Se connecter      Inscription      
 
  Les royaumes de Juda et d'Israël jusqu'au temps d'Athalie et de Jéhu  (1016-976) 

Schisme des dix tribus (976)

Aussitôt après la mort de Salomon, Roboam son fils se rendit à Sichem, où le peuple était assemblé pour reconnaître le nouveau roi. Jéroboam, revenu d'Egypte, lui demanda, au nom de tout Israël, que le joug pesant imposé par Salomon fût allégé, et que les impôts, devenus si lourds pour satisfaire aux dépenses de tant de constructions, fussent diminués. Mais Roboam, au lieu d'écouter les sages conseils des vieillards, lui répondit par de cruelles et d'imprudentes menaces que ses jeunes favoris avaient dictées : Mon père, dit-il, vous a frappés avec des verges, je vous frapperai avec des verges de fer. Alors le peuple irrité s'écria : Qu'avons-nous à espérer de ce fils d'Isaï? Israël, à tes tentes, et toi, David, prends soin de ta maison.

Ces dernières paroles renfermaient une menace qu'Israël ne tarda pas à exécuter, il lapida le malheureux Aduram, envoyé pour recueillir les impôts. Une fois commencée, la sédition alla plus loin qu'on n'aurait pu le prévoir. Les révoltés appelèrent Jéroboam et le nommèrent roi. Roboam, épouvanté, s'enfuit à Jérusalem. Les seules tribus de Juda et de Benjamin restèrent fidèles au fils de Salomon; les dix autres lui refusèrent obéissance et proclamèrent Jéroboam.

Il y aura donc désormais deux peuples, deux royaumes, Israël et Juda : Israël, plus peuplé, plus étendu; Juda, plus riche et plus respecté, parce qu'il possédait l'arche d'alliance et le sanctuaire du peuple hébreu. Chaque année, tous les Hébreux devaient venir apporter leurs offrandes au temple de Jérusalem. Pour empêcher que ses sujets n'allassent s'établir dans le royaume de Juda, qui possédait le sanctuaire national, Jéroboam, réveillant l'idolâtrie Egyptienne qu'autrefois Aaron avait un instant favorisée, fit élever deux veaux d'or, l'un à Béthel, l'autre à Dan, et ordonna à son peuple d'y venir sacrifier. Cette infraction à la loi religieuse préparait pour Israël l'établissement de l'idolâtrie, dont l'introduction fut d'ailleurs favorisée par les relations continuelles de ses princes avec les rois de Tyr et de Syrie. Juda respecta mieux le Seigneur et sa loi. Là aussi cependant l'idolâtrie pénétra et il fallut plusieurs fois que Dieu, pour la chasser, suscitât des prophètes qui menacèrent le peuple et ses rois, leur promettant, pour prix de leur obéissance, un brillant avenir et la venue d'un Messie qui soumettrait le monde à la loi de Moïse.

La séparation du peuple hébreu en deux royaumes affaiblit nécessairement aussi sa puissance. Au temps de David, il avait dominé jusqu'à l'Euphrate; depuis le schisme, il ne posséda plus que la Palestine. Entourés d'ennemis les Hébreux ajoutèrent aux guerres du dehors des divisions intestines, et succombèrent sous les coups des Babyloniens après une longue anarchie : le royaume d'Israël au bout de 255 ans, celui de Juda après 389 ans.

Afin qu'on puisse mieux suivre leur histoire, nous plaçons ici la liste chronologique des rois de Juda et d'Israël.

a

Roboam et Abiam en Juda (976-956), Jéroboam en Israël (976-955)

Translation de l'arche
Jéroboam et le prophète

Les tribus de Juda et de Benjamin étaient restées seules fidèles au sang de David. Rentré dans Jérusalem, Roboam avait voulu, à la tête de 120000 hommes de troupes choisies, marcher contre les rebelles; mais Séméias, au nom du Seigneur, lui défendit de combattre ses frères. Roboam obéit, cependant il ne devait pas être toujours aussi docile aux ordres de l'Eternel. Il se laissa gagner à l'impiété, et le peuple de Juda, suivant l'exemple de son roi, dressa sur les hauts lieux des autels aux divinités étrangères. Par ces péchés, dit l'Ecriture, les Hébreux irritèrent le Seigneur plus qu'il ne l'avait été des crimes de leurs pères. Aussi, pour leur montrer quelle différence il y avait entre le servir et servir les rois de la terre, Dieu permit à Sésac, roi d'Egypte d'entrer en vainqueur dans Jérusalem, de piller le temple et le palais, et d'enlever jusqu'aux boucliers d'or que Salomon faisait autrefois porter devant lui. Après un règne malheureux de seize ans, Roboam légua le sceptre de Juda à son fils Abiam, qui marcha dans la route du mal que son père avait suivie. Néanmoins le Seigneur lui donna de triompher de Jéroboam, et de laisser le trône à son fils Asa; Abiam n'avait régné que trois ans (959-956).

Dans Israël, Jéroboam avait rebâti Sichem, sur la montagne d'Ephraïm, pour y fixer sa résidence, et malgré sa révolte il conservait la loi de Moïse. Mais craignant bientôt que le peuple des dix tribus, en allant sacrifier à Jérusalem, ne se replaçât sous les lois de Roboam et de son fils, il avait fait élever, comme nous l'avons déjà vu, deux veaux d'or, en disant au peuple : N'allez plus désormais à Jérusalem; voici les dieux qui vous ont tirés de l'Egypte. Il dressa aussi des autels sur les hauts lieux, et pour les desservir il établit prêtres des hommes pris parmi les derniers du peuple et qui n'étaient pas même enfants de Lévi. Le Seigneur, irrité, envoya un prophète vers Jéroboam. Il arriva au moment où le roi d'Israël brûlait de l'encens sur l'autel impur de Béthel, et s'écria : Autel, autel, il naîtra dans la maison de David un homme qui s'appellera Josias; il immolera sur toi les prêtres des hauts lieux; il brûlera sur toi les ossements des morts. Jéroboam, à ces mots, étendit la main vers le prophète pour le faire saisir; mais sa main se sécha, et les prières seules de l'homme de Dieu purent le guérir. Cependant Jéroboam n'ouvrit pas les yeux sur ses déréglements, et le prophète Ahias, qui lui avait annoncé sa prospérité, lui prédit les malheurs de sa race. Ainsi parle l'Eternel : Tu as fait plus de mal que tous les autres avant toi, tu t'es forgé des dieux étrangers, tu m'as rejeté. Aussi je ferai fondre les calamités sur ta maison, j'en balayerai les restes comme un vil fumier, jusqu'à ce qu'il n'en subsiste plus rien; je frapperai, j'agiterai Israël comme un roseau; je l'arracherai de cette terre fertile que j'avais donnée à ses pères, et le disperserai au-delà du fleuve, parce que leurs consécrations impies m'ont irrité; ceux de ta race, Jéroboam, qui mourront dans la campagne seront mangés des oiseaux du ciel. Depuis lors, en effet, Jéroboam, malgré son alliance impie avec le roi égyptien Sésac, n'éprouva que des revers : il fut vaincu par Abiam, fils de Roboam, et perdit plusieurs places.

Asa en Juda (956-915); Nadab, Baaza, Ela, Zamri, et Amri en Israël (955-919)

Quand Jéroboam mourut, après un règne de vingt-deux ans (955), Asa, fils d'Abiam, régnait depuis près de deux ans dans Juda. Son aïeule, Maacha, fille d'Absalon, avait gouverné pendant sa minorité, et laissé l'idolâtrie faire de déplorables progrès dans le royaume; mais Asa marcha droit devant le Seigneur, et son coeur aima la justice. Aussi, pour le récompenser, Dieu lui donna la victoire sur Zara, roi d'Ethiopie, dans la vallée de Séphata, près de Marésa. Cependant, sur la fin de ses jours, il cessa de mettre sa confiance dans l'Eternel et il offrit à Benadad, roi de Syrie, ses trésors et ceux du Seigneur, s'il voulait l'aider à repousser Baaza, roi d'Israël qui, maître de l'importante position de Rama, où il s'était fortifié, arrêtait tous ceux qui voulaient entrer dans les Etats de son rival ou en sortir. Une invasion du roi de Syrie rappela en effet Baaza à la défense de ses Etats, et Aza put renverser les fortifications commencées à Rama. De leurs débris il rebâtit Gabaa en Benjamin et Maspha; mais le prophète Hanani lui annonça que de nouvelles guerres seraient le châtiment de cette alliance impie avec les Syriens, et depuis lors Asa eut à repousser sans cesse les incursions de ses ennemis. Il mourut, après être resté quarante et un ans sur le trône, où monta après lui son frère Josaphat.

Pendant ce long règne, six rois s'étaient succédé dans Israël. Nadab, fils de Jéroboam, avait imité l'impiété de son père et était mort au bout de deux ans, assassiné par Baaza, un de ses généraux. L'usurpateur avait, selon la parole du prophète Ahias, fait périr toute la maison de Jéroboam jusqu'au dernier de sa race. Mais le prophète Jéhu, fils de Hanani, était venu lui dire à son tour, au nom du Très Haut : Je t'ai élevé de la poussière pour t'établir sur Israël, et tu as marché dans la voie de Jéroboam; c'est pourquoi je traiterai ta race comme tu as traité la sienne. Aussi, quand après vingt-deux années de règne il laissa le trône à son fils Ela, celui-ci vit ses propres officiers se soulever contre lui : Zamri, général de sa cavalerie, le tua dans un festin, et extermina toute sa maison. Mais Zamri ne jouit pas longtemps de son crime : au bout de sept jours, l'armée indignée proclama roi son chef Amri, et vint assiéger Thersa, capitale du royaume. Zamri, près d'être forcé, se brûla dans son palais avec sa femme et ses trésors.

Le peuple s'était divisé en deux partis : les uns voulaient pour roi Thebni, fils de Gineth; les autres Amri, que la mort de son compétiteur rendit en effet seul maître de l'Etat. Il fixa d'abord sa résidence à Thersa, puis il acheta, pour deux talents, la montagne de Samarie, où il bâtit la ville de ce nom, désormais capitale d'Israël et rivale de Jérusalem. Il y mourut après un règne de douze années, pendant lequel il montra une impiété plus grande que celle de ses prédécesseurs, mais que sut encore surpasser Achab, son fils et son héritier. Ainsi la révolte portait ses fruits, et Israël, infidèle à la loi de Moïse, au culte du vrai Dieu et à l'unité monarchique, se voyait ensanglanté par de continuelles révolutions.

Josaphat en Juda (915-891), Achab en Israël (919-896), les prophètes Elie et Elisée

Jéhovah protège Josaphat
Jéhovah protège Josaphat

Amri était mort dans la trente-huitième année du règne d'Aza, roi de Juda (919 av. J. C.). Nous avons dit que ce dernier prince avait eu pour fils Josaphat, qui fut l'un des plus saints rois de Juda (915). Son premier soin fut de fortifier son royaume contre les attaques des rois d'Israël. Grâce aux sanglantes divisions qui déchiraient cet Etat, il eut peu de peine à atteindre ce but. Tranquille alors de ce côté, il attaqua les derniers restes de l'idolâtrie; les bois consacrés par la superstition et les idoles élevées sur les hauts lieux furent en grande partie renversés, et afin d'éclairer le peuple il envoya des lévites de ville en ville, le livre de la loi à la main, pour le ramener à la religion et aux moeurs de ses pères. Ces soins pieux assurèrent à Josaphat la protection du ciel; sa renommée se répandit dans les nations voisines : les Arabes, les Philistins, lui payaient de riches tributs en argent et en bétail; ses sujets aussi vinrent à l'envi verser dans son trésor des contributions volontaires. Avec ces richesses il entoura ses villes de murailles, il éleva des forteresses et équipa une armée nombreuse qui fit respecter au loin son nom.

Pendant ce temps l'impie Achab occupait le trône d'Israël (919); il avait commis une première faute en épousant Jézabel, fille d'Ethbaal, roi de Sidon, qui l'avait engagé à bâtir dans Samarie un temple à Baal. On avait vu le roi lui même sacrifier sur cet autel impur. En ce temps-là vivait à Galaad le prophète Elie, de Thesbé, ville de Nephthali : il vint trouver Achab et lui dit : Par le Seigneur, Dieu d'Israël, il ne tombera, pendant ces années, ni rosée, ni pluie, que selon la parole qui sortira de ma bouche. Puis il partit et se retira sur les bords du torrent de Crith, vis-à-vis du Jourdain. Des corbeaux lui apportaient soir et matin sa nourriture, et il buvait l'eau du torrent; mais bientôt les pluies ne tombant plus, le torrent fut à sec. Le Seigneur lui commanda alors de se retirer à Sarepta, non loin de Tyr et de Sidon. Aux portes de la ville, le prophète rencontra une pauvre femme veuve qui ramassait du bois; il lui demanda un peu de pain et d'eau. La pauvre femme répondit : Je n'ai qu'un peu de farine dans une cruche et un peu d'huile dans une fiole; je viens ici ramasser deux morceaux de bois afin d'apprêter une fois encore quelque nourriture pour mon fils et pour moi, et puis nous mourrons. Emu de ces paroles, qui montraient tant de résignation au milieu de tant de misère, le prophète lui dit : Ne craignez point; car la farine qui est dans ce vase ne manquera pas, et l'huile qui est dans cette fiole ne diminuera pas, jusqu'au jour où le Seigneur fera tomber sa pluie sur la terre. En effet, depuis ce jour la nourriture ne manqua pas chez la pauvre veuve, tant que dura la famine. Mais bientôt son enfant mourut. Elie, touché de compassion, implora le Seigneur, et se couchant trois fois sur le cadavre du jeune homme, il rappela l'âme dans le corps et rendit le mort à la vie. -

Cependant trois années de sécheresse et de famine s'étaient écoulées; Elie sortit de sa retraite; car le Seigneur lui avait dit : Va trouver Achab et je ferai tomber la pluie sur la terre. Le roi d'Israël, averti de sa venue, courut à sa rencontre, et lui dit avec colère : N'es-tu pas celui qui trouble tout Israël ? - Ce n'est pas moi, répondit le saint homme, qui ai troublé tout Israël, c'est toi, c'est la maison de ton père, quand vous avez abandonné les commandements du Seigneur pour suivre Baal. Maintenant fais assembler tout le peuple sur le Carmel, convoque les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes que Jézabel nourrit à sa table. Le roi y consentit, et le peuple, accouru en foule, se rassembla au pied du mont Carmel et sur le rivage de la mer. Alors s'adressant au roi, aux prêtres et au peuple : Jusques à quand, dit le prophète, pencherez-vous ainsi tantôt d'un côté, tantôt de l'autre ? Si l'Eternel est Dieu, adorez-le; mais si Baal est Dieu, suivez-le. Le peuple ne répondit rien. Elie reprit : Je suis demeuré tout seul d'entre les prophètes de l'Eternel, au lieu que les prophètes de Baal sont au nombre de quatre cent cinquante. Cependant qu'on nous donne deux victimes, nous les préparerons sans y mettre le feu, et le dieu qui consumera lui même son holocauste sera le vrai Dieu.

Depuis le matin jusqu'au milieu du jour, les imposteurs invoquèrent leur idole; plus elle restait insensible, plus ils redoublaient leurs cris, dansant alentour et se faisant, en son honneur, des incisions profondes, tandis qu'Elie mêlait à leurs prières ses ironies sanglantes : Criez donc à haute voix; Baal, votre dieu, est sans doute en affaires ou en voyage; il dort peut-être, et a besoin qu'on le réveille; mais Baal était sourd. Quand l'heure de midi fut passée, Elie dit au peuple : Venez avec moi. Il prit douze pierres, selon le nombre des tribus, bâtit un autel, creusa un fossé à l'entour, prépara l'holocauste, le fit couvrir d'eau jusqu'à trois fois, au point d'en remplir le fossé, et l'heure de l'oblation étant arrivée, il pria ainsi : Seigneur, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, fais que l'on connaisse aujourd'hui que tu es le Dieu d'Israël, que je suis ton serviteur et que j'ai fait toutes ces choses par ton ordre. Aussitôt le feu du Seigneur tomba, dévora l'holocauste, les bois et les pierres, la poussière et même l'eau qui remplissait le fossé. Le peuple épouvanté se prosterna en s'écriant : C'est l'Eternel qui est Dieu! C'est l'Eternel qui est Dieu! Elie alors ordonna de saisir les faux prophètes, et les fit conduire au torrent de Kison où tous périrent égorgés.

Il dit ensuite à Achab : Buvez et mangez, car j'entends le bruit d'une grande pluie. Il monta en effet sur le Carmel, et, se penchant à terre, il mit sa tête sur ses genoux, puis il dit à son serviteur : Va, et regarde du côté de la mer. Le serviteur étant allé, revint dire : Il n'y a rien. Retournes-y par sept fois, repartit le prophète, et la septième fois il parut un petit nuage qui se levait de la mer. Aussitôt Elie envoya son serviteur dire à Achab : Fais mettre les chevaux à ton char, hâte-toi de peur que la tempête ne te surprenne. Achab partit, et il était à peine rentré dans Israël, que des torrents de pluie avaient rafraîchi la terre et dissipé la sécheresse.

Jézabel, irrité du massacre des prophètes de Baal, son dieu, fit annoncer à Elie que le lendemain à la même heure il mourrait de la même manière. Le prophète effrayé s'enfuit au désert, et après y avoir fait une journée de chemin, accablé de fatigue, il s'assit sous un buisson et appela la mort : C'est assez, Seigneur, disait-il, c'est assez, prenez mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères, et il s'endormit. Deux fois un ange du Seigneur le tira de son sommeil en lui disant : Lève-toi et mange, car ta route est longue. Il trouva en effet, près de sa tête, un vase plein d'eau et un pain cuit sous la cendre : cette nourriture miraculeuse soutint ses forces; et après une marche de quarante jours et de quarante nuits, il arriva au mont Horeb et s'y cacha dans une caverne. Il y était quand la voix de Dieu l'appela et lui dit : Que fais-tu là, Elie ? Le prophète répondit : Les fils d'Israël t'ont délaissé, O Seigneur, ils ont renversé tes autels et frappé tes prophètes du glaive; seul j'ai échappé, mais ils me cherchent pour me tuer. La voix reprit : Sors de la caverne, monte sur la montagne, et tu seras en présence du Seigneur.

Et alors un souffle puissant, une tempête terrible qui brisait les montagnes et fendait les pierres, passa; mais le Seigneur n'était pas dans la tempête.

Après la tempête la terre trembla; mais l'Eternel n'était pas dans le tremblement de terre.

Après que la terre eut tremblé, le feu passa; mais le Seigneur n'était pas dans le feu.

Après le feu, vint comme la voix d'un souffle léger; Elie l'entendit, et se couvrant le visage de son manteau, il sortit et s'arrêta à l'entrée de la caverne. La voix lui dit alors : Elie, que fais-tu là ? Retourne par le chemin du désert vers Damas; tu oindras Hazaël pour être roi de Syrie; Jéhu, fils de Namsi, pour être roi d'Israël; Elisée, fils de Saphat, pour être prophète à ta place. Quiconque échappera à l'épée d'Hazaël sera tué par Jéhu, quiconque échappera à l'épée de Jéhu sera tué par Elisée; mais je me suis réservé dans Israël sept mille hommes qui n'ont point fléchi le genou devant Baal.

Elie partit donc, et rencontra bientôt Elisée, fils de Saphat, qui conduisait lui-même sa charrue. Il jeta sur ses épaules son manteau de prophète, et ne lui laissa, avant de l'emmener, que le temps de faire ses adieux à son père : Va, lui dit-il, et reviens, car j'ai fait pour toi tout ce qui était en mon pouvoir.

Vers ce temps-là, Benadad II, roi de Syrie, vint assiéger Samarie. Trente-deux rois le suivaient à la tête d'une innombrable armée. Cependant le roi d'Israël ne perdait pas courage, et faisait répondre aux paroles superbes et menaçantes de Benadad, qu'il ne fallait pas se vanter quand on prenait les armes, mais quand on les quittait. Un prophète vint encore affermir Achab dans ses projets de résistance, en lui disant : Ainsi parle l'Eternel : Tu as vu cette multitude innombrable; je la livrerai aujourd'hui entre tes mains afin que tu saches que je suis le Seigneur, le Dieu d'Israël. En effet, Benadad fut vaincu. Mais ses serviteurs lui dirent : Les dieux d'Israël sont des dieux de montagnes, combattons ce peuple dans la plaine et nous serons vainqueurs. Il revint avec une armée plus formidable que la première, mais il fut encore défait dans une sanglante bataille, où cent mille Syriens restèrent sur la place. Les débris de l'armée ennemie s'étaient jetés dans Aphek; les Israélites les y poursuivirent, et les remparts, tombant sous leurs coups répétés, écrasèrent encore les Syriens par milliers. Achab fit grâce de la vie à Benadad II, le reçut en frère, et, ne consultant plus que les intérêts de sa politique, il conclut une alliance avec ce roi idolâtre, à la seule condition de restituer les places fortes qu'il avait prises en Israël. Mais Dieu, qui avait voué à l'extermination Benadad et son armée, fut irrité de la désobéissance du roi. Un prophète alla donc à sa rencontre pendant qu'il revenait vers Samarie, et lui dit : Parce que tu as laissé échapper l'homme que le Seigneur frappait d'interdit, ta vie répondra pour sa vie, ton peuple pour son peuple.

Quelque temps après le roi d'Israël se souilla d'un nouveau crime, plus grand que cette désobéissance. Naboth de Jezraël possédait, dans Jezraël même, une vigne près du palais d'Achab. Le roi lui dit : Cède-moi ta vigne pour que j'en fasse un jardin; je t'en donnerai une meilleure, ou l'argent qu'elle vaut. Dieu me garde, répondit Naboth, de te donner l'héritage de mes pères. Achab, aussi faible contre ses caprices que contre ses passions, se livra à une douleur indigne d'un prince et se jeta sur sa couche, refusant toute nourriture. Quand la reine connut la cause de ce grand chagrin : Lève-toi, dit-elle au roi, et mange en repos, je me charge de te livrer cette vigne. Jézabel, en effet, suborna deux enfants de Bélial qui accusèrent Naboth d'avoir blasphémé contre Dieu et contre le roi. Sur ce faux témoignage, l'infortuné fut conduit hors de la ville et lapidé. Achab aussitôt alla prendre possession de cette vigne tant convoitée et si malheureusement acquise; mais soudain il rencontra Elie : Me poursuivras-tu donc sans cesse, s'écria le roi trahissant malgré lui les inquiétudes de sa conscience; suis-je ton ennemi ? - Tu l'es, répondit le prophète, parce que tu as fait du mal aux yeux du Seigneur, et voici ce que dit l'Eternel : Je retrancherai de la maison d'Achab jusqu'au dernier des animaux; je la rendrai semblable à celle de Jéroboam et à celle de Baaza, parce que tes fautes m'ont irrité, et que tu as fait pécher Israël. Les chiens mangeront Jézabel dans le champ de Naboth. Si Achab meurt dans la ville, il sera dévoré par les chiens; s'il meurt dans les champs, il sera mangé par les oiseaux du ciel.

La prédiction d'Elie ne tarda pas à s'accomplir. Ramoth de Galaad n'avait pas été remise aux Israélites après l'alliance entre Achab et Benadad. Le roi d'Israël conçut le projet de la réduire, et engagea dans cette guerre Josaphat, roi de Juda. Achab avait consulté quatre cents de ses prophètes, et tous lui annonçaient la victoire; mais Josaphat fit appeler Michée, et l'homme de Dieu prédit la défaite et la mort du roi d'Israël : J'ai vu, disait-il, tout Israël dispersé par les montagnes, comme des brebis sans pasteur, et le Seigneur a dit : Ils n'ont point de chef; que chacun retourne en sa demeure. Achab irrité fit jeter le prophète en prison. Cependant le jour du combat, il n'osa pas garder ses insignes : au moment de l'action il se déguisa et pria Josaphat de conserver ses habits royaux. Il espérait éviter ainsi la mort dont on le menaçait; sa précaution fut vaine; une flèche lancée au hasard l'atteignit et le blessa mortellement au défaut de la cuirasse. Tourne bride, dit Achab à son cocher, retire-toi d'ici, je suis blessé à mort. Mais le combat dura tout le jour; et le roi d'Israël, le visage tourné contre les Syriens, resta sur son char qu'il inondait de sang. Il expira le soir : son corps fut transporté et enseveli à Samarie. On lava son char dans la piscine de la ville, et les chiens léchèrent son sang, selon la parole du prophète.

Achab avait régné vingt-deux ans, son fils Ochosias lui succèda.

Ochosias commença à gouverner Israël la dix-neuvième année du règne de Josaphat (896 avant J. C.); il fit le mal devant le Seigneur et marcha dans les voies iniques d'Achab et de Jézabel; ainsi, dédaignant de placer sa confiance dans l'Eternel, il envoya consulter Béelzébub, le dieu d'Accaron, pour savoir s'il guérirait d'une blessure qu'il s'était faite en tombant par la fenêtre d'une chambre haute de son palais. Elie, averti par un ange, alla au-devant des messagers du roi, et leur dit : Est-ce qu'il n'y a pas un Dieu dans Israël que vous consultez l'idole d'Accaron ? Aussi vous ne relèverez point du lit où vous êtes, mais vous mourrez certainement. - Qui vous a ainsi parlé ? demanda le roi à ses gens. - C'est un homme couvert d'un manteau de poils et ceint d'une ceinture de cuir. - C'est Elie de Thesbé ! s'écria le roi, et il envoya un capitaine avec cinquante hommes pour se saisir du prophète.

Le capitaine monta vers Elie, qui était assis sur le haut d'une montagne, et lui dit : Homme de Dieu, le roi vous commande de descendre. - Si je suis homme de Dieu , répondit-il, que le feu descende du ciel, et vous dévore avec vos cinquante hommes. Et aussitôt le feu du ciel descendit et les consuma. Ochosias envoya un autre capitaine avec cinquante soldats, qui dit à Elie : Homme de Dieu, le roi m'a commandé de vous dire : Hâtez-vous de descendre. Elie répondit encore : Si je suis homme de Dieu, que le feu du ciel vous dévore avec vos cinquante hommes. Et aussitôt le feu du ciel descendit et les dévora. Ochosias envoya un troisième capitaine, qui étant venu devant Elie, se mit à genoux et lui fit cette prière : Homme de Dieu, sauvez moi la vie, et sauvez-la aussi à vos serviteurs qui sont avec moi. Le feu est déjà descendu du ciel et il a dévoré les deux premiers capitaines et les cinquante hommes que commandait chacun d'eux; mais je vous supplie présentement de me sauver la vie. En même temps l'ange du Seigneur dit à Elie : Descends et ne crains point. Elie alla donc trouver le roi, auquel il parla de cette sorte : Voici ce que dit le Seigneur : Parce que vous avez envoyé des gens pour consulter Béelzébub, le dieu d'Accaron, comme s'il n'y avait pas de Dieu en Israël, vous ne relèverez point du lit sur lequel vous êtes couché, mais vous mourrez certainement. Cette parole s'accomplit, et Ochosias mourut sans enfants, après deux ans de règne, laissant le trône à son frère Joram (895).

La mission d'Elie touchait à son terme; accompagné d'Elisée dont il essaya plusieurs fois, mais en vain, de se séparer, il arriva un jour sur les bords du Jourdain; là, prenant son manteau, il en frappa les eaux qui se divisèrent pour lui donner passage. Elie dit alors à Elisée : Demande moi ce que tu désires, afin que je l'obtienne pour toi avant que nous soyons séparés. Fais, répondit Elisée, que j'aie une double part de ton esprit. Et tandis qu'ils marchaient et conversaient ensemble, un char et des chevaux de feu, les séparant tout à coup, enlevèrent Elie au ciel dans un tourbillon de flamme. Elisée, le voyant ainsi monter, s'écria : Mon père, mon père, toi qui étais le char d'Israël et son guide ! Mais bientôt il ne le vit plus.

Prenant alors le manteau qu'Elie avait laissé tomber pour lui, il en frappa les flots du Jourdain; à la seconde fois les eaux se divisèrent et Elisée passa le fleuve à pied sec. Les enfants des prophètes qui étaient dans Jéricho, vis-à-vis de ce lieu-là, ayant vu ce prodige, s'écrièrent : L'esprit d'Elie s'est reposé sur Elisée; et aussitôt, venant au-devant de lui, ils se prosternèrent à ses pieds avec un profond respect, en disant : Il y a parmi vos serviteurs cinquante hommes forts qui peuvent aller chercher votre maître; car peut-être que l'esprit du Seigneur l'aura enlevé et jeté quelque part sur une montagne où dans une vallée. Elisée leur répondit : N'envoyez point. Mais, par leurs instances, ils le contraignirent à condescendre à leur désir. Ils envoyèrent donc cinquante hommes, qui, ayant cherché pendant trois jours le corps d'Elie, ne le trouvèrent pas. Ils re vinrent alors vers Elisée, qui leur répéta encore : Ne vous avais-je pas dit : N'envoyez point?

Les habitants de Jéricho lui dirent aussi : Seigneur, cette ville est agréable et commode, mais les eaux y sont mauvaises et la terre stérile. Elisée leur répondit : Apportez-moi un vaisseau neuf et mettez du sel dedans. Lorsqu'il l'eut, il alla à la fontaine, et jeta le sel dans l'eau en disant : Voici ce que dit le Seigneur : J'ai rendu ces eaux saines, et elles ne causeront plus à l'avenir ni mort ni stérilité Et ces eaux devinrent saines, comme elles le sont encore aujourd'hui, selon la parole qu'Elisée prononça sur elles.

De Jéricho, le nouveau prophète partit pour Béthel. Pendant qu'il montait vers cette ville, des enfants en sortirent, et l'insultèrent en disant : Chauve, monte ! Chauve, monte! Il les maudit au nom du Seigneur, et aussitôt deux ours s'élançant d'un bois voisin, en dévorèrent quarante-deux. Ainsi Elisée faisait présager en lui le successeur du prophète Elie.

Josaphat régnait encore en Juda. A peine revenu du siège de Ramoth Galaad, ce prince avait repris ses réformes, combattu de nouveau l'idolâtrie et établi en chaque ville des juges desquels on pouvait appeler à un tribunal suprême qui siègeait sous ses yeux à Jérusalem. Comme Salomon, il rouvrit à ses sujets les routes des riches pays de l'Orient et il fit construire une flotte destinée pour Ophir. Mais il eut l'imprudence de laisser l'impie roi d'Israël prendre part à cette entreprise et la flotte fut brisée à la sortie du port. Instruit par Eliézer de la cause de ce désastre, il équipa une seconde flotte, mais sans plus admettre d'hommes du royaume d'Israël sur ses vaisseaux. Cependant, quelque temps après il consentit à contracter alliance contre les Moabites avec Joram, successeur d'Ochosias sur le trône d'Israël. Mésa, roi des Moabites, s'était engagé à payer à Achab un tribut de 100000 agneaux et de 100000 moutons avec leur toison. Mais après la mort d'Achab il avait rompu le traité; c'était la cause de la guerre. Les armées d'Israël et de Juda, augmentées encore d'auxiliaires iduméens, marchèrent contre l'ennemi, le défirent et assiégèrent le roi de Moab dans sa capitale. Mais les Hébreux le virent égorger son fils aîné sur la muraille, pour l'offrir en holocauste, et, frappés d'horreur, ils se retirèrent.

Les Moabites s'unirent alors aux Ammonites, et les deux peuples assemblèrent leurs forces près d'Engaddi. Cette coalition redoutable semble s'être accrue de quelques peuplades de la Syrie et de plusieurs tribus de l'Idumée jusqu'alors soumises au roi de Juda. Dans ce péril, Josaphat eut recours au Seigneur; un jeûne solennel fut ordonné, des prières publiques furent récitées dans le temple, et le lendemain l'armée s'avança précédée des lévites qui chantaient ces paroles d'un psaume : Louez le Seigneur, sa miséricorde est éternelle. Jéhovah entendit les cris de son peuple et envoya aux confédérés un esprit de discorde. Ils en vinrent aux mains les uns contre les autres. Après qu'ils eurent détruit les Iduméens, les Moabites et les Ammonites s'égorgèrent entre eux, et, quand les troupes de Juda arrivèrent, elles ne trouvèrent plus qu'un champ de bataille couvert de morts. Le butin fut immense; aussi les Hébreux appelèrent-ils cette vallée la Vallée de Bénédiction, Josaphat revint triomphant à Jérusalem, où il mourut en paix à l'âge de soixante ans, après vingt-cinq années de règne. Joram, l'aîné de ses enfants, et avec lequel il avait déjà partagé la royauté, lui succéda (891 avant J. C.).

Joram et Ochosias en Juda (891-883); Ochosias et Joram en Israël (896-883).

Le premier acte du nouveau roi fut le meurtre de ses six frères et de quelques-uns des principaux du royaume; il était poussé dans cette voie par sa femme Athalie, fille d'Achab, que Josaphat avait eu l'imprudence de lui laisser épouser. Les conseils et les séductions de cette princesse impie ramenèrent l'idolâtrie dans Jérusalem, et bientôt Juda tout entier prévariqua. Aussitôt l'Idumée se révolta, et quoique châtiée par Joram, elle ne cessa plus de lutter pour recouvrer son indépendance. A leur tour les Philistins et les Arabes envahirent le royaume; ils pillèrent Jérusalem et le palais du roi, et emmenèrent en captivité ses femmes et ses fils, à l'exception du plus jeune, nommé Ochosias. Joram lui-même, frappé d'une maladie d'entrailles incurable, souffrit pendant deux années. Il mourut enfin, mais ses sujets pour flétrir sa mémoire le privèrent des honneurs de la sépulture royale. Ochosias lui succéda (884 avant J. C.); ce prince suivit aussi les voies de la maison d'Achab et se dirigea par les conseils impies de sa mère Athalie; ce fut la cause de sa perte : il ne régna qu'un an.

Ainsi l'idolâtrie s'était répandue d'Israël en Juda; toute la postérité d'Abraham et de Jacob répudiait le Dieu de ses pères et violait sa foi. Cependant le Seigneur cherchait à frapper l'esprit des Hébreux par le ministère tour à tour bienfaisant et terrible de ses prophètes, et sans cesse Elisée opérait de nouveaux miracles. Un jour il multiplia l'huile d'une pauvre veuve qui la vendit, et put ainsi payer ses créanciers, racheter et nourrir ses deux enfants; une autre fois, il prédit à une pieuse femme la naissance inespérée d'un fils; et quelque temps après, cet enfant étant mort, Elisée le rendit à la vie. Pendant une famine il rassasia tout le peuple de Galgala avec vingt pains d'orge, des prémices et un peu de grain en épi. Une autre fois, il fit revenir sur l'eau le fer d'une cognée perdu par un des enfants des prophètes; il guérit aussi Naaman, général des armées du roi de Syrie. Cet homme était lépreux; suivant les conseils du prophète, il descendit au Jourdain, s'y plongea sept fois, et son corps redevint net et pur comme celui d'un enfant.

Quelques années avant la mort du petit-fils de Josaphat, il y avait eu guerre entre Benadad, roi de Syrie, et le rol d'Israël, Joram, frère d'Ochosias et fils d'Achab. Ce prince, averti par Elisée, parvint à déjouer tous les projets de son ennemi. Benadad ayant su qu'un seul homme était la cause de ses mauvais succès, fit partir une troupe nombreuse de cavaliers pour s'emparer du prophète dans la ville de Dothan. Mais Elisée les frappa d'aveuglement et les conduisit dans Samarie, où, recouvrant la vue, ils se virent prisonniers du roi d'Israël. Quelque temps après, Benadad vint mettre le siège devant Samarie, et la famine y fut telle que deux mères convinrent de manger leur enfant. Elisée dit alors à Joram, frappé d'épouvante : Ecoute ce que dit l'Eternel: demain, à la même heure, la mesure de pure farine se donnera pour un sicle, et l'on aura pour cette somme deux mesures d'orge à la porte de Samarie. La prédiction s'accomplit à la lettre, car pendant la nuit le Seigneur fit entendre dans le camp des Syriens un grand bruit de chevaux et de chars; et les soldats, se croyant surpris, s'enfuirent abandonnant tentes, chevaux, vivres et bagages.

Elisée alla ensuite à Damas où Benadad était malade. Le roi de Syrie, apprenant que le prophète était dans sa capitale, envoya vers lui son serviteur Hazaël avec de riches présents; mais l'homme de Dieu ne put contenir l'émotion qu'il éprouvait en présence d'Hazaël et versa des larmes. Je pleure, lui dit-il, parce que je sais tous les maux que tu feras aux enfants d'Israël : tu brûleras leurs villes fortes, tu feras périr leurs jeunes hommes par le glaive, tu égorgeras leurs femmes et tu écraseras contre terre leurs petits enfants, car tu seras roi. En effet, dès le lendemain Hazaël étouffa son maître, et régna à sa place. Il attaqua aussitôt le royaume d'Israël, et s'empara de Ramoth Galaad. Joram, soutenu par le fils d'Athalie qui régnait alors en Juda, Ochosias, essaya de reprendre cette ville; mais il reçut une blessure et revint, accompagné d'Ochosias, à Jezraël pour y faire soigner son mal. Il avait laissé le commandement des troupes à Jéhu, son général, que le Seigneur avait choisi pour accomplir ses menaces contre la race impie d'Achab. Sur l'ordre du Seigneur, Elisée envoya un des enfants des prophètes à Ramoth Galaad, sacrer Jéhu, roi d'Israël, et lui dire : Tu frapperas la maison d'Achab, car il faut que le sang de mes prophètes et de mes serviteurs égorgés soit vengé. Toute cette lignée périra et les chiens mangeront le corps de Jézabel au champ de Jezraël. Jéhu marcha aussitôt sur cette place. Joram, quoique malade, monta sur son char ainsi que le roi de Juda, et s'avança au-devant du rebelle qu'il rencontra dans le champ de Naboth. Mais la trahison entourait les deux rois; ils le reconnurent bientôt et prirent la fuite; Jéhu les poursuivit et atteignit Joram d'une flèche qui le renversa mort; Ochosias aussi fut blessé et s'en alla mourir à Mageddo.

Page précédente                                                                 haut de page                                                                                Page suivante