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  Ministère public de Jésus 

Premiers disciples et premier miracle : Noces de Cana

Noces de Cana
Noces de Cana

Quelque temps après, Jean, fils de Zacharie, étant allé baptiser à Béthabara au-delà du Jourdain, Jésus passa près de là, s'en retournant en Galilée. Jean le vit et dit à deux de ses disciples, André et Jacques : Voilà l'agneau de Dieu, voilà celui qui ôte les péchés du monde. Ces deux hommes suivirent alors Jésus, qui se retournant leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Maître, où demeurez vous ? Il leur dit : Venez et voyez. Ils vinrent et demeurèrent tout le jour avec lui. Sur le soir, André trouva Simon, son frère, et l'amena à Jésus, qui lui dit : Tu es Simon, fils de Jean, mais désormais tu seras appelé Céphas (c'est-à-dire Pierre). Le lendemain, Jésus se rendant à Nazareth, rencontra Philippe et lui ordonna de le suivre; Philippe obéit, et ayant à son tour rencontré Nathanaël, il lui dit : Nous avons trouvé celui dont Moïse et les prophètes ont prédit la venue : c'est Jésus de Nazareth. - Eh, repartit Nathanaël, peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? Philippe ne lui répondit que ces mots : Venez et voyez. En le voyant venir, le Christ s'écria : Voici un véritable Israélite, sans déguisement et sans artifice. - D'où me connaissez-vous ? dit Nathanaël. Jésus répliqua : Avant que tu eusses été appelé par Philippe, je t'ai vu sous le figuier. - Maître, dit Nathanaël, je vois bien que vous êtes le Fils de Dieu, le roi d'Israël. Le Christ ajouta : Vous verrez bien d'autres choses, lorsque les cieux s'ouvriront et que les anges descendront vers le Fils de l'homme.

Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus s'y trouvait. Jésus lui-même y avait été convié avec ses disciples. Le vin venant à manquer, la mère de Jésus dit aux serviteurs : Faites tout ce qu'il vous dira. Or, il y avait là six grandes urnes de pierre pour servir aux purifications. Jésus les fit remplir d'eau, puis dit aux serviteurs : Puisez maintenant et portez à l'intendant. L'intendant ayant goûté cette eau changée en vin, appela l'époux, et lui dit : Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moindre; mais vous, vous avez réservé le bon vin jusqu'à cette heure. Ce fut le premier miracle de Jésus.

Les Vendeurs chassés du Temple

La fête de Pâque étant proche, Jésus se rendit à Jérusalem pour la célébrer. Mais, à son entrée dans le temple, il vit des changeurs assis auprès de leurs comptoirs, et des marchands qui vendaient des animaux et des oiseaux pour les sacrifices. Alors, saisi d'indignation, il s'arma d'un fouet et les chassa en disant : Enlevez vos marchandises et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.

Mais quelques-uns lui demandèrent de quel droit il en usait ainsi : Détruisez ce temple, leur dit-il, et je le rebâtirai en trois jours. - Ce temple, disaient les Juifs, a été quarante-six ans à bâtir, et vous le relèveriez en trois jours? Mais il entendait parler de son corps, qui devait mourir et ressusciter le troisième jour.

Le Pharisien et la Samaritaine

Il y avait un homme parmi les pharisiens nommé Nicodème, qui vint la nuit trouver Jésus et qui lui dit : Maître, nous savons que vous êtes un docteur envoyé par Dieu, car personne ne pourrait accomplir les miracles que vous faites, si Dieu n'était pas avec lui. - En vérité, je vous le dis, répondit Jésus, nul ne verra le royaume de Dieu, s'il ne naît de nouveau. - Mais comment un homme déjà vieux peut-il naître une seconde fois ? disait le pharisien, qui, habitué à la stricte observance des rites extérieurs, ne comprenait pas cette renaissance spirituelle. Je vous le dis en vérité, repartit le Christ, si un homme ne renaît de l'eau et du Saint Esprit, il ne pourra entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'esprit est esprit.

De Jérusalem, Jésus se rendit dans le pays arrosé par le Jourdain. Le nombre de ceux qui venaient à lui fut si grand que les disciples de Jean témoignèrent à leur maître la jalousie qu'ils en ressentaient; mais Jean leur répondit : Ce n'est pas moi qui suis le Christ; j'ai été envoyé devant lui pour préparer les voies. Le Père aime le Fils, et lui a mis toutes choses entre les mains. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle.

Cependant Jean-Baptiste était toujours suivi d'une grande multitude de peuple, ravie d'entendre sa parole; et les Juifs, dit l'historien Josèphe, paraissaient disposés à entreprendre tout ce qu'il leur commanderait. Hérode Antipas en conçut de l'inquiétude, et le fit emprisonner. Jésus, craignant que les pharisiens, ses ennemis déclarés, ne portassent Pilate à le faire arrêter sous prétexte qu'il était, comme Jean, suivi d'une foule nombreuse, se retira dans la Galilée.

En traversant la Samarie, il s'arrêta aux environs d'une petite ville nommée Sichor, auprès de l'héritage donné par Jacob à son fils Joseph. Il y avait en ce lieu un puits connu sous le nom de Puits de Jacob; Jésus s'assit auprès, et envoya ses disciples vers la ville, pour acheter quelque nourriture. Pendant leur absence, une femme de Sichor vint puiser de l'eau. Jésus lui ayant demandé à boire, cette femme témoigna une grande surprise, parce que les Juifs et les Samaritains n'avaient de relations entre eux que dans l'extrême nécessité. Mais Jésus, venu pour éteindre les haines nationales dans l'universelle charité, lui dit : Si vous connaissiez celui qui vous dit : Donnez à boire, peut-être lui en auriez-vous demandé vous-même, et il vous aurait donné une eau vive. - Seigneur, vous n'avez pas de quoi puiser, et le puits est profond; où donc auriez-vous pris l'eau vive ? Etes-vous plus grand que Jacob, notre père ? - Quiconque boit de cette eau, répondit le Christ, a soif encore; mais l'eau que je donnerai deviendra une fontaine qui rejaillira jusque dans la vie éternelle. Le temps est venu où l'on n'adorera plus le Père seulement à Jérusalem ou sur le mont Garizim. Les vrais adorateurs que cherche le Père sont ceux qui l'adorent en esprit et en vérité. La Samaritaine répondit : Je sais que le Messie doit venir : lors donc qu'il sera venu, il nous annoncera toutes choses. - C'est moi, lui dit Jésus, qui suis le Messie. Sur ces entrefaites, les disciples revinrent de Sichor et pressèrent le Christ de manger; mais il leur dit : J'ai une nourriture à prendre que vous ne connaissez pas; c'est d'accomplir la volonté de mon Père.

Cependant la Samaritaine était retournée dans la ville et racontait à tous les habitants l'entretien qu'elle avait eu avec Jésus. Cet homme, disait-elle, est certainement un prophète, car il m'a rappelé tout ce que j'ai fait pendant ma vie. Les gens de Sichor vinrent alors prier Jésus d'entrer dans leur ville. Il y resta deux jours, et plusieurs crurent en lui. Ils disaient : Nous croyons, parce que nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Christ, le Sauveur du monde.

Jésus méconnu à Nazareth

Jésus arriva enfin dans la Galilée, et se rendit à Nazareth, sa patrie. Le jour du sabbat, il prêcha dans la synagogue, lut les Ecritures, et se fit à lui-même l'application d'un passage d'Isaïe où il est écrit : L'esprit du Seigneur repose sur moi; car il m'a consacré pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour délivrer les captifs, rendre la vue aux aveugles et la liberté aux opprimés.

Ceux de Nazareth admiraient sa doctrine et lui rendaient témoignage; mais en même temps, se souvenant de l'humilité de sa naissance, ils disaient : N'est-ce pas là le fils de Joseph le charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude; et ses soeurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D'où viennent donc à celui-ci toutes ces choses ? Et ainsi ils prenaient de lui un sujet de scandale. Mais Jésus, témoin de leur incrédulité, leur disait : Nul n'est prophète en son pays. Ce reproche les remplit d'une telle colère qu'ils le menèrent sur le haut de la montagne où leur ville était bâtie pour le précipiter; mais Jésus, passant au milieu d'eux sans qu'ils le pussent arrêter, descendit à Capharnaüm, où il fit désormais sa demeure habituelle, bien qu'il ait souvent quitté cette ville pour aller dans les lieux d'alentour prêcher, enseigner et guérir les malades qui lui étaient amenés de tous côtés.

Il vint aussi une seconde fois à Cana, où un officier d'Hérode s'approcha de lui et le supplia de guérir son fils, malade à Capharnaüm, et tout près de mourir. Jésus lui répondit : Si vous ne voyez, vous autres, des miracles et des prodiges, vous ne croyez pas. Retourne sur tes pas; ton fils est guéri. L'officier crut à cette promesse et partit; il approchait de la ville, quand il vit ses gens accourir à sa rencontre et lui annoncer que, dès le jour précédent, à la septième heure, c'est-à-dire au moment où le Christ lui parlait, son fils avait été délivré de son mal.

La Pêche miraculeuse; le Paralytique guéri

Saint Jean-Baptiste
La Pêche miraculeuse

Un jour qu'il était sur le bord du lac de Génézareth, se voyant trop pressé par la multitude rassemblée pour l'entendre, il monta dans la barque de Simon-Pierre, et de là prêcha au peuple qui se tenait sur le rivage. Ensuite il dit à Pierre d'avancer sur le lac et de jeter ses filets : Pierre, qui, de toute la nuit, n'avait pas pris un seul poisson, obéit; cette fois, les filets furent tellement remplis qu'ils se rompaient. Deux barques reçurent cette pêche miraculeuse, et semblaient sur le point d'enfoncer, tant la quantité de poisson était grande. La frayeur saisit alors Pierre et ses compagnons, parmi lesquels se trouvaient Jacques et Jean, fils de Zébédée; mais Jésus leur dit : Ne craignez point, venez avec moi, et vous serez pêcheurs d'hommes. Dès ce moment, ils quittèrent tout pour le suivre.

A quelque temps de là, Jésus guérit un lépreux. Puis, un jour que les pharisiens et les docteurs de la loi étaient assis autour de lui, quatre hommes apportèrent un paralytique. Mais comme ils ne pouvaient le présenter à Jésus à cause de la foule qui encombrait les portes de la maison, ils découvrirent le toit et, par l'ouverture, descendirent le paralytique sur son lit jusqu'à l'endroit où Jésus se trouvait. Et lui, voyant leur foi, dit au paralytique : Vos péchés vous sont remis. Comme les scribes et les pharisiens qui étaient là présents se récriaient contre une telle parole que Dieu seul pouvait proférer : Croyez-vous, ajouta-t-il, qu'il soit plus difficile au Fils de l'homme de remettre les péchés que de dire à ce paralytique : Lève-toi et retourne en ta maison ? Le malade, en effet, se leva et remporta lui-même le lit sur lequel il était couché.

Discussions avec les Pharisiens; faire le bien partout et toujours

Les pharisiens et les scribes, irrités de ce que tout le peuple courait à lui et désertait leurs synagogues, observaient ses actions pour le prendre en faute. Un jour, Jésus étant sorti, vit en passant un homme nommé Matthieu, assis au bureau des impôts; il lui dit : Suivez-moi; et lui aussitôt se leva et le suivit. Or, Jésus étant à table dans la maison de cet homme, il y vint beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie qui se mirent à table avec Jésus et ses disciples. Les pharisiens l'ayant vu dirent à ses disciples : Pourquoi votre maître mange-t-il avec des publicains et des gens de mauvaise vie ? Jésus les entendit et leur répondit : Ce ne sont pas à ceux qui sont en santé, mais aux malades que le médecin est nécessaire. Ce ne sont pas les justes, mais les pécheurs que je suis venu appeler à la repentance. Il ajoutait encore : Le vin nouveau ne se met pas dans de vieux tonneaux, ni du drap neuf à un manteau vieilli, voulant faire entendre que la loi nouvelle ne pouvait s'enfermer dans les rites étroits et usés de l'ancienne loi.

Une autre fois, pendant un jour de sabbat, ses disciples, passant près d'un champ de blé, prirent des épis qu'ils brisèrent pour en manger les grains. Pourquoi faites-vous ce qui n'est pas permis ? disaient les pharisiens; vous violez le repos du sabbat. - Mais David, repartit le Christ, pressé par la faim, n'a-t-il pas pris même sur la table de proposition les pains qui y étaient exposés ? Or, je vous le déclare, il y a ici quelqu'un plus grand que le temple. Si vous aviez compris cette parole : J'aime mieux la miséricorde que le sacrifice, vous n'auriez pas condamné des innocents. Allez, le Fils de l'homme est maître du sabbat. Ce même jour, il guérit un homme dont la main était desséchée; et pour jeter dans la confusion la vaine science des pharisiens, il leur demandait : Est-il permis, au jour du sabbat, de faire du bien ou du mal, de sauver ou de tuer ?

Amour du prochain

Un docteur lui demandait : Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ?

Jésus répondit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est le plus grand et le premier des commandements. Voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toute la loi et les prophètes sont renfermés dans ces deux commandements.

Et ce docteur voulant montrer qu'il était juste, dit : Mais quel est mon prochain ?

Jésus répondit :
Un homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho tomba entre les mains des voleurs. Ils le dépouillèrent, le couvrirent de blessures et s'en allèrent, le laissant à demi mort.
Il arriva ensuite qu'un prêtre descendit par le même chemin; l'ayant vu, il passa outre.
Un lévite vint aussi au même lieu et ne s'arrêta pas davantage.
Mais un Samaritain qui voyageait étant venu à l'endroit où était cet homme, et l'ayant vu, en fut touché de compassion.
Il s'approcha de lui, versa de l'huile et du vin dans ses plaies, et l'ayant mis sur son cheval, il le mena dans une hôtellerie et prit soin de lui.
Le lendemain, il donna deux deniers à l'hôte et lui dit : Ayez bien soin de cet homme; tout ce que vous dépenserez de plus, je vous le rendrai à mon retour.
Lequel de ces trois vous semble-t-il avoir été le prochain de celui qui tomba entre les mains des voleurs?

Le docteur lui répondit :
Celui qui a exercé la miséricorde envers lui. - Allez donc, lui dit Jésus, et faites de même.

Les Samaritains étaient un peuple odieux aux Juifs; mais Jésus voulait montrer que le bien pouvait se faire par les mains de l'étranger, comme il pouvait se faire au jour même du sabbat.

Ainsi chaque jour il élargissait le cercle étroit dans lequel les docteurs auraient voulu enfermer l'intelligence; chaque jour il montrait davantage que la religion n'était pas en d'inutiles pratiques, ni la vertu en de vaines formalités. Les Juifs avaient perdu le sens de la loi mosaïque, ils n'en conmaissaient plus que la lettre; Jésus brisait le sceau sous lequel les pharisiens enchaînaient l'esprit, et faisait remonter l'âme à Dieu. Le sermon sur la montagne dévoila davantage la nouvelle doctrine.

Sermon sur la montagne; les huit béatitudes

Jésus avait traversé le lac de Tibériade et gravi une montagne sur laquelle il était resté toute la nuit en prière. Au matin, il choisit douze de ses disciples auxquels il donna le nom et la mission d'apôtres, c'est-à-dire d'envoyés; puis il commença à les instruire de sa doctrine, ainsi que le peuple assemblé de toutes parts.

Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux. Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre. Bienheureux ceux qui souffrent, ils seront consolés. Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés. Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. Bienheureux les pacifiques, ils seront appelés les enfants de Dieu.

Les Apôtres sont la lumière du monde

Quand les hommes vous maudiront et vous persécuteront, réjouissez-vous, car une grande récompense vous sera réservée dans les cieux.
Vous êtes la lumière du monde. Or, le flambeau qu'on allume ne se met pas sous le boisseau pour éclairer la maison, mais sur le chandelier. Brillez donc aux yeux des hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres et glorifient le Père qui est dans les cieux.

L'ancienne loi n'est pas abolie

Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi et les prophètes; ma mission n'est pas d'abolir, mais d'accomplir : car, en vérité, je vous le dis, jusqu'à ce que le ciel et la terre passent, un seul point de la loi ne passera pas que tout ne soit accompli.

Pardon des injures

Vous savez qu'il a été dit : Tu ne tueras point. Mais moi je vous dis que celui qui se mettra en colère contre son frère, ou lui dira Raca1, méritera d'être condamné par le conseil; que celui qui lui dira : Tu es un fou, sera condamné aux feux de l'enfer. Si donc, quand vous présentez votre offrande à l'autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre don, et courez vous réconcilier avec lui; vous viendrez ensuite présenter votre offrande.

1. Raca, mot qui ne se trouve qu'une seule fois dans l'Ecriture, et nulle part dans les écrits rabbiniques. Il signifie menu léger, par conséquent homme de rien.

L'intention même du péché est coupable

Vous savez qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère. Mais moi je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son coeur, commis l'adultère. Si donc votre oeil droit vous scandalise, arrachez-le, et le jetez au loin; car il vaut mieux qu'un de vos membres périsse que si tout votre corps était jeté aux enfers.
Il a été dit encore : Quiconque veut renvoyer sa femme lui donnera un écrit faisant preuve qu'il la répudie. Et moi je vous dis que quiconque renvoie sa femme, si ce n'est en cas d'adultère, la fait devenir adultère.

Point de serments

Vous savez qu'il a été dit : Vous ne vous parjurerez pas et vous accomplirez les serments que vous aurez faits au Seigneur. Et moi je vous dis de ne jurer en aucune sorte, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu, ni par la terre, parce qu'elle est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi. Vous ne jurerez pas non plus par votre tête, parce que vous ne pouvez en rendre un seul cheveu blanc ou noir. Mais vous direz seulement : Cela est, ou : Cela n'est pas.

Rendre le bien pour le mal

Il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Moi je vous dis : Si quelqu'un vous frappe sur la joue droite, présentez lui encore l'autre. Si quelqu'un veut plaider contre vous pour vous prendre votre robe, abandonnez-lui encore votre manteau; donnez à qui vous demande, et ne refusez pas à qui veut vous emprunter.
Il a été dit : Vous aimerez votre prochain et vous haïrez votre ennemi. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis, faites du bien à qui vous hait, priez pour qui vous persécute. Car si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense en aurez-vous ? Les publicains ne le font-ils pas aussi? Et si vous ne saluez que vos frères, faites Vous plus que les païens ?

Ne pas faire le bien par vanité

Ne faites pas vos bonnes oeuvres pour être regardés des hommes, autrement vous n'en recevrez pas la récompense de votre Père qui est aux cieux. Lors donc que vous donnerez l'aumône, ne faites pas sonner la trompette devant vous, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, pour être honorés des hommes. Je vous le dis en vérité, ces gens-là ont reçu leur récompense. Mais que votre main droite ne sache pas ce que fait votre main gauche, afin que votre aumône soit dans le secret et que votre Père qui voit tout vous en donne la récompense.

Prier sans ostantation

Lorsque vous priez, ne ressemblez pas aux hypocrites qui se tiennent debout dans les synagogues et aux coins des rues pour être vus des hommes. Ces gens-là, je vous le dis en vérité, ont reçu leur récompense. Mais entrez dans votre chambre, fermez la porte et priez votre Père dans le Secret.
Que vos prières soient courtes et non comme celles des païens, qui s'imaginent que c'est par la multitude des paroles qu'ils seront exaucés. Car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. Vous prierez donc ainsi : Notre Père qui êtes dans les cieux, que votre nom soit sanctifié; que votre règne arrive; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien et pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Ne nous abandonnez pas à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.
Lorsque vous jeûnez, ne soyez pas tristes comme les hypocrites, car ils affectent de paraître avec un visage défiguré, afin que les hommes connaissent qu'ils jeûnent. Je vous le dis, en vérité, ils ont déjà reçu leur récompense. Mais vous, lorsque vous jeûnez, parfumez votre tête et lavez votre visage, afin que votre Père seul vous ait vus, lui qui voit les choses les plus cachées, et qui vous en donnera la récompense.

Détachements des biens de ce monde

Ne vous faites point de trésors dans la terre, où la rouille et les vers les mangent, où les voleurs les déterrent et les emportent. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, où il n'y a ni rouille ni vers qui les rongent, ni voleurs qui les dérobent. Car où est votre trésor, là aussi est votre coeur. Nul ne peut servir deux maîtres, car ou il aimera l'un et haîra l'autre, ou il se soumettra à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et les richesses.
Aussi je vous dis : Ne vous inquiétez pas où vous trouverez la nourriture et les vêtements. Considérez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent et n'amassent rien dans les greniers. Mais votre Père céleste les nourrit; or, n'êtes-vous pas plus que les oiseaux du ciel ?
Pourquoi vous inquiéter de votre vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs. Ils ne travaillent point, ils ne filent point, et cependant je vous déclare que Salomon même dans toute sa gloire n'a jamais été vêtu comme un seul d'entre eux. Si donc Dieu prend soin de vêtir une plante des champs, qui est aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, combien plus saura-t-il vous vêtir, O hommes de peu de foi !
Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en surcroît. C'est pourquoi soyez sans inquiétude pour le lendemain, car le lendemain aura soin de lui-même; à chaque jour suffit sa peine.

Charité envers le prochain

Ne jugez pas afin de n'être pas jugés. Pourquoi voyez vous une paille dans l'oeil de votre frère, vous qui ne voyez pas la poutre qui est dans votre oeil ?
Gardez-vous de donner les choses saintes aux chiens, et ne jetez point vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, et que, se tournant contre vous, ils ne vous déchirent.

Chercher Dieu

Demandez et on vous donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira. Qui de vous donne à son fils une pierre au lieu de pain, et un serpent pour un poisson ? Si donc vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il les vrais biens à ceux qui les lui demanderont ?
Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit à vous-mêmes, c'est là la loi et les prophètes.
Entrez par la porte étroite, car large est la porte de perdition et spacieux le chemin qui y mène. Par là, beaucoup passent et entrent. Mais qu'elle est petite la porte de vie ! Qu'elle est étroite la route qui y conduit ! Comme il y en a peu qui la trouvent !
Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous couverts de peaux de brebis, et qui au-dedans sont des loups ravissants. Vous les connaîtrez par leurs fruits. Cueille t-on des raisins sur les épines ou des figues sur les ronces ?
Quiconque entend les paroles que je dis et les pratiques sera comme l'homme sage qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie qui tombe, les fleuves qui débordent, les vents qui mugissent assaillent cette demeure. Mais elle ne s'écroule point, parce que c'est le rocher qui la porte.
Celui qui entend mes paroles et ne les pratique pas ressemble à l'homme qui bâtit sur le sable. Si la pluie tombe, si les fleuves débordent, si les vents mugissent, la maison s'écroule, c'est une grande ruine.

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