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     Josué     

Passage du Jourdain (1585 av. J.C.)

Passage du Jourdain
Traversée de la rivière Jourdain
avec l'Arche de l'Alliance

Josué, chargé seul, depuis la mort du législateur, des destinées d'Israël, reçut à son tour les ordres divins. Moïse, mon serviteur, est mort, lui dit l'Eternel, maintenant, lève-toi, passe le Jourdain pour entrer au pays que je donne aux enfants d'Israël; nul ne pourra te résister. Comme j'ai été avec Moïse je serai avec toi.

Josué se hâta d'obéir. Il envoya des espions dans la ville de Jéricho, la première qu'il devait rencontrer au-delà du fleuve; et à leur retour, après qu'ils eurent été sauvés de la colère du prince de cette ville par Raab, qui les avait cachés dans sa maison, quand on les cherchait pour les tuer, le nouveau chef des Hébreux fit descendre tout le peuple au bord du Jourdain. Il avertit les trois tribus établies sur la rive orientale de se tenir prêtes, suivant leur promesse, à accompagner leurs frères dans la conquête de Chanaan, et après trois jours de purifications, les Hébreux passèrent le Jourdain.

L'arche sainte, portée par les sacrificateurs, descendit la première dans le lit du fleuve dont les eaux, amoncelées d'un côté, s'écoulèrent de l'autre, et tout Israël défila à pied sec devant elle. Deux autels servirent à perpétuer le souvenir de ce prodige, l'un élevé au lieu même où les sacrificateurs s'étaient arrêtés avec l'arche; l'autre, au milieu du premier campement établi près de Galgala, à l'Orient de Jéricho.

Mieux que ces pierres, les chants d'Israël conservèrent le souvenir de ces merveilles : Lorsque Israël sortit de l'Egypte, lorsque la maison de Jacob se retira du milieu d'un peuple étranger, Juda devint le sanctuaire de Dieu, Israël fut sa force.

La mer les vit et s'enfuit; à leur aspect le Jourdain remonta son cours, et les montagnes bondirent comme les boucs aux reins forts, les collines comme les agneaux des brebis?.

C'est que la terre a tremblé devant le regard du Seigneur, devant la face du Dieu de Jacob.

Elle a tremblé devant celui qui change la pierre en lac limpide et le roc en source d'eau vive1.

Avant de commencer la conquête du pays de Chanaan, Josué ordonna la circoncision pour toute la génération née dans le désert, afin que le peuple de Dieu ne pût être confondu avec les réprouvés. La Pâque fut ensuite célébrée.

Dès le lendemain, la manne cessa de tomber, et les Israélites se nourrirent des productions de leur nouvelle patrie.

1. Psaume 1 13,

Prise de Jéricho et de d'Haï

Josué se disposait à emporter Jéricho par les armes, quand l'ange du Seigneur, paraissant à ses yeux, lui révéla les conseils de l'Eternel. Six jours durant, l'arche fut portée en grande pompe autour des murs; sept sacrificateurs sonnaient de la trompette en marchant devant elle, et tout le peuple suivait en silence. Enfin le septième jour, quand l'arche sainte eut été promenée sept fois autour de la ville assiégée, aux sons des trompettes, aux cris de victoire d'Israël, les murailles s'écroulèrent, et Jéricho, livrée sans défense, subit toutes les horreurs de la guerre. De tout ce peuple une seule femme, Raab, fut sauvée avec la maison de son père. Quant à la ville, elle périt dans les flammes, et Josué prononça sur ses ruines une malédiction prophétique : Maudit soit devant l'Eternel l'homme qui rebâtira Jéricho! Que son premier-né meurt lorsqu'il en jettera les fondements, et qu'il perde le dernier de ses enfants quand il en mettra les portes1 !

Après ce grand succès, Josué fit attaquer la ville d'Haï; mais les Hébreux furent repoussés avec perte : le Seigneur s'était détourné de son peuple parce qu'un crime avait été commis en Israël. Désigné par la voie du sort, Achan avoua que, contre la défense du Seigneur, il avait dérobé pour lui-même une part du butin, deux cents sicles d'argent, un lingot d'or et un manteau d'écarlate. Josué prit alors Achan et le mena dans la vallée d'Achor avec ses fils et ses filles, ses boeufs et ses ânes, sa tente et tout ce qui était à lui; puis il lui dit : Parce que tu nous as tous détournés de notre voie, le Seigneur te détourne de la tienne; et tout Israël le lapida.

Cette expiation accomplie, les Hébreux retournèrent devant Haï. Josué plaça trente mille hommes en embuscade derrière la ville, puis vint l'attaquer du côté opposé. Au milieu de l'action, il donna aux siens le signal de la fuite, et tandis que les habitants d'Haï se jetaient imprudemment à sa poursuite, le corps embusqué entrait sans peine dans la place. L'anathème porté contre les nations chananéennes s'accomplit; comme à Jéricho, tout le peuple d'Haï fut exterminé et la ville détruite après avoir été livrée au pillage.

De toutes les paroles du législateur, pas une ne fut omise : hommes et femmes, enfants et étrangers, tous les entendirent. Déjà, quelque temps avant le passage du fleuve, Moïse avait lui-même présenté aux douze tribus le résumé de ses lois. Pour l'inculquer davantage dans l'esprit et la mémoire des Hébreux, il avait voulu que son successeur, après l'entrée dans la terre promise, renouvelât solennellement cette lecture publique. Les impiétés et la corruption de Chanaan, au milieu desquelles le peuple élu entrait, devaient être sans force devant cette loi simple et sublime, connue de tous et pratiquée avec ferveur.

1. On retrouve cependant Jéricho mentionnée sous les Juges, lorsque les Moabites s'en emparent après la mort d'Othoniel (Juges, III, 13); sous David (Rois, lI, chap. X, 5). Mais on lit au livre III des Rois, chap. XVI, 34 : «Pendant le règne d'Achab, Achiel, qui était de Béthel, bâtit Jéricho. Il perdit Abiron, son premier-né, quand il en jeta les fondements, et Segub, le dernier de ses fils, quand il en mit les portes, suivant la prédiction de Josué.» Les commentateurs ont expliqué cette difficulté, en disant que Josué avait défendu seulement de relever les murs, et que Achiel les avait rebâtis.

Lecture publique de la loi

Une imposante cérémonie eut lieu après cette double victoire : suivant l'ordre de Moïse, Josué éleva sur le mont Ebal une colonne sur laquelle il écrivit la loi et un autel de pierres non taillées, où l'on offrit des holocaustes et les victimes de salut. Puis le peuple, composé de tous les enfants d'Israël, des anciens, des juges, des scribes et des étrangers, se divisa en deux corps qui couvrirent les deux collines d'Ebal et de Garizim; l'arche, portée par les lévites, fut placée au milieu. Après avoir béni le peuple, Josué lut tous les articles de la loi, et répéta les bénédictions et les malédictions prononcées par Moïse, se condamnant lui-même d'avance s'il devenait infidèle; le peuple entier répondait : Qu'il en soit ainsi.

Victoires sur les rois du Sud et de l'Est

Cependant les rois de Chanaan, parmi lesquels se trouvaient celui des Amorrhéens et Adonibézec, roi de Jérusalem, réunirent leurs forces contre Israël. Les Gabaonites seuls n'entrèrent pas dans cette ligue et surprirent, au moyen d'une ruse, l'alliance des Hébreux. Ils envoyèrent des députés qui vinrent au camp avec des vêtements en lambeaux, des chaussures usées, des aliments corrompus par le temps. Les chefs d'Israël crurent voir les ambassadeurs d'un pays fort éloigné, et n'hésitèrent pas à promettre avec serment l'amitié qu'on leur demandait; mais au bout de trois jours de marche, ils se trouvèrent sur les terres des Gabaonites. Fidèle cependant à la foi jurée, Josué, malgré les murmures des soldats, se contenta de réduire les Gabaonites en servitude; ils furent condamnés à couper le bois et à porter l'eau aux lieux où s'arrêtait l'arche du Seigneur.

Peu de temps après, Adonibézec, frappé d'épouvante, envoya dire à Elim, roi de Hébron, à Phidon, roi de Jérimoth , à Jephté, roi de Lachis, et à Dabin, roi d'Odollam : Voilà que Gabaon, une des plus grandes villes, a fait défection; venez, montez vers moi, et tous ensemble nous attaquerons ces traîtres. Les cinq rois ligués marchèrent, en effet, contre ce peuple; mais Josué vint de Galgala le défendre. Il surprit, par une marche de nuit, les Chananéens; il les rejeta en désordre sur la route qui monte vers Oromin et les tailla en pièces jusqu'à Azéca et Macéda. Un effroyable orage qui lançait d'énormes grêlons, tua encore grand nombre de fuyards. Pour achever la victoire, Josué fit prolonger le jour. Soleil, arrête-toi sur Gabaon! Lune, n'avance point sur la vallée d'Aïalon. Et la lune et le soleil s'arrêtèrent jusqu'à ce que le Seigneur se fût vengé de ses ennemis. De cette redoutable armée, rien ne resta. Ses cinq chefs, réfugiés dans une caverne, en furent tirés et amenés à Josué; il les fit étendre à terre, appela tous les chefs d'Israël, auxquels il commanda de mettre le pied sur la gorge de ces rois, et il ne les fit mourir qu'après ce cruel affront qui devait montrer au peuple sa puissance.

Macéda, Lebna, Lachis, Hébron, Odollam, Dabir, furent prises, et les habitants exterminés. Elam, roi de Gazer, périt avec tous les siens en voulant secourir Lachis. Naged, Ase doth succombèrent, et tout le pays du Sud de Chanaan depuis Cadès-Barné jusqu'à Gaza et de Gozom à Gabaon, fut impitoyablement dévasté.

Victoires sur les rois du Nord

Cependant Jabin, roi d'Azor, la plus puissante des cités du pays de Chanaan, avait réuni dans une ligue nouvelle les peuplades de l'Ouest et du Nord, et leurs troupes campaient auprès des eaux de Mérom; Josué marcha contre eux et les battit, tua leurs rois, pilla leurs villes, et acheva la conquête de la terre promise par la soumission des Philistins auxquels il ne laissa que les villes de Gaza, de Geth et d'Aseldo : aussi les Jébuséens conservèrent leur ville jusqu'au temps de David. Quelques peuplades retranchées dans les montagnes gardèrent également leur indépendance, comme les Chananéens de Gazer, Boethsan, Dor, Mageddo, Mapheta, Jezraël, les Phéniciens de Tyr et de Sidon et les Philistins de la côte du Sud-Ouest.

Mort de Josué

Balaam
Prise de Jéricho

Mais assez d'autres peuples avaient été vaincus pour qu'on pût procéder au partage de la terre promise (1577). Josué, rappelant les limites tracées par Moïse, abandonna les terres à l'Orient du Jourdain aux tribus de Gad et de Ruben et à la demi-tribu de Manassé; le reste du pays à l'Occident du fleuve fut partagé entre les autres tribus. Le lot de chaque famille fut désigné par la voie du sort. Le grand prêtre Eléazar et les princes des familles dans chaque tribu avaient aidé Josué à accomplir ce partage difficile. Les lévites eurent quarante-huit villes dispersées dans tout Israël, et l'on désigna six villes de refuge, asiles inviolables où tout homme, soit Hébreu, soit étranger, coupable d'un meurtre involontaire, pouvait se retirer jusqu'à la mort du grand prêtre. Ce jour venu, il lui était permis de retourner, sans plus être inquiété, dans sa demeure ou sa famille.

Le tabernacle resta dressé à Silo, et Josué eut pour domaine Tamnaschar sur la montagne d'Ephraïm, au centre de Chanaan. Caleb reçut la ville et la montagne d'Hébron.

Josué gouverna encore Israël pendant dix-huit années; enfin sentant que sa vie était proche de son terme, il réunit autour de lui à Silo les anciens, les chefs et les juges, leur rappela tous les bienfaits répandus de siècle en siècle sur la lignée d'Abraham, raconta humblement ses victoires, et finit en disant : Voici que je vais entrer dans la voie où va toute chair; choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir; pour moi et ma maison, nous servirons l'Eternel. Le peuple entier jura d'être fidèle au Dieu de ses pères. Josué alors écrivit ce serment dans le livre de la Loi, puis érigea une pierre sous un chêne près du tabernacle, et dit au peuple : Cette pierre a entendu tous les préceptes que le Seigneur vous a donnés aujourd'hui, et aux derniers jours elle portera contre vous témoignage si vous reniez votre Dieu1.

Après ce serment de fidélité et d'union, les tribus se séparèrent pour aller chacune prendre possession du pays devenu son héritage. Gad, Ruben et la demi-tribu de Manassé s'acheminèrent vers le Jourdain; mais avant de passer ce fleuve, qui allait les séparer de leurs frères, ils amoncelèrent sur la rive des rochers et des pierres dont ils firent un autel immense. A cette nouvelle, les autres tribus s'assemblèrent en armes à Silo, croyant que leurs frères abandonnaient déjà le vrai Dieu et élevaient autel contre autel. Mais ils répondirent à Phinée et aux anciens que leur avait députés l'assemblée de Silo : Nous n'avons pas élevé cet autel pour y immoler des victimes, mais il nous est venu dans l'esprit qu'un jour vos enfants diraient peut-être aux nôtres : Qu'y a-t-il de commun entre vous et le Dieu d'Israël? 0 enfants de Ruben et de Gad, entre vous et nous, le Seigneur a mis ce fleuve pour qu'il nous sépare. Vous n'avez point part au Seigneur. Et nous avons craint que vos fils ne repoussassent ainsi les nôtres du culte du Seigneur, et nous nous sommes dit : Faisons un autel, afin que ce soit un témoignage éternel entre vous et nous, entre notre lignée et la vôtre, et que vos fils ne disent pas aux nôtres : Vous n'avez point part au Seigneur. Car alors nos enfants leur répondront : Voyez l'autel qu'ont dressé nos pères, pour être un gage d'union perpétuelle.

Peu de jours après, Josué mourut âgé de cent dix ans. Il fut enseveli dans son héritage, à Thamnasachar, sur la montagne d'Ephraïm.

1. Les musulmans ont pris ce passage pour l'appliquer à leur pierre noire de la Mecque. "Au cour de cette pierre, disent-ils, est écrite la sainte formule : Dieu est Dieu, et, au jour du jugement, elle rendra témoignage contre tous ceux qui l'auront baisée avec des lèvres impures.»

Partage de la terre sainte

Moïse avait distribué aux tribus de Ruben et de Gad et à la demi-tribu de Manassé, les terres à l'Orient du Jourdain. Josué partagea, à deux reprises différentes, le pays de Chanaan aux autres tribus. D'abord il donna leur dot aux plus puissantes, à Juda et à Ephraïm, et à ce qui restait de la tribu de Manassé. Ce ne fut que plus tard que les autres prirent leur part, et quelques-unes aux dépens des premières. Ainsi, Juda n'étant pas assez nombreux pour occuper tout le pays qui lui avait été assigné, céda Jérusalem, Kariath Jarim et Betharaba à Benjamin, Astaol et Accaron à Dan, enfin une portion de ses terres au Sud-Ouest à Siméon.

Si l'on peut déterminer avec une certitude suffisante les limites des tribus établies à l'Est du Jourdain, parce qu'elles étaient marquées par des fleuves et des villes connues, il n'en est pas de même des autres. L'historien Josèphe jugeait déjà cela impossible de son temps; que pourrions-nous donc faire aujourd'hui ?

D'après le livre de Josué, les limites de Juda, au premier partage, étaient : au Sud, une ligne courant de l'extrémité méridionale de la mer Morte jusqu'à l'embouchure du ruisseau d'Egypte; à l'Est, le lac Asphaltite jusqu'à l'embouchure du Jourdain; au Nord, une ligne passant au-dessus de la ville de Geliloth, assise en face du mont Adummim, et de Kariath-Jarim; de là elle tournait à l'Ouest vers le mont Seïr, et plus au Sud-Ouest vers Bethsamès et Thimna, passait au Nord d'Accaron et de là gagnait la Méditerranée, frontière de l'Ouest. Le livre de Josué cite sur ce territoire vingt-neuf villes situées au midi, le long du pays des Edomites, et parmi elles Cédès ou Kadès-Barnée. Horma, Ber sabée, Siceleg, quarante-deux à l'Ouest, vers la Méditerranée, et parmi elles Accaron, Gaza et Azoth, qui appartenaient aux Philistins; quarante-huit dans les montagnes du centre dont les plus remarquables étaient Hébron, Bethléhem et Jérusalem, habitée par les Jébuséens qui lui donnaient alors son nom enfin six dans le désert salé qui s'étend vers l'embouchure du Jourdain, Thecoa, Engaddi, etc.

Siméon, établi au milieu de Juda, occupa, entre autres places, Bersabée, Horma, Siceleg, Jerimoth, Lachis, Lobna, Macéda, Eglon, Odollam, Dabir, Eter et Arad.

Benjamin, entre Ephraïm et Juda; sa frontière septentrionale partait du Jourdain et passait au Nord de Jéricho, de Béthel, de la basse Béthoron, et s'arrêtait à Kariath-Jarim; de là elle allait rejoindre la frontière de Juda par la vallée des fils d'Hennom, au pied de la montagne de Sion, et la suivait jusqu'à l'embouchure du Jourdain. Jéricho, Béthel, qu'elle ne put enlever aux Chananéens et dont, plus tard, les Ephraïnites s'emparèrent. Ophra, Gabaa, Gabaon, Rama, Ha, Maspha, Galgala, où Saül fut définitivement proclamé roi, Machmas, étaient, avec Jébus, ses principales villes.

Dan, à l'Ouest de Benjamin et de Juda, depuis Kariath Jarim jusqu'à Joppé; villes : Esthéol, Zaréa, Accaron, Joppé, Aialon, Ekron.

Ephraï, au Nord de Dan et de Benjamin; sa frontière méridionale partait du Jourdain, courant au Nord de Béthel et d'Atharah, au Sud de la basse Béthoron et de Gazer, et de là gagnait la Méditerranée qui formait sa limite occidentale jusqu'à l'embouchure du Kanah. Le territoire de Manassé lui servait de frontière au Nord; villes : Sichem, Galgal, Saron, Gazer, Silo, où l'arche resta longtemps, Béthoron, Ramath, patrie de Samuel, Pharaton, patrie d'Abdon, Samir, où fut enterré Thola.

Manassée, entre Azer au Nord, Issacher à l'Est et Ephraïm au Sud; villes : Dor, qui resta à ses habitants, Mageddo, Thénach, Thersa, Endore, où Saül consulta la Pythonisse, Thèbes, où périt Abimélech, Ephra, patrie de Gédéon. Plus tard, Samarie fut bâtie sur son territoire. Les Chananéens restèrent longtemps encore maîtres d'Endor et de Bethsan.

Issachar, du Jourdain au Carmel, avec les villes de Jezraèl, théâtre de la victoire de Gédéon, Hapharaim, Sunam, non loin des monts Gelboë où périt Saül, Aphec, Dabrath.

Azer, entre Sidon et le Carmel; mais Acco, Achsib, Tyr, et Sidon, restèrent à leurs anciens habitants. Villes : Rohob, Helcath, Aehsaph près d'Achsib.

Zabulon, du lac de Génézareth au Carmel. Le Thabor et Dabrath le séparaient d'Issachar, Capharnaüm, de Nephthali. Villes : Séméron, Jachanam, Béthulie, patrie de Judith, Kana, Gath-Hépher, patrie de Jonas, et Abel-Beth Maacha. Plus tard, on trouve sur ce territoire Tibériade, Sepphoris et Nazareth.

Nephthali, depuis Capharnaüm jusqu'aux sources du Jourdain; villes : Dan, nommée Lais avant que des hommes de Dan en eussent fait la conquête; Madon, prise et brûlée par Josué, Azor, capitale de Jabin, Cédès, non loin de la vallée de Sennim, où périt Sisara, Mérom, près du lac de ce nom, dont la rive occidentale fut le théâtre d'une victoire de Josué sur les rois confédérés du Nord de la Palestine. Juda possédait, sur la rive gauche du Jourdain, la fertile plaine de Médan, comme ancien patrimoine de Jacob.

Quant aux tribus établies à l'Est du Jourdain, Manasssé avait pour villes principales Astaroth, Adrai, où fut vaincu Og, roi de Basan, Canath, où Gédéon défit deux rois madianites, Gaulon, Bazra et Jabès-Galaad, Gad, Manaim, Sucoth, Phanuel et Maspha, résidence de Jephté; Ruben, Adom, près des lieux où les Israélites passèrent le Jourdain, Hésébon, Cariathim, Bosor et Jazer, où Séhon fut battu.

Les six villes de refuge étaient Hébron en Juda, Cédès en Nephthali, Gaulon et Bazra dans Manassé oriental, Ramoth Galaad dans Gad, et Bosor dans Ruben. Ainsi de ces six villes, quatre avaient été prudemment placées au loin, à l'Orient du Jourdain, et les deux autres aux extrémités de la Palestine, dans Juda et Nephthali.

Au Sud-Ouest de la Palestine, les Philistins conservèrent Gath, Accaron, Azoth, Ascalon et Gasa; au Sud, habitaient les Amalécites, descendants d'Amalec, fils d'Esaü, qui, vaincus une première fois par Josué, furent presque exterminés par Saül, et les Edomites ou Iduméens, descendants d'Esaü; au Sud-Est, les Madianites, issus de Madian, fils d'Abraham et de Céthura, et qui, malgré la défaite que Moïse leur fit éprouver, devinrent assez puissants pour asservir les Israélites jusqu'à ce que Gédéon brisât leur joug; à l'Est, les Moabites, issus de l'aînée des filles de Loth, et dépouillés d'une partie de leurs terres par les Amorrhéens; enfin, les Ammonites, descendus de l'autre fille de Loth. Quant aux Ismaélites, ou descendants d'Ismaël, leurs douze tribus erraient dans les déserts qui s'étendent à l'Orient de la Palestine, et peuplèrent une partie de l'Arabie. Les plus connus d'entre eux sont les Nabathéens qui avaient Petra pour capitale, les Ituréens et les Cédaréniens.

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