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  De la naissance de Jésus à son ministère public 

L'Annonciation

L'Annonciation
L'Annonciation

Sous le règne d'Hérode le Grand vivait à Hébron, dans la Judée, un homme juste, un prêtre de la tribu de Lévi, nommé Zacharie, avec Elisabeth, sa femme, comme lui de la lignée d'Aaron, frère de Moïse. Tous deux étaient avancés en âge et n'avaient pas d'enfant. Un jour que Zacharie offrait de l'encens sur l'autel, l'ange Gabriel lui apparut et lui annonça que de sa femme il naîtrait un fils, nommé Jean, qui serait grand devant le Seigneur et rempli de l'esprit divin dès le sein de sa mère. Zacharie osa demander un signe qui lui garantît la vérité de cette promesse : Puisque tu n'as pas cru à mes paroles, dit l'ange, tu vas devenir muet, et tu ne parleras qu'au jour où elles s'accompliront.

Quand Elisabeth fut au sixième mois de sa grossesse, Dieu envoya l'ange Gabriel à Nazareth, en Galilée, vers une vierge qu'un homme de la maison de David, nommé Joseph, avait épousée, et cette vierge s'appelait Marie. L'ange étant entré dans le lieu où elle était : Je te salue, lui dit-il, Marie, pleine de grâce; le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre toutes les femmes. La vierge se troublait à ces paroles, mais l'ange reprit : Ne crains pas, car tu as trouvé grâce devant Dieu; le Saint-Esprit descendra en toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre. Tu concevras et tu enfanteras un fils qui régnera éternellement sur la maison de Jacob. - Voici la servante du Seigneur, répondit Marie, qu'il soit fait suivant sa parole.

Quelque temps après Elisabeth reçut la visite de Marie, sa cousine, et l'enfant qu'elle portait dans son sein tressaillit en présence du Seigneur. Quand l'enfant d'Elisabeth naquit on l'appela Jean, nom qui signifie plein de grâce; et, le jour où il fut circoncis, la langue de Zacharie, son père, se délia suivant la promesse de l'ange : Béni soit le Dieu de nos pères, disait-il; il nous a suscité un Sauveur dans la maison de David, suivant les antiques promesses annoncées par la bouche de ses prophètes... Et toi, petit enfant, tu marcheras devant la face du Seigneur pour lui préparer les voies, pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix. Jean se retira fort jeune dans le désert, ayant pour vêtement une tunique de poil de chameau, et pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Là il grandit et se fortifia en esprit, jusqu'au jour où il devait paraître devant Israël.

Naissance de Jésus à Bethléhem. Les Mages

Quelques mois après l'apparition de l'ange à Marie, on publia dans la Judée un édit de l'empereur Auguste qui ordonnait à tous d'aller se faire inscrire dans la ville de leur naissance ou de leur origine. Joseph, qui était de la tribu de Juda et de la famille de David, se rendit avec Marie à Bethléhem, où David était né. Pendant qu'ils étaient en ce lieu, dans une hôtellerie, le terme de Marie s'accomplit : elle enfanta un fils, et le mit dans une crèche de l'étable où ils avaient été obligés de se loger, n'ayant pu trouver une autre place dans la maison (25 décembre, cinq ans avant notre ère).

En ce même moment, il y avait près de Bethléhem des bergers qui passaient la nuit dans les champs à la garde de leurs troupeaux. Tout à coup l'ange du Seigneur s'offre à leurs regards, une lumière divine les environne, et ils entendent ces paroles : Je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple un grand sujet de joie : Il est né aujourd'hui dans la cité de David un Sauveur qui est le Christ, et voici la marque à laquelle vous le reconnaîtrez : Vous trouverez un enfant nouveau-né couché dans une crèche. En même temps, ils entendirent toute l'armée céleste qui louait l'Eternel en disant : Gloire à Dieu, paix sur la terre, bonne volonté parmi les hommes!

Les bergers se rendirent à Bethléhem, où ils trouvèrent Marie, Joseph, et l'enfant couché dans une crèche; à ces marques, ils reconnurent la vérité de ce qui leur avait été annoncé.

Le huitième jour, l'enfant fut circoncis et nommé Jésus, selon l'ordre transmis par l'ange. Quelque temps après, arrivèrent de l'Orient à Jérusalem des mages qui cherchaient le nouveau roi des Juifs. Ils disaient qu'ils avaient vu dans leur pays un astre annonçant la naissance d'un prince. A ces mots, toute la ville fut émue. Hérode, alors à Jéricho, où il se faisait traiter de la maladie dont il mourut, ayant appris ces nouvelles, fit venir les chefs des prêtres et les scribes pour leur demander en quel lieu le Christ devait naître. Ils nommèrent Bethléhem, suivant cette parole du prophète : Et toi, Bethléhem, tu es la plus petite des mille maisons de Juda, mais du milieu de toi quelqu'un sortira pour moi, qui sera prince dans Israël.

Hérode dit alors aux mages d'aller trouver le nouveau roi, et de lui donner avis dès qu'ils l'auraient vu, afin qu'il pût l'adorer à son tour. Les mages partirent, et aussitôt l'étoile qu'ils avaient vue en Orient leur apparut encore, les conduisit à Bethléhem et s'arrêta au-dessus de l'endroit où était le Sauveur. Ils y entrèrent, adorèrent Jésus, et lui offrirent pour présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. La nuit suivante, un ange les ayant avertis des projets homicides d'Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin.

La Présentation au Temple, la Fuite en Egypte

Quarante jours après la naissance de Jésus, le temps de la purification de Marie étant arrivé, elle alla au temple de Jérusalem présenter son fils au Seigneur, et offrir les victimes prescrites par la loi, deux tourterelles ou deux colombes. Or, il y avait dans Jérusalem un homme juste et craignant Dieu, nommé Siméon, qui vivait dans l'attente de la consolation d'Israël. L'Esprit-Saint lui avait révélé qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Etant venu au temple dans le même temps que Joseph et Marie, il reconnut celui qui lui avait été désigné, et, prenant l'enfant Jésus dans ses bras, il rendit grâces à Dieu en disant : Maintenant, Seigneur, ton serviteur mourra en paix, car mes yeux ont vu le Sauveur, qui sera la gloire d'Israël et la lumière des nations. Il se trouva aussi dans le temple une sainte veuve, nommée Anne, qui consacrait ses jours et ses nuits au service de Dieu, priant et jeûnant sans cesse. Elle loua le Seigneur de ce qu'elle avait vu, et annonça la venue du Messie dans Israël.

Peu de temps après, comme Joseph se disposait à retourner à Nazareth, un ange lui apparut durant son sommeil et lui dit de s'enfuir en Egypte avec l'enfant et sa mère, parce qu'Hérode devait bientôt chercher Jésus pour le faire mettre à mort. En effet, Hérode, voyant que les mages s'étaient retirés sans l'avoir averti, entra dans une grande colère, et, prenant au sens matériel la royauté promise au divin enfant, il craignit pour son pouvoir. Afin de se débarrasser de ce redoutable adversaire, il envoya des soldats à Bethléhem pour égorger, dans la ville et les pays environnants, tous les enfants mâles au-dessous de deux ans. On vit alors s'accomplir ces paroles du prophète Jérémie : Un grand bruit a été entendu dans Rama, un bruit de plaintes et de gémissements. Rachel pleurait ses enfants, et ne voulait pas recevoir de consolations, parce qu'ils ne sont plus.

Enfance de Jésus

Le roi des Juifs mourut peu de temps après ce massacre (mars, an 4 avant notre ère), et Archélaüs, son fils, lui succéda. Alors l'ange du Seigneur apparut une seconde fois à Joseph et lui dit : Levez-vous, prenez l'enfant et sa mère, et retournez au pays d'Israël, car ceux qui cherchaient l'enfant pour le tuer sont morts. A son retour, Joseph aima mieux se fixer à Nazareth, petite ville de Galilée où ne s'étendait pas l'autorité d'Archelaüs. Jésus y grandit, soumis à Joseph et à Marie, jusqu'à la vingt-neuvième année de l'ère vulgaire, qui était la trente-troisième de son âge.

Sa mission ne commença qu'à cette époque; mais longtemps auparavant quelques signes avaient montré qu'il n'était pas un enfant ordinaire. Il n'avait encore que douze ans quand il se rendit à Jérusalem avec son père et sa mère pour y célébrer la Pâque. Après les cérémonies, Joseph et Marie partirent seuls, sans s'inquiéter de l'absence de Jésus, qu'ils croyaient resté avec quelqu'un de leurs parents ou de leurs amis; mais, sur le soir, l'ayant cherché de toutes parts inutilement, ils retournèrent le lendemain à Jérusalem, et le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant.

Joseph et Marie lui témoignèrent alors qu'ils avaient ressenti une vive affliction, mais Jésus leur dit : Ne savez vous pas qu'il faut que je me voue au service de mon Père ? Ils ne comprirent pas ces paroles, et retournèrent avec lui à Nazareth, où il passa encore près de vingt années dans l'obscurité, soumis à son père et à sa mère, mais croissant en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Saint Jean-Baptiste, Baptême de Jésus, Tentation

Saint Jean-Baptiste
Baptême de Jésus

Enfin, la quinzième année du règne de Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode Antipas, frère d'Archelaüs, tétrarque de la Galilée, et Caïphe, grand prêtre, le Seigneur fit entendre sa parole à Jean, fils de Zacharie, qui avait vécu dans le désert jusqu'à l'âge de trente-deux ans: Jean vint alors sur les bords du Jourdain prêcher le baptême de pénitence1. Faites pénitence, s'écriait-il, car le royaume des cieux est proche. De Jérusalem et de toute la Judée, beaucoup venaient à lui, et, après qu'ils avaient confessé leurs péchés, il répandait sur eux l'eau du fleuve. Il vint jusqu'à des pharisiens et des saducéens; mais il les repoussa en leur disant : Faites pénitence, et ne dites pas dans votre orgueil : Abraham est notre père; car je vous déclare que Dieu peut faire naître de ces pierres mêmes des enfants d'Abraham. Déjà la cognée frappe les racines; tout arbre qui ne portera pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

Le peuple lui demandait : Que devons-nous faire ? Il leur répondit : Que celui qui a deux vêtements en donne un à celui qui est nu; que celui qui a de quoi manger donne à celui qui a faim. - Maître, disaient les publicains, que faut-il que nous fassions? - Ce qui vous a été ordonné, mais rien au delà. Les soldats aussi disaient : Et nous, que ferons-nous ? - Vous contenter de votre paye et n'user avec personne de fraude ni de violence.

Cependant tous pensaient en eux-mêmes : Jean ne serait-il pas le Christ? Alors Jean dit tout haut : Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droite la voie du Seigneur. Et il ajoutait : Pour moi, je vous baptise dans l'eau, afin de vous porter à la pénitence; mais celui qui doit venir après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier les cordons de ses souliers; c'est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit. Moïse vous a donné la loi, mais le Christ vous apportera la grâce et la vérité. Et il annonçait que le Messie, attendu depuis si longtemps, était enfin arrivé; qu'il se trouvait au milieu des Israélites; qu'il avait déjà le van à la main et qu'il allait balayer l'aire et jeter au feu la mauvaise paille.

Le lendemain, Jean vit Jésus, qui venait à lui, et il dit : Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde. C'est de lui que j'ai dit : Il m'a été préféré, parce qu'il était avant moi. Et Jésus, ayant voulu être baptisé par lui, Jean refusa en disant : C'est moi qui doit être baptisé par vous, et c'est vous qui venez à moi ! - Laisse faire pour cette heure, répondit Jésus, il faut que toute justice s'accomplisse. Jean obéit alors, et le baptisa dans le fleuve. Au moment où le Christ sortait de l'eau, les cieux lui furent ouverts, et il vit l'Esprit de Dieu qui descendait comme une colombe, et qui se reposa sur lui; puis l'on entendit une voix qui disait : Vous êtes mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toute mon affection2.

Après cela, Jésus fut conduit par l'esprit malin dans le désert pour y être tenté. Il y resta, comme Moïse et Elie, quarante jours et quarante nuits, sans manger. Alors le tentateur s'approchant lui dit : Si tu es le fils de Dieu, fais que ces pierres deviennent des pains. Mais Jésus lui répondit : Il est écrit : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Ensuite le démon le transporta sur une haute montagne, et, lui montrant tous les royaumes de la terre, il lui dit : Je te donnerai toutes ces choses si tu te prosternes devant moi pour m'adorer. Mais Jésus répondit encore : Retire toi, car il est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu. Alors le diable le laissa, et en même temps les anges s'approchèrent et le servirent.

1. Isaïe avait dit, I, 16 : "Lavez-vous, purifiez-vous, enlevez le mal de vos âmes." Et Ezéchiel, XXXVI, 25 : «Je verserai sur vous une onde pure pour vous purifier de toutes vos impuretés.» Cf. Jérémie, II, 22. Dans l'ancienne loi, les impuretés légales devaient être effacées par des ablutions. Lévitique, XIV, 8; presque tout le chap. XV et le chap. XVI, 23-6, etc. Mais ces ablutions, pour être efficaces, ne supposaient pas un repentir intérieur, comme le nouveau baptême.

2. D'après quelques-uns des Evangiles perdus, les paroles entendues furent ces mots du psaume Ir, 7 : Tu es mon fils; je t'ai engendré aujourd'hui.

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