Jésus se retournant alors, et la voyant, lui dit : Ma fille, ayez confiance, votre foi vous a sauvée. Et cette femme fut guérie à la même heure.

Lorsque Jésus fut arrivé en la maison du chef de la synagogue, voyant les joueurs de flûte et une troupe de personnes qui faisaient grand bruit, il leur dit : Retirez-vous, car cette fille n'est pas morte, mais seulement endormie. Ils se moquaient de ces paroles; mais après qu'on eut fait sortir tout le monde, Jésus entra, prit la main de la jeune fille, et elle se leva.

Aveugles guéris

Le bruit de ce miracle se répandit aussitôt dans tout le pays; et comme Jésus sortait de ce lieu, deux aveugles le suivirent, en criant et en disant : Fils de David, ayez pitié de nous ! et lorsqu'il fut venu en la maison, ces aveugles s'approchèrent de lui. Croyez-vous, leur dit-il, que je puisse faire ce que vous me demandez ? - Oui, Seigneur. Alors il toucha leurs yeux, en disant : Qu'il vous soit fait selon votre foi. Aussitôt leurs yeux furent ouverts, et Jésus leur défendit fortement d'en parler, en leur disant : Prenez bien garde que qui que ce soit ne le sache. Mais eux, s'en étant allés, répandirent sa réputation dans tout le pays.

Après qu'ils furent sortis, on lui présenta un homme muet, possédé du démon. Le démon ayant été chassé, le muet parla, et le peuple en fut dans l'admiration, et ils disaient : On n'a jamais rien vu de semblable en Israël.

Aveuglenment moral des pharisiens et des saducéens

Alors les pharisiens et les saducéens vinrent à lui pour le tenter; et ils le prièrent de leur faire voir quelque prodige dans le ciel. Mais il leur répondit : Le soir vous dites : Il fera beau, parce que le ciel est rouge, et le matin vous dites : Il y aura aujourd'hui de l'orage, parce que le ciel est sombre et rougeâtre. Hypocrites, vous savez donc reconnaître ce que présagent les diverses apparences du ciel; et vous ne savez point discerner les signes des temps que Dieu a marqués ? Cette nation corrompue et adultère demande un prodige, et il ne lui en sera point donné d'autre que celui du prophète Jonas. Car, comme Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le coeur de la terre.

Jésus rend témoignage de saint Jean-Baptiste

Or, Jean, ayant appris dans sa prison1 les oeuvres du Christ, envoya vers lui deux de ses disciples qui lui dirent: Etes-vous celui qui doit venir ? Jésus leur répondit: Allez raconter ce que vous avez vu et entendu: les boiteux marchent, les aveugles voient, les lépreux guérissent, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Lorsqu'ils s'en furent allés, Jésus parla de Jean au peuple. Qu'êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité du vent ? Non, vous êtes allé voir un prophète, et plus qu'un prophète, car c'est de lui qu'il a été écrit : J'envoie devant vous mon ange qui vous préparera les voies.

1. Jean ayant reproché à Hérode Antipas son amour pour Hérodias, sa belle-soeur, le prince, excité par cette femme, avait fait emprisonner Jean. Un jour qu'Hérode célébrait une fête dans son palais, Salomé, fille d'Hérodias, dansa avec tant de grâce, qu'Hérode, charmé, jura de lui accorder tout ce qu'elle demanderait. Elle lui demanda la tête de saint Jean-Baptiste; à regret, Hérode envoya un soldat à la prison, qui coupa la tête du précurseur, et l'apporta sur un plat.

Pouvoirs donnés par Jésus à ses disciples

Saint Jean-Baptiste

Lorsqu'il parlait encore au peuple, sa mère et ses frères étant arrivés, et se tenant au dehors, demandaient à lui parler; et quelqu'un lui dit : Voilà votre mère et vos frères qui sont au dehors et qui vous demandent. Mais il répondit : Qui est ma mère et qui sont mes frères ? Alors étendant sa main vers ses disciples : Voici, dit-il, ma mère et mes frères; car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ma soeur et ma mère.

La moisson est grande, dit un jour Jésus à ses disciples, mais il y a peu d'ouvriers; priez donc le maître du champ qu'il envoie des ouvriers en sa moisson. Alors, appelant ses douze apôtres, Simon-Pierre et André, son frère, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, Philippe et Barthélemi, Thomas et Matthieu, le publicain, Jacques, fils d'Alphée et Thaddée, Simon le Chananéen et Judas Iscariote, il leur donna puissance sur les démons avec pouvoir de guérir les malades, et il leur dit : Allez et annoncez que le royaume des cieux est proche.
Ne prenez rien pour le chemin, ni sac, ni bâton, ni pain, ni argent, et n'ayez point deux habits. Car celui qui travaille sera nourri.
En quelque ville que vous entriez, demeurez chez celui qui sera le plus digne de vous recevoir; s'il refuse, retirez vous, et en sortant de cette maison secouez contre elle la poussière de vos pieds.
Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; ayez la prudence du serpent et la simplicité de la colombe.
A cause de moi vous serez persécutés; on vous conduira aux rois et aux gouverneurs, mais ne vous mettez point en peine comment vous leur parlerez, car ce que vous devrez dire vous sera donné sur l'heure.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, ils ne peuvent tuer l'âme. N'est-il pas vrai que deux passereaux ne se vendent qu'une obole ? Cependant en tombe-t-il un seul sur la terre sans la volonté de notre Père ? Les cheveux mêmes de votre tête sont comptés.
Quiconque me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai et le confesserai moi-même devant mon Père qui est dans les cieux, et quiconque aura donné un verre d'eau froide à l'un des plus petits, comme étant mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra pas sa récompense.
Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel : et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans le ciel.
Je vous dis encore que si deux d'entre vous s'unissent ensemble sur la terre, quelque chose qu'ils demandent, elle leur sera accordée; car en quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en mon nom, je suis au milieu d'elles.

L'humilité recommandée aux Apôtres

Mais en même temps il recommandait à ses apôtres mêmes l'humilité. Un jour ils lui demandèrent : Maître, quel est le plus grand dans le royaume des cieux ? Jésus ayant appelé un petit enfant, le mit au milieu d'eux et leur dit : Je vous dis en vérité que si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Quiconque s'humiliera sera le plus grand auprès de mon père. Que celui donc qui parmi vous voudra s'élever au dessus de ses frères devienne leur serviteur. Que celui qui voudra être le premier d'entre vous soit votre esclave, à l'exemple du Fils de l'homme qui n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, qui donnera sa vie pour la rédemption de plusieurs.

Fuir le scandale

Il leur disait encore : Si quelqu'un scandalise un de ces humbles qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui pendît au cou la meule qu'un âne tourne et qu'on le jetât au fond de la mer.
Malheur à l'homme par qui le scandale arrive !
Si votre main ou votre pied vous est un sujet de scandale, coupez-les et les jetez loin de vous : il vaut bien mieux que vous entriez dans la vie n'ayant qu'un pied ou qu'une main, que d'en avoir deux et d'être jeté dans le feu éternel.
Et si votre oeil vous est un sujet de scandale, arrachez-le et le jetez loin de vous; car il vaut mieux pour vous que vous entriez dans la vie n'ayant qu'un oeil, que d'en avoir deux et être précipité dans les feux de l'enfer.

Etre miséricordieux

Alors Pierre s'approchant lui dit : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il aura péché contre moi ? Sera-ce jusqu'à sept fois ?
Jésus lui répondit : Je ne vous dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois.
Car le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulait faire rendre compte à ses serviteurs. Un d'eux lui devait 10 000 talents, et comme il n'avait pas le moyen de les rendre, son maître commanda qu'on le vendît, lui, sa femme et ses enfants, et tout ce qu'il possédait.
Mais le serviteur se jeta aussitôt à ses pieds en lui disant : Ayez un peu de patience et je vous rendrai tout. Le maître, touché de compassion, le laissa aller et lui remit sa dette.
Ce serviteur ne fut pas plutôt sorti, que trouvant un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, il le prit à la gorge et l'étouffait presque en lui disant : Rends-moi ce que tu me dois. Et son compagnon se jetant à ses pieds, le conjurait d'avoir un peu de patience, promettant qu'il lui rendrait tout.
Mais il ne voulut pas l'écouter et le fit mettre en prison jusqu'à ce qu'il lui eût rendu tout ce qu'il lui devait. Le maître l'apprit et l'ayant fait venir : Méchant serviteur, lui dit-il, pourquoi n'avez-vous pas eu pitié de votre compagnon comme j'avais eu pitié de vous! et il le livra entre les mains des bourreaux jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait.
C'est ainsi, ajoutait Jésus, que mon Père traitera celui de vous qui ne pardonnera pas à son frère.

Paraboles des semences

Paraboles des semences

Jésus s'étant un jour assis au bord de la mer, il s'assembla autour de lui une si grande foule de peuple que pour s'en faire entendre il monta sur une barque, et de là leur dit : Celui qui sème s'en alla semer, et pendant qu'il semait, quelque partie de la semence tomba le long du chemin; et les oiseaux du ciel étant venus la mangèrent. Une autre tomba dans des lieux pierreux, et elle germa aussitôt. Mais parce que la terre où elle était n'avait pas de profondeur, le soleil s'étant levé ensuite, elle en fut brûlée; et comme elle n'avait point de racines, elle sécha. Une autre tomba dans des épines, et les épines, venant à croître, l'étouffèrent. Une autre enfin tomba dans la bonne terre et elle porta du fruit; quelques grains rendant cent pour un, d'autres soixante et d'autres trente. Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre.

Il leur proposa une autre parabole, en disant : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bon grain dans un champ. Mais pendant que ses serviteurs dormaient, son ennemi vint, et sema de l'ivraie au milieu du blé, et s'en alla. L'herbe ayant donc poussé, et étant montée en épi, l'ivraie commença aussi à paraître. Alors les serviteurs du père de famille vinrent lui dire : Seigneur, n'avez-vous pas semé de bon grain dans votre champ ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ? Il leur répondit : C'est l'ennemi qui l'y a semée. - Voulez-vous que nous allions l'arracher ? - Non, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le bon grain. Laissez croître l'un et l'autre jusqu'à la moisson; et au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez premièrement l'ivraie et liez-la en bottes pour la brûler; mais amassez le blé pour le porter dans mon grenier.

Il leur proposa une troisième parabole : Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme prend et sème dans un champ. Ce grain est la plus petite de toutes les semences. Mais lorsqu'il est crû, il est plus grand que toutes les autres plantes et il devient un arbre; de sorte que les oiseaux du ciel viennent se poser sur ses branches. Il leur dit encore : Le royaume des cieux est semblable au levain qu'une femme prend, et qu'elle mêle dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que la pâte soit toute levée

Après cela, Jésus, ayant renvoyé le peuple, vint dans la maison; et ses disciples, s'approchant de lui, lui dirent: Expliquez-nous la parabole de l'ivraie semée dans le champ. Et lui, leur répondant, il leur dit : Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme. Le champ est le monde; le bon grain, ce sont les enfants du royaume; et l'ivraie, ce sont les enfants d'iniquité. L'ennemi qui l'a semée, c'est le diable; le temps de la moisson, c'est la fin du monde; les moissonneurs, ce sont les anges. Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui ramasseront et enlèveront hors de son royaume tous ceux qui sont des occasions de chute et de scandale, et ceux qui commettent l'iniquité; et ils les précipiteront dans la fournaise. C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre.

Multiplication des pains

Cependant Jésus était toujours suivi d'une foule innombrable de peuple qui le sollicitait de faire des miracles; pour échapper à ces prières, il traversa un jour la mer de Tibériade et se retira dans le désert de Bethsaïde. Mais la foule le rejoignit bientôt. Alors Jésus descendit de la montagne, guérit les malades et enseigna sa doctrine. Vers le soir, ses disciples s'approchèrent et lui dirent : Ce lieu est désert; il est tard, renvoyez ce peuple afin qu'il puisse aller dans les bourgades chercher sa nourriture. Jésus répondit : Donnez-lui vous-mêmes de quoi manger. - Nous n'avons que cinq pains et deux poissons, reprirent-ils. Jésus cependant ordonna à la foule de s'asseoir sur le gazon, et ayant pris les pains et les poissons, il les bénit, puis les donna à ses disciples, qui les rompirent et les distribuèrent au peuple. Et il se trouva une telle abondance de nourriture qu'après que tout le monde se fut rassasié, on remplit encore douze corbeilles avec les restes des cinq pains et des deux poissons. Or, ceux qui en reçurent étaient au nombre d'environ cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants.

Jésus marche sur les Eaux

Après avoir renvoyé le peuple, Jésus ordonna à ses disciples de traverser le lac; pour lui, il resta sur la montagne, où il pria pendant la plus grande partie de la nuit. Le lendemain au matin, les apôtres, qui n'avaient cessé d'avoir le Vent contraire, se trouvaient à vingt-cinq ou trente stades du rivage (Stade, mesure grecque de longueur valant 185 mètres). Alors ils aperçurent un homme qui marchait sur les eaux et s'avançait vers eux. Cette vue les remplit de frayeur. Mais bientôt ils le reconnurent; Jésus leur parla : Rassurez-vous, c'est moi. Simon-Pierre lui répondit : Seigneur, si c'est bien vous, commandez que j'aille à vous en marchant sur les eaux. Jésus lui dit : Venez; et Pierre, descendant de la barque, marcha sur la mer. Mais au bout de quelques instants, le vent soufflant avec violence, il eut peur, et comme il commençait à enfoncer : Seigneur, s'écria-t-il, sauvez-moi. Jésus, étendant la main, le soutint et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Puis ils entrèrent tous deux dans la barque; et aussitôt le vent cessa. -

Nécessité de la foi en Jésus-Christ

Cependant une grande partie de ceux qui s'étaient trouvés autour de lui dans le désert de Bethsaïde vinrent le rejoindre à Capharnaüm. Jésus leur dit : Vous me cherchez, parce que je vous ai nourris, et non parce que je fais des miracles. Cherchez une nourriture qui ne périsse point. Je suis le pain de vie; celui qui vient à moi n'aura plus faim; celui qui croit en moi n'aura jamais soif. Le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde, et si quel qu'un s'en nourrit, il vivra éternellement. Ce discours étonna le peuple, et plusieurs de ses disciples l'abandonnèrent. Alors Jésus demanda aux apôtres s'ils voulaient aussi le quitter. Mais Pierre lui répondit : Seigneur, vers qui donc irions-nous ? Car nous avons cru et nous avons connu que vous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant. - Ne vous ai-je pas choisis tous les douze? reprit Jésus, et cependant l'un de vous est un démon. Aucun d'eux ne comprit que cette parole s'adressait à Judas Iscariote, qui devait bientôt le trahir.

Ne pas honorer Dieu des lèvres seulement mais du coeur

Jésus continua à parcourir la Galilée, où quelques pharisiens se montrèrent scandalisés de ce que ses disciples ne lavaient pas leurs mains avant de commencer le repas; mais il les renvoya en condamnant leur hypocrisie et leur attachement superstitieux à de vaines observances, pendant qu'ils négligeaient les principaux devoirs de la loi. Isaïe, dit-il, a bien prophétisé de vous : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi.

Nécessité du repentir

Des hommes se croyant justes selon la loi avaient grande confiance en eux-mêmes et méprisaient les autres. Jésus leur proposa cette parabole :
Un pharisien et un publicain montèrent au temple pour prier.
Le pharisien se tenant debout priait ainsi en lui-même :
Mon Dieu, je vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont voleurs, injustes et adultères, ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède.
Le publicain au contraire n'osait pas même lever les yeux au ciel, mais il frappait sa poitrine en disant : Mon Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur.
Je vous déclare que celui-ci s'en alla chez lui justifié et non pas l'autre; car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. -

Nécessité de l'humilité

Jésus entra un jour dans la maison d'un pharisien pour y prendre son repas, et remarquant que les conviés prenaient les premières places, il leur dit :
Quand vous serez invités à des noces, ne vous mettez pas à la première place, de peur qu'il ne se trouve quelqu'un parmi les conviés plus considérable que vous, et que celui qui vous aura invités tous deux ne vienne vous dire : Cédez la place à celui-ci; et qu'alors vous n'ayez la honte d'être mis à la dernière place.
Mais lorsque vous serez invité, allez vous mettre à la dernière place, afin que celui qui vous a invité vous dise quand il viendra : Mon ami, montez plus haut. Alors vous serez comblé d'honneur devant ceux qui seront à table avec vous.
Et Jésus répéta encore ce précepte de l'humilité : Quiconque s'élève sera abaissé, quiconque s'abaisse sera élevé.

Il disait aussi à celui qui l'avait invité : Lorsque vous donnez à dîner, n'invitez ni vos amis, ni vos frères, ni vos parents, ni vos voisins, qui sont riches, de peur qu'ils ne vous invitent aussi à leur tour et que ce soit là votre récompense.
Mais invitez les pauvres, les estropiés, les boiteux et les aveugles, et vous serez heureux de ce qu'ils n'auront pas le moyen de vous le rendre, car vous en recevrez la récompense à la résurrection des justes.

Nouveaux miracles

De la Galilée, Jésus se rendit sur les confins de Tyr et de Sidon. Une femme phénicienne ou chananéenne vint le supplier de rendre la santé à sa fille. Jésus ne répondit pas. Mais comme elle continuait à crier vers lui, et que ses apôtres le priaient d'exaucer sa demande, il répondit : Je ne suis envoyé que vers les brebis égarées du troupeau d'Israël. Cette femme le suivit cependant jusque dans sa maison, et le supplia en disant : Seigneur, venez à mon secours. - Il n'est pas juste, lui dit Jésus, de donner aux chiens le pain des enfants. - Vous dites vrai, répliqua t-elle, mais au moins les petits chiens mangent les miettes tombées de la table de leurs maîtres. Jésus, pour récompenser sa foi, lui promit qu'il serait fait selon son désir.

Puis il continua sa marche, répandant les miracles sur ses pas. Il rendait la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, et guérissait les malades : une seconde fois il opéra le prodige de la multiplication des pains; quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, furent rassasiés avec sept pains et quelques petits poissons; et de ce qu'ils laissèrent on remplit encore sept paniers.

Pouvoirs donnés à Saint Pierre

Un jour que Jésus allait vers Césarée avec ses disciples, il leur demanda ce que le peuple pensait de lui. Les uns, répondirent-ils, prétendent que vous êtes Elie; d'autres, Jérémie; d'autres, saint Jean-Baptiste ou quelqu'un des anciens prophètes. - Mais vous, leur demanda Jésus, que pensez-vous de moi ? Pierre lui dit: Vous êtes le Christ, fils de Dieu. Jésus loua sa foi et ajouta : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise; les portes de l'enfer me prévaudront pas contre elle; je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié-dans le ciel, tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans le ciel. Il annonça ensuite à ses disciples les affronts et les maux qu'il souffrirait à Jérusalem, et dit : Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il renonce à soi même, qu'il porte sa croix et me suive. Celui qui veut conserver sa vie la perd, et celui qui la perd pour l'amour de moi la conserve. Je vous le dis en vérité, il y en a quelques uns ici qui ne mourront point sans avoir vu le royaume de Dieu dans sa toute-puissance.

La Transfiguration

Six jours après, Jésus prit avec lui trois de ses apôtres, Pierre, Jacques et Jean, fils de Zébédée, et il les mena sur une haute montagne. Là il se mit en prières, mais les apôtres, accablés par la fatigue, s'étaient endormis, quand, réveillés tout à coup vers le milieu de la nuit, ils virent son visage resplendissant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la neige. En même temps ils aperçurent Moïse et Elie qui s'entretenaient avec lui. Alors Pierre, premant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon de demeurer ici; si vous l'agréez, nous y ferons trois tentes, une pour vous, et deux autres pour Moïse et pour Elie. Lorsqu'il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit, et il en sortit une voix qui disait : Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection, écoutez-le. A cette voix, les disciples tombèrent le visage contre terre et furent saisis d'une grande crainte; mais Jésus les releva, et leur ordonna le matin, en descendant de la montagne, de ne découvrir à personne ce qu'ils avaient vu, jusqu'après sa résurreciion.

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