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  La passion du Christ

Trahison de Judas

Jésus dit ensuite à ses disciples : Vous savez que la Pâque se fera dans deux jours, et que le Fils de l'homme sera livré pour être crucifié.

Au même temps les princes des prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans la cour de Caïphe le grand prêtre, et se consultèrent sur les moyens de faire mourir Jésus; mais ils craignaient, s'ils le faisaient saisir pendant la fête, qu'il ne s'élevât quelque tumulte parmi le peuple. C'est alors qu'un des douze apôtres, Judas Iscariote, vint et leur dit : Que voulez-vous me donner ? et je vous le livrerai. Ils lui promirent trente pièces d'argent; et depuis ce moment, Judas chercha une occasion de livrer son maître, à l'insu du peuple.

Lavement des pieds

La veille de la Pâque, Jésus entra dans Jérusalem; et sur le soir, étant seul avec ses disciples, il voulut leur donner une dernière et grande leçon d'humilité. Il prit un linge, versa de l'eau dans un bassin et leur lava les pieds. Puis il leur dit : Vous m'appelez votre Maître et votre Seigneur, et vous avez raison, car je le suis; faites donc comme j'ai fait. En vérité, je vous le dis, le serviteur ne vaut pas mieux que le maître; le messager n'est pas plus grand que celui qui l'a envoyé.

La Cène

Jésus

S'étant mis ensuite à table pour faire la Pâque avec ses douze apôtres, Jésus leur dit, pendant qu'ils mangeaient: En vérité, quelqu'un de vous me trahira. - Maître, est-ce moi ? lui demanda Judas. - Vous l'avez dit, répondit le Christ.
Or, pendant qu'ils étaient encore assis, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples en disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps. Il prit aussi une coupe, rendit grâces, et la leur donna en disant : Buvez en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui sera répandu pour la rémission des péchés.
Peu après, il se troubla, et dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me trahira. Et les apôtres se regardaient l'un l'autre, mais ils ne savaient de qui il voulait parler. Jean avait à ce moment la tête appuyée sur le sein du Christ. Pierre lui fit signe de demander quel était l'apôtre qui trahirait son maître, et Jésus répondit au disciple bien-aimé : C'est celui à qui je vais donner un morceau de pain trempé. Il le donna à Judas Iscariote, et aussitôt celui-ci quitta la table et s'en alla, excité par le mauvais esprit qui était entré dans son coeur. Comme il sortait, Jésus lui dit : Faites vite ce que vous faites; ce qui fut interprété par les autres apôtres comme s'il eût dit d'acheter les choses nécessaires à la solennité, ou de donner quelques aumônes aux pauvres; car il était chargé de la bourse commune.

Prédiction du renoncement de Pierre

Quand Judas fut sorti, Jésus dit : Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Et s'adressant à ses disciples : Enfants, je n'ai plus que peu de temps à rester avec vous. Vous me chercherez, mais, comme je le disais aux Juifs, vous ne pouvez venir où je vais maintenant. Je vous fais un dernier commandement : Aimez-vous les uns les autres; aimez-vous comme je vous ai aimés. -Seigneur, où donc allez-vous ? lui demanda Simon-Pierre : Pourquoi ne puis-je vous suivre maintenant ? Je donnerais ma vie pour vous. Jésus lui répondit En vérité, en vérité, je vous le dis, le coq ne chantera point que vous ne m'ayez renoncé trois fois.

Dernières exhortations de Jésus à ses disciples

Pendant le reste du repas, Jésus les entretint longuement de la confiance qu'ils devaient avoir dans la Providence et dans sa bonté pour eux. Il promit de leur envoyer un consolateur après son départ, et finit en priant pour sa glorification et pour le salut de ses apôtres et de tous les élus. Mon Père, dit-il en joignant les mains et en levant les yeux au ciel, l'heure est venue, glorifiez votre Fils afin qu'il vous glorifie. Rendez-moi maintenant cette gloire que j'avais en vous avant que le monde existât. J'ai fait connaître votre nom aux hommes que vous m'avez donnés; c'est pour eux que je prie. Père saint, conservez-les, afin qu'ils soient un comme nous sommes un : je ne vous demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal et de les sanctifier dans la vérité. Je ne prie pas seulement pour eux, mais pour tous ceux qui doivent croire en moi par leur parole. Pere saint, je désire que là où je suis, ceux que vous m'avez donnés soient aussi avec moi, pour contempler la gloire que vous m'accordez; car je leur ai fait connaître votre nom. Je le leur répéterai sans cesse, afin que l'amour dont vous m'avez aimé soit en eux, et qu'ils soient un et en nous, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi.

Jésus au jardin des oliviers

Après cette prière, Jésus sortit de la ville, suivi de ses disciples, passa le torrent de Cédron, et se rendit à la montagne des Oliviers, dans un jardin nommé Gethsémani, que Judas Iscariote connaissait, parce que le maître y était venu souvent.

Quand Jésus fut arrivé en cet endroit, il dit aux apôtres de l'attendre jusqu'à ce qu'il eût fait sa prière; et prenant avec lui Pierre, Jacques et Jean, il marcha quelque temps et se sentit bientôt pénétré d'une extrême affliction. Alors il leur dit : Mon âme est triste jusqu'à la mort; demeurez ici, veillez et priez pour ne point tomber en tentation. Et s'étant éloigné d'eux, environ à la distance d'un jet de pierre, il se mit à genoux et se prosterna le visage contre terre : Mon Père, s'écria-t-il, toutes choses vous sont possibles; faites, s'il vous plaît, que ce calice passe loin de moi; toutefois, que votre volonté soit faite et non la mienne. Alors un ange vint le consoler, mais Jésus, en proie à son agonie, continua longtemps encore sa prière; et il sortit de son corps une sueur semblable à des gouttes de sang qui coulaient jusqu'à terre.

Cependant il vint vers ses disciples, et les voyant endormis, il dit à Pierre : Ainsi vous n'avez pu veiller une heure avec moi; veillez et priez pour ne point tomber dans la tentation; l'esprit est prompt, mais la chair est faible. Il s'en alla une seconde fois et dit : Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite. Puis retournant vers ses disciples, il les trouva endormis de nouveau; il les laissa, et pour la troisième fois il répéta la même prière. Quand il eut fini, il revint auprès des apôtres : Dormez maintenant et reposez, leur dit-il; voici l'heure qui est proche où le Fils de l'homme sera livré aux mains des pécheurs. Mais bientôt il ajouta : Levez-vous, allons, celui qui doit me livrer est ici.

Baiser de Judas; arrestation de Jésus

En effet, Judas était entré dans le jardin avec une troupe de soldats auxquels il avait donné ce signal : Saisissez celui que je baiserai; c'est lui que vous cherchez. Il s'approcha donc et dit : Maître, je vous salue; en même temps il le baisa. Mais Jésus lui reprocha doucement son crime : Judas, vous livrez le Fils de l'homme par un baiser ! En même temps, s'avançant vers les soldats : Qui cherchez-vous ? leur demanda-t-il. - Jésus de Nazareth. - C'est moi! leur dit Jésus; et à ces mots ils tombèrent tous à la renverse. Il leur fit une seconde fois la même demande, et les soldats répondirent encore qu'ils cherchaient Jésus de Nazareth. Si c'est moi seul que vous cherchez, leur dit Jésus, laissez aller ceux qui me suivent. Alors ils se jetèrent sur lui et le lièrent. Pierre, en même temps, tira son épée, et coupa l'oreille à Malchus, serviteur du grand prêtre. Mais Jésus guérit aussitôt le blessé en touchant la plaie, et dit à Pierre : Remettez votre épée dans le fourreau; car tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée. Croyez-vous que si je priais mon Père, il ne m'enverrait pas plus de douze légions de ses anges? Mais comment s'accompliraient les Ecritures qui déclarent que cela doit se faire ainsi? Puis s'adressant aux princes des prêtres, aux capitaines des gardes du temple et aux anciens qui étaient venus pour le prendre, il leur dit : Vous vous êtes armés d'épées et de bâtons comme pour un voleur; quoique je fusse tous les jours avec vous dans le temple, vous ne m'avez point arrêté, mais c'est ici votre heure et la puissance des ténèbres; il faut que les Ecritures soient accomplies. Tous ses disciples l'abandonnèrent alors et s'enfuirent.

Jésus chez Anne

Les soldats menèrent d'abord Jésus chez Anne, beau-père de Caïphe, alors grand prêtre. Pierre les suivait de loin, avec un autre disciple, qui, connaissant Caïphe, le fit entrer dans la cour de la maison, où ils s'assirent avec les soldats autour d'un grand feu, attendant ce qui allait arriver. Cependant Anne interrogea le Christ sur sa doctrine et sur ses disciples. Jésus lui répondit : J'ai parlé publiquement à tout le monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple où tous les Juifs s'assemblent; je n'ai rien dit en secret; pourquoi m'interroger ? Demandez ce que j'ai dit à ceux qui m'ont entendu; ceux-là connaissent ma doctrine. A ces mots un des officiers frappa Jésus au visage, en disant : Est-ce ainsi que vous répondez au grand prêtre ? » (car Anne avait été revêtu de cette charge). Jésus lui répondit : Si j'ai mal parlé, faites-le voir; sinon, pourquoi me frappez-vous ?

Jésus chez Caïphe

Parabole des Vignerons
Jésus est emmené chez Anne,
puis chez Caïphe

Anne renvoya le Christ à Caïphe; le prince des prêtres et tout le conseil cherchaient des dépositions contre Jésus pour le faire mourir, mais ils n'en trouvaient pas. On rapportait qu'il avait dit : Je détruirai ce temple élevé par la main des hommes, et en trois jours je le rebâtirai. Mais ce témoignage ne suffisait pas; le grand prêtre, se levant alors au milieu de l'assemblée, interrogea Jésus et lui dit : Etes vous le Christ, le Fils de Dieu? Jésus répondit : Je le suis; un jour vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la majesté de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Aussitôt le grand prêtre déchira ses vêtements : Qu'avons-nous besoin de témoins ? s'écria-t-il; vous venez d'entendre ce blasphème; que vous ensemble ? Ils répondirent : Il a mérité la mort. Alors ils lui crachèrent au visage, ils le frappèrent à coups de poing, ils lui donnèrent des soufflets et ils lui disaient : Allons, Christ, prophétise et dis - nous qui t'a frappé.

Pierre renie Jésus

Cependant une servante s'approcha de Pierre, toujours assis dans la cour, et lui dit : Vous étiez aussi avec Jésus de Galilée ? Pierre répliqua devant tout le monde : Je ne sais ce que vous dites. Un moment après, il sortit de la cour pour entrer dans le vestibule; une autre servante le reconnut et dit à ceux qui se trouvaient là : En voici un qui était avec Jésus de Nazareth. Pierre nia une seconde fois et dit avec serment : Je ne connais point cet homme. Peu après, quelqu'un de ceux qui étaient là lui dit : Certainement vous étiez au nombre des disciples de Jésus, votre langage même montre que vous êtes Galiléen. Et l'un des parents de Malchus que Pierre avait blessé soutint qu'il l'avait vu dans le jardin de Gethsémani avec le Christ. Mais Pierre le nia avec de grands serments. Aussitôt le coq chanta, et Jésus jeta sur lui un regard qui le remplit de douleur et de confusion. Pierre se ressouvint de la parole que son maître lui avait dite : Avant que le coq ait chanté, vous me renoncerez trois fois; et sortant de la cour, il pleura amèrement.

Condamnation de Jésus par les anciens et les docteurs

Aussitôt qu'il fut jour, les prêtres, les anciens et les docteurs s'étant assemblés, firent comparaître Jésus devant eux et lui demandèrent encore : Etes-vous le Christ? Il leur répondit : Si je vous l'affirme, vous ne me croirez point; et si je vous interroge, vous ne me répondrez point et ne me laisserez point aller. Mais désormais le Fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. -Vous êtes donc le Fils de Dieu?- Vous le dites, je le suis. Alors tout le conseil le déclara digne du dernier supplice. Mais comme les Romains, maîtres du pays, leur avaient ôté le droit de vie et de mort, ils l'amenèrent devant Ponce Pilate, gouvermeur de la province, et l'accusèrent de troubler le repos public, d'enseigner qu'il ne fallait pas payer le tribut à César, et de s'annoncer comme le Christ Fils de Dieu.

Mort de Judas

En voyant que son maître était condamné, Judas se repentit de son crime. Il rapporta les trente pièces d'argent aux princes des prêtres et aux anciens, et leur dit : J'ai péché en livrant le sang innocent. -Que nous importe? C'est votre affaire, lui dirent-ils. Judas jeta l'argent dans le temple, et, s'étant retiré, il alla se pendre. Mais les princes des prêtres ne voulurent pas mettre dans le trésor un argent qui était le prix du sang, ils en achetèrent le champ d'un potier pour la sépulture des étrangers, et ce terrain fut appelé Haceldama ou le Champ du sang. Ainsi se trouvait accomplie cette parole du prophète Jérémie : Ils ont reçu les trente pièces d'argent, prix de celui qui a été vendu par les enfants d'Israël; et ils les ont données pour le champ d'un potier.

Jésus devant Ponce Pilate et Hérode

Les Juifs accusateurs de Jésus n'étaient pas entrés dans le prétoire du gouverneur romain, pour ne pas être souillés avant la Pâque, qu'ils devaient célébrer le soir du même jour, par le contact d'hommes d'une autre lignée et d'une autre religion. Aussi Pilate, après une seule question adressée à Jésus, sortit et dit : Je ne trouve rien de criminel en cet homme. Mais les prêtres et le peuple insistèrent en ajoutant : Il soulève le peuple par la doctrine qu'il répand dans toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu'à Jérusalem. Pilate, à ces mots, demanda s'il était Galiléen. Apprenant qu'il était de Nazareth, et par conséquent sous la juridiction d'Hérode Antipas, tétarque de Galilée, il l'envoya devant ce prince, qui, à cette époque, se trouvait aussi à Jérusalem.

Hérode eut une grande joie de voir Jésus : il y avait longtemps qu'il souhaitait l'entendre, dans l'espérance d'être témoin de quelque miracle. Mais Jésus ne fit et ne répondit rien. Hérode, ainsi que sa cour, irrité de ce silence, le traita avec moquerie; il lui fit revêtir une robe blanche pour insulter à sa royauté et le ramena devant Pilate.

Le gouverneur interrogea de nouveau Jésus : Ceux de votre nation et les princes des prêtres vous ont livré entre mes mains, qu'avez-vous fait ? - Mon royaume, répondit Jésus, n'est pas de ce monde; si mon royaume était d'ici, mes gens auraient combattu pour m'empêcher de tomber entre les mains des Juifs. Pilate lui dit alors : Vous êtes donc roi ? Jésus lui repartit : Vous le dites, je ne suis né et ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque aime la vérité écoute ma voix. - Qu'est-ce que la vérité ? dit Pilate.

Ponce Pilate abandonne Jésus et délivre Barabbas

Cependant, Pilate sortant de nouveau, dit aux princes des prêtres, aux anciens et à tout le peuple : Je n'ai pas trouvé cet homme coupable des crimes dont vous l'accusez. Il eût voulu que Jésus fût mis en liberté, surtout pour dissiper les craintes de sa femme, qui lui avait fait dire, pendant qu'il siègeait sur son tribunal : Ne vous mêlez point des affaires de ce juste; car j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. Mais les cris redoublèrent : Je le ferai châtier, dit alors Pilate, et puis je le renverrai. Voyant qu'ils insistaient toujours, il ajouta : Chaque année, à la fête de Pâques, je délivre un criminel. Il y a en ce moment un insigne coupable, à la fois voleur et meurtrier, Barabbas : lequel voulez-vous que je vous délivre, du Christ ou de Barabbas ? Mais ils se mirent à crier tous ensemble : Faites mourir Jésus, délivrez Barabbas. Pilate leur dit encore : Que voulez-vous que je fasse du roi des Juifs? et ils crièrent de nouveau : Crucifiez-le. Pilate reprit : Mais quel mal a-t-il fait? et eux criaient encore plus fort : Crucifiez-le, crucifiez-le. Pilate prit donc Jésus, et le remit à ses soldats pour qu'il fût battu de verges.

La Flagellation et le Couronnement d'épines

Quand la foule se fut écoulée, Jésus, assis vis-à-vis du tronc du temple, considérait ce que chacun y mettait d'argent, et il vit quelques riches faire de grosses aumônes. Il vint aussi une pauvre veuve; elle mit seulement deux petites pièces de la valeur d'un quart de sou. Alors, Jésus, appelant ses disciples : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a plus donné que tous les autres, car ceux-ci n'ont pris que sur leur richesse, et elle, elle a pris même sur sa pauvreté.

Prophétie de la ruine du Tenmple et de Jérusalem

Les soldats du gouverneur menèrent alors Jésus dans le prétoire, et quand toute la cohorte fut rassemblée autour de lui, on ôta ses habits, on le revêtit d'un manteau d'écarlate, on plaça sur sa tête une couronne d'épines et dans sa main droite un roseau. Puis les soldats se mettaient à genoux devant lui, et le raillaient en disant : Salut au roi des Juifs. Et chacun lui crachait au visage, ou lui enfonçait les épines en le frappant sur la tête.
Quand ils l'eurent ainsi accablé de coups et d'outrages, Pilate fit une dernière tentative pour le sauver; il sortit avec eux et dit aux Juifs : Voici que je vous ramène Jésus, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime. Jésus parut en ce moment devant la foule, portant la couronne d'épines et le manteau d'écarlate, et Pilate leur dit : Voici l'homme ! -Crucifiez-le! Crucifiez-le! criaient les princes des prêtres et le peuple qu'ils excitaient; nous avons notre loi, et selon cette loi Jésus doit mourir, parce qu'il s'est dit Fils de Dieu.
Pilate, entendant ces paroles, craignit encore davantage; il rentra dans le prétoire avec Jésus et lui dit : D'où êtes vous ? Jésus ne fit aucune réponse. Vous ne parlez point? Ne savez-vous pas, reprit Pilate, que j'ai le pouvoir de vous faire attacher à une croix et que j'ai le pouvoir de vous délivrer ? Jésus répondit : Vous n'auriez aucun pouvoir sur moi, s'il ne vous avait été donné d'en haut. Et en même temps les Juifs criaient : Si vous délivrez cet homme, vous n'êtes point ami de César; car quiconque se fait roi se déclare contre César. Pilate dit aux Juifs : Voici votre roi ! mais ils se mirent à crier : Otez-le, ôtez-le, crucifiez-le! Pilate reprit : Crucifierai-je votre roi ? - Nous n'avons point d'autre roi que César, répondirent les princes des prêtres.
Le tumulte croissant de plus en plus, Pilate se fit apporter de l'eau et se lava les mains devant le peuple, en disant : Je suis innocent du sang de ce juste. Ce sera à vous à en répondre; et tout le peuple dit : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants. Alors Pilate leur délivra Barabbas, et ils prirent Jésus et l'emmenèrent.

Jésus sur la Croix

Jésus

Comme ils le menaient à la mort, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qui revenait des champs, et le chargèrent de porter la croix du Christ. Une grande multitude de peuple suivait; et les femmes se frappaient la poitrine et versaient des larmes; mais Jésus se retourna et leur dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants; il viendra um temps où l'on dira : Heureuses les entrailles qui n'ont point porté d'enfants, et les mamelles qui n'ont point nourri. Tous alors diront aux montagnes : tombez sur nous; et aux collines : couvrez-nous; car si le bois vert est ainsi traité, que sera-ce du bois sec ?
On menait aussi avec Jésus deux criminels condamnés au même supplice, afin que cette parole de l'Ecriture fût accomplie : Il a été mis au rang des méchants.

Quand ils furent arrivés au lieu appelé le Calvaire et qu'on nomme en hébreu le Golgotha, ils s'arrêtèrent et offrirent à Jésus du vin mêlé de fiel; mais l'ayant goûté, il ne voulut pas en boire. Alors on le cloua sur une croix entre les deux voleurs; et cependant il disait : Mon Père, pardonnez-leur, ils ne savent ce qu'ils font.
Pilate avait fait mettre au haut de la croix cette inscription en grec, en latin et en hébreu : Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Les princes des prêtres dirent à Pilate : N'inscrivez pas roi des Juifs, mais mettez qu'il s'est dit roi des Juifs. Pilate répondit : Ce qui est écrit est écrit.
Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements et les divisèrent en quatre parts, une pour chacun d'eux; ils prirent aussi la tunique, et comme elle était sans couture et d'un seul tissu, ils dirent : Ne la coupons point, mais que le sort en décide. Il fallait que cette parole de l'Ecriture fût accomplie : Ils ont partagé mes vêtements et jeté ma robe au sort.

Ceux qui passaient par là blasphémaient contre lui et disaient en hochant la tête : Comment, tu détruis le temple et tu le rebâtis en trois jours, et tu ne peux te sauver? Si tu es le Fils de Dieu, descends de ta croix. Les princes des prêtres, les anciens et les scribes, l'insultaient par des railleries : Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même: s'il est le roi d'Israël, qu'il descende et nous croirons en lui; il met sa confiance en Dieu, il appelle Jéhovah son père; si Dieu l'aime, qu'il le délivre enfin.

L'un des deux voleurs crucifiés à ses côtés blasphémait aussi, en disant : Si tu es le Christ, sauve-toi, et sauve nous avec toi. Mais l'autre disait à son compagnon : Tu ne crains donc pas Dieu ? Et, s'adressant au Christ : Seigneur, ajoutait-il, souvenez-vous de moi quand vous serez dans votre royaume. Jésus lui répondit : En vérité, vous serez aujourd'hui dans le paradis avec moi.

Cependant la mère du Sauveur, et la soeur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine, se tenaient au pied de la croix. Jésus, voyant sa mère et près d'elle le disciple bien-aimé, dit à Marie : Femme, voilà votre fils ! et au disciple : Voilà votre mère ! Et depuis cette heure Jean reçut et garda chez lui la mère du Sauveur.

Déjà depuis la sixième heure toute la terre était couverte de ténèbres; à la neuvième, Jésus jeta un grand cri en disant : Eli ! Eli! lamma sabacthani ? c'est-à-dire : Mon Dieu! Mon Dieu! pourquoi m'avez-vous abandonné? Il dit encore : J'ai soif. Aussitôt un de ceux qui étaient présents courut emplir une éponge de vinaigre et la lui présenta au bout d'un roseau; mais les autres disaient : Il appelle Elie; attendez, voyons si Elie viendra le délivrer. Jésus but ce vinaigre et dit : Tout est accompli; puis il jeta un grand cri et rendit l'esprit.

Au même instant le voile du temple se déchira, la terre trembla, les pierres se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, et des saints plongés dans le sommeil de la mort ressuscitèrent et parcoururent la ville. Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus furent saisis d'une grande crainte et dirent : C'était vraiment le Fils de Dieu; certainement cet homme était juste. Les autres aussi qui voyaient ces prodiges se retiraient en se frappant la poitrine.

Jésus au Tombeau

Cependant les Juifs, ne voulant pas que les corps demeurassent sur la croix pendant la fête du sabbat qui avait lieu le lendemain, demandèrent à Pilate qu'on leur rompît les jambes et qu'on les enlevât; des soldats vinrent donc et brisèrent les jambes des deux voleurs, mais voyant que Jésus était déjà mort, l'un d'eux lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau; toutes ces choses avaient été faites pour l'accomplissement des paroles de l'Ecriture : Vous ne briserez aucun de ses os; ils verront celui qu'ils ont percé

Sur le soir, un homme d'Arimathie en Judée, nommé Joseph, disciple de Jésus, vint trouver Pilate et lui demanda le corps de son maître. Pilate, s'étonnant qu'il fût mort en si peu de temps, fit venir le centenier pour s'en assurer, et, sur sa réponse, consentit à la demande de Joseph. Nicodème, celui qui était autrefois venu converser avec Jésus pendant la nuit, accompagna Joseph, et tous deux, après avoir fait descendre le corps, l'enveloppèrent d'un linceul avec des aromates, selon la coutume des Juifs, et l'ensevelirent près de l'endroit où il avait été crucifié, dans un sépulcre neuf creusé sous une grotte, au milieu d'un jardin. Une grande pierre ferma l'entrée du tombeau.

Le lendemain, les princes et les prêtres, s'étant assemblés, vinrent trouver Pilate et lui dirent : Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit : Je ressusciterai trois jours après ma mort. Commandez donc que le sépulcre soit gardé jusqu'au troisième jour. Nous craignons que ses disciples ne viennent dérober le corps et ne disent qu'il est ressuscité d'entre les morts; car la dernière erreur serait pire que la première. Pilate répondit : Vous avez des gardes, allez et faites ainsi que vous l'entendrez. Ils s'en allèrent donc, et, pour s'assurer du tombeau, ils en scellèrent la pierre et mirent des gardes alentour.

La Résurrection

Jésus

Le lendemain du sabbat, Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums et vinrent de grand matin au sépulcre pour embaumer Jésus. Tout à coup il se fit un grand tremblement de terre, un ange du Seigneur descendit du ciel, renversa la pierre qui fermait le tombeau et s'assit dessus. Son visage resplendissait comme l'éclair, et ses vêtements étaient blancs comme la neige.

A sa vue, les gardes, saisis de frayeur, tombèrent à la renverse; mais l'ange, s'adressant aux femmes, leur dit : Pour vous, ne craignez point, je sais que vous cherchez Jésus. Il n'est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez vous de quelle manière il vous a parlé lorsqu'il était encore en Galilée, et qu'il disait: Il faut que le Fils de l'homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu'il soit crucifié et qu'il ressuscite le troisième jour. Venez et voyez le lieu où le Seigneur avait été mis. Hâtez-vous donc d'annoncer à Pierre et à ses disciples que Jésus s'en va devant vous en Galilée; c'est là que vous le verrez.

Ces femmes sortirent aussitôt du sépulcre et s'enfuirent, car elles étaient pleines de crainte, et elles ne parlaient à personne, tant leur frayeur était grande; mais voici que Jésus se présenta devant elles et leur dit : Ne craignez point; allez dire à mes frères qu'ils se rendent en Galilée, c'est là qu'ils me verront.

Pendant qu'elles allaient trouver les disciples, quelques uns des gardes vinrent à la ville et rapportèrent aux princes des prêtres tout ce qui s'était passé. Ceux-ci d´libérèrent aussitôt avec les anciens, et donnèrent une grande somme d'argent aux soldats en leur disant : Publiez partout que ses disciples sont venus au milieu de la nuit et l'ont enlevé pendant votre sommeil. Si le gouvernement vient à le savoir, nous l'apaiserons et nous vous mettrons en sûreté. Les soldats firent ce qui leur avait été ordonné, et ce bruit qu'ils répandirent, dit l'apôtre Matthieu, dure encore parmi les Juifs.

Les apôtres avaient regardé comme un rêve le rapport des trois femmes. Cependant Simon-Pierre et le disciple bien aimé, plus vivement touchés des paroles de Marie-Madeleine, se rendirent au sépulcre. Ils virent le linceul; le suaire qu'on avait mis sur la tête du Seigneur était plié à part. Après s'être ainsi assurés par eux-mêmes de la vérité du récit, ils crurent à la résurrection de Jésus, et retournèrent chez eux.

Mais Marie-Madeleine était restée près du sépulcre et versait des larmes. Comme elle se baissait pour regarder par l'étroite entrée du tombeau, elle aperçut deux anges, vêtus de blanc, assis à l'endroit où avait été le corps de Jésus, l'un à la tête et l'autre aux pieds. Ils lui dirent : Femme, pourquoi pleurez-vous ? - C'est qu'ils ont enlevé mon Seigneur, répondit-elle, et je ne sais où ils l'ont mis. En disant ces mots, Marie se retourna et vit Jésus debout, mais sans savoir que ce fût lui. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleurez-vous, qui cherchez-vous ? Marie, le prenant pour celui qui avait soin du jardin, lui répondit : Si c'est vous qui l'avez enlevé, dites-moi où vous l'avez mis et je l'emporterai. Jésus l'appela alors par son nom : Marie, lui dit-il; aussitôt elle se retourna et le reconnut. Maître, s'écria-t-elle en étendant les mains; mais Jésus l'arrêta :
Ne me touchez point, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Allez trouver mes disciples et dites-leur de ma part : Je monte vers mon père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie-Madeleine vint donc raconter aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur et leur répéta ses paroles.

Ce jour-là même, deux d'entre eux s'en allaient dans un bourg nommé Emmaüs, à soixante stades de Jérusalem, et parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé, quand Jésus vint les joindre et se mit à marcher avec eux; mais ils ne le reconnaissaient pas. De quoi vous entretenez-vous, leur dit-il, et d'où vient que vous êtes tristes? L'un d'eux, appelé Cléophas, lui répondit : Etes-vous donc si étranger dans Jérusalem, que vous ne sachiez pas ce qui s'y est passé ces jours derniers? On a crucifié Jésus de Nazareth, prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu et devant le peuple. Nous espérions qu'il rachèterait Israël, et cependant voici le troisième jour qui s'écoule sans nous apporter de nouvelles. Il est vrai que quelques femmes nous ont dit qu'arrivées dès l'aube à son sépulcre, elles n'y avaient point trouvé son corps, mais que des anges leur avaient apparu tout à coup en leur annonçant que Jésus vivait. Quelques-uns des nôtres se sont alors rendus au sépulcre, et ont reconnu la vérité de ces paroles, mais pour notre maître, ils ne l'ont point trouvé.

Jésus l'interrompit : O insensés! dont le coeur est tardif à croire tout ce que les prophètes ont annoncé! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît toutes ces choses et qu'il entrât ainsi dans sa gloire? Puis, commençant par Moïse, il leur montra dans toutes les Ecritures ce qui avait été dit de lui.

En approchant du bourg d'Emmaüs, il annonça l'intention d'aller plus loin; mais ils le retinrent en disant : Le jour est déjà sur son déclin, entrez avec nous. Jésus-Christ s'assit donc à leur table, prit le pain, le bénit, le rompit et le leur donna. Aussitôt leurs yeux s'ouvrirent, ils le reconnurent; mais il disparut devant eux. Alors ils se dirent l'un à l'autre : N'est-il pas vrai que notre coeur était brûlant en nous lorsqu'il nous parlait dans le chemin et qu'il nous expliquait les Ecritures ? Ils se hâtèrent de rentrer à Jérusalem et de raconter ce qui leur était arrivé.

Mais les autres disciples gardaient encore leur incrédulité. Pendant qu'ils s'entretenaient ensemble, le Christ parut au milieu d'eux et dit : La paix soit avec vous; c'est moi, n'ayez aucune crainte. Mais dans le trouble et la frayeur dont ils étaient remplis, ils pensaient voir un esprit; Jésus reprit : Pourquoi vous troublez-vous ? Pourquoi cette pensée ? Regardez mes mains et mes pieds; c'est moi même; touchez, et considérez qu'un esprit n'a ni chair ni os.

Néanmoins ils ne croyaient pas encore. Jésus prit alors un poisson et du miel, mangea devant eux et leur donna les restes, puis il ajouta : Quand j'étais encore avec vous, je disais qu'il était nécessaire que tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes fût accompli. Et leur ouvrant l'intelligence afin qu'ils entendissent les Ecritures, il reprit : C'est ainsi qu'il est écrit; c'est ainsi qu'il fallait que le Christ souffrît, qu'il ressuscitât le troisième jour, et qu'on prêchât en son nom la pénitence et la rémission des péchés dans toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Je vais donc vous envoyer le don de mon Père qui vous a été promis; restez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en haut.

Thomas, surnommé Didyme, l'un des douze apôtres, n'était pas avec eux au moment où Jésus apparut. Aussi, quand les autres disciples lui racontèrent qu'ils avaient vu le Seigneur, il répondit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, si je ne mets le doigt sur les trous, et ma main dans son côté, je ne le croirai point.

Huit jours après, les disciples, et Thomas avec eux, se trouvaient au même endroit et les portes étaient fermées; Jésus apparut tout à coup au milieu de la salle, et leur dit : La paix soit avec vous; puis, s'adressant à Thomas : Portez ici votre doigt, et considérez mes mains; approchez aussi votre main, mettez-la dans mon côté, et ne soyez pas incrédule, mais fidèle. Thomas répondit : Mon Seigneur et mon Dieu. Jésus reprit : Vous avez cru parce que vous m'avez vu; heureux ceux qui ont cru sans avoir vu.

Quelques jours après, Simon-Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, les fils de Zébédée et deux autres disciples passèrent la nuit à pêcher dans la mer de Tibériade sans prendre un seul poisson. Quand vint le matin, Jésus parut sur le rivage; mais les disciples ne le reconnaissaient pas; il leur dit : Enfants, n'avez-vous rien à manger? - Non, reprirent-ils. - Jetez donc le filet du côté droit de la barque. Ils le jetèrent aussitôt, et ils ne pouvaient plus le retirer tant il était rempli de poissons.

Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : C'est le Seigneur ! et tous se hâtèrent d'aborder le rivage. Venez et mangez, leur dit Jésus, mais nul n'osait lui demander qui êtes-vous ? Car ils savaient que c'était le Christ. Après qu'ils eurent fini leur repas, Jésus demanda trois fois à Simon-Pierre : Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? Trois fois Pierre lui répondit : Seigneur, vous savez que je vous aime; et chaque fois le Christ lui dit : Paissez mes agneaux; paissez mes agneaux, paissez mes brebis.

L'Ascension

Ainsi, pendant les quarante jours qui suivirent la Passion, le Seigneur visita ses disciples. Il leur parlait du royaume de Dieu, et leur répétait de ne pas quitter Jérusalem. Attendez, disait-il, la promesse du Père que vous avez reçue de ma bouche; Jean a baptisé dans l'eau, mais vous, dans peu de jours, vous recevrez le baptême du Saint Esprit, et sa vertu descendra sur vos têtes; vous me rendrez alors témoignage dans Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.

Il les mena ensuite vers Béthanie, au sommet d'une montagne, et les bénit en disant : Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre; allez donc par tout le monde et prêchez l'Evangile; instruisez les peuples en baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, apprenez leur à observer toutes les choses que je vous ai commandées, et soyez assurés que je demeurerai toujours avec vous jusqu'à la consommation des siècles.

Jésus parlait encore quand ses disciples le virent tout à coup s'élever dans les airs et disparaître à leurs yeux au milieu d'un nuage. Ils cherchaient à l'apercevoir une dernière fois; soudain deux hommes vêtus de blanc leur apparurent et dirent : Hommes de Galilée, pourquoi regarder vers le ciel? Jésus reviendra un jour sur la terre de la même manière qu'il l'a quittée1.

1. Dans l'histoire de la vie et de la mort de Jésus-Christ, nous n'avons rien mis qui ne fût directement tiré du Nouveau Testament. Dans les premiers siècles, il y avait un assez grand nombre d'évangiles; l'Eglise n'a reconnu comme canoniques que ceux de saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean. Saint Matthieu ou Lévi était publicain quand Jésus le mit au nombre de ses disciples. L'évangile qu'il avait écrit en langue syro-chaldaïque est perdu, il ne nous en reste que la traduction grecque. Ce livre renferme beaucoup de détails historiques, mais l'écrivain sacré paraît avoir moins tenu à suivre l'exactitude chronologique dans le récit des événements qu'à montrer dans son ensemble la doctrine de Jésus-Christ. Saint Marc, le principal disciple de saint Pierre, qu'il suivit partout, n'a fait, au témoignage de saint Augustin, qu'abréger l'évangiie de saint Matthieu. Cependant, en quelques endroits, on trouve plus de détails que dans le récit du premier évangéliste. Saint Luc fut pour saint Paul ce que saint Marc avait été pour saint Pierre, le compagnon assidu de tous ses travaux. Dans son évangile, il insiste principalement sur le sacerdoce de Jésus-Christ, tout en rapportant cependant des faits qu'on ne trouve pas dans les autres récits évangéliques. Son évangile est le plus long des quatre. Saint Jean, le disciple bien aimé, a écrit le quatrième évangile qui est presque aussi court que celui de saint Marc, mais où l'auteur de l'Apocalypse se révèle par l'imposante grandeur de la pensée.

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