L'Italie et ses frontières naturelles  
241-219 av. J.C.

Annexion de la Corse et de la Sardaigne La première guerre d'Illyrie La dernière invasion gauloise La conquête de la Gaule cisalpine La seconde guerre d'Illyrie

241-239 av J.C.

La guerre inexpiable

Carthage n'est pas au bout de ses sacrifices. Le traité signé, les soldats de Rome retournent à leurs champs, ceux de Carthage élèvent de longues et menaçantes réclamations. La solde était en retard, ils exigent qu'elle soit payée. On a beau leur parler des embarras de l'Etat, les supplier de prendre patience; ils ne veulent rien entendre, et se soulèvent au nombre de vingt mille : les sujets de Carthage prennent parti pour l'insurrection; Utique, Hippone même se révoltent et Carthage se voit réduite à ses seules forces.

Cette guerre fut atroce : les mercenaires déclarèrent que tout Carthaginois tombé en leur pouvoir périrait dans les supplices, que tout allié de Carthage aurait les mains coupées. Par représailles, Hamilcar fit jeter aux bêtes tous les prisonniers. Il parvint à envelopper une des deux armées ennemies dans le défilé de la Hache. Les mercenaires se trouvèrent réduits par la famine à la nécessité de se nourrir de chair humaine. Les esclaves y passèrent d'abord, mais quand cette horrible ressource manqua, il fallut bien se rendre. Hamilcar fut sans pitié: il les tua tous. Peu après, il extermina l'autre armée dans une bataille. Carthage était sauvée: mais pendant deux années entières, son existence avait été mise en péril (241-239 av. J.C.). On appela cette lutte, à cause des atrocités qui furent commises, la guerre inexpiable.

239-227 av J.C.

Conquête de l'Espagne par les Carthaginois

Cette horrible guerre terminée, Carthage envoie son glorieux général soumettre les côtes de l'Afrique jusqu'au détroit de Gibraltar, et conquérir l'Espagne. Hamilcar Barca meurt avant d'avoir achevé son oeuvre: il fut tué dans un combat contre les Lusitaniens. Son gendre, Hasdrubal, ensuite son fils, Annibal (Hannibal), soumettent l'Espagne presque entière. Rome alors s'interpose: inquiète qu'elle est de voir les Carthaginois s'approcher de la Gaule. Un traité conclu en l'an 227 av. J.C. avec Hasdrubal fixe l'Ebre pour limite aux possessions carthaginoises.

239-227 av J.C.

Annexion de la Corse et de la Sardaigne

Par l'occupation de la Sicile carthaginoise, Rome avait mis le pied hors de l'Italie. Dès lors elle cherche des conquêtes tout autour d'elle. Elle profite des embarras de Carthage, durant la guerre des mercenaires, pour se faire céder la Corse et la Sardaigne.

En Sardaigne (seule la Sardaigne était occupée, la Corse était considérée comme une île non stratégique), la garnison des mercenaires à la solde de Carthage se rebelle et appelle Rome à l'aide. Rome respecte le traité de paix et hésite à intervenir dans les territoires sous domination carthaginoise.

Carthage envoie Hamilcar Barca rétablir l'ordre en Sardaigne. Les romains s'inquiètent de voir la puissance carthaginoise réapparaître juste à ses frontières. En 238 av. J.C., lorsque Hamilcar prend la route pour la Sardaigne, un vent de panique se lève à Rome. Le Sénat romain considère l'arrivée d'Hamilcar en Sardaigne comme une violation du traité et dépêche une force militaire occuper la Sardaigne.

Carthage proteste. Rome déclare la guerre. Bien sûr, Carthage n'est pas en mesure de se battre.

En 227 av. J.C., Carthage cède à Rome la Corse et la Sardaigne, perdant ainsi deux places stratégiques en mer Tyrrhénienne.

229 av J.C.

Les pirates illyriens

La curie
Le forum

Les routes commerciales dans la mer adriatique sont contrôlées par Tarente. Avec la conquête de Tarente, c'est désormais à Rome d'assurer la sécurité du commerce maritime.

Les côtes illyriennes sont infectées de pirates sous la protection du roi Agron. La piraterie fait beaucoup de mal au commerce italien. Les établissements grecs tels qu'Issa (Lissa), Pharos (Lesina), Epidamme (Durazzo), Apollonie... souffrent beaucoup et se retrouvent assiégées. Des cités importantes d'Epire se joignent aux pirates et fondent ainsi une fédération armée.

Les Etoliens et les Achéens sont vaincus par les corsaires qui s'emparent de l'île de Corcyre (Corfou). Les marchands italiens et les cités grecs appellent à l'aide Rome qui envoie une ambassade au protecteur des pirates, le roi Agron à Scodra. Les deux ambassadeurs Caius et Lucius Coruncanius sont assassinés par ordre du roi. La guerre est déclarée.

229-228 av J.C.

La première guerre d'Illyrie

Sous prétexte de châtier les pirateries des Illyriens dans la mer Adriatique, Rome descend sur le continent grec et s'y établit à demeure, en occupant une portion de l'Illyrie (229 av. J.C.).

En effet, en 229 av J.C., une flotte de 200 vaisseaux romains débarque à Apollonie et écrase les pirates. Agron mort, sa veuve la reine Teuta est assiégée par les romains et se rend. Toutes les villes grecques sont libérées. La répression romaine est rapide et énergétique. Un traité de paix est signé. En conséquence, les villes grecques de Corcyre, d'Issa, d'Apollonie et d'Epidamme entrent sous domination romaine.



225 av J.C.

La dernière invasion gauloise

La frontière entre les territoires romains et les Gaules se situe sur les rives de l'Arno et du Rubicon. Sur la rive méridionale du Pô (de Parme à Bologne) se maintient une puissante tribu celte, les Boïes; à l'Est, à côté d'eux, les Lingons et à l'Ouest, les Anares. Un peu plus au nord, commence le pays des Ligures qui va d'Arezzo et de Pise jusqu'aux sources du Pô. La plaine du nord, vers l'Est, de Vérone à la côte appartient aux Vénètes, tribu d'origine illyrienne et non pas celtique. Autour de Milan, on trouve les Insubres, la plus puissante nation celte d'Italie. Pendant la première guerre punique, les tribus gauloises étaient restées étrangement calmes.

En 225 av J.C., une grande coalition gauloise avec 50000 soldats et 20000 cavaliers traverse la frontière et entre en Estrurie. Rome mobilise 130000 hommes dans un vent de panique général ! L'effroi est au comble dans Rome : on ouvre les livres sibyllins, et sur le rapport des prêtres on enterre vivants deux Gaulois au milieu du marché aux boeufs (forum). Puis on déclare qu'il y a tumulte, c'est-à-dire que tous les citoyens, sans exception, doivent prendre les armes. La coalition se dirige vers Rome et rencontre en 225 av J.C. l'armée romaine à Fiesole. Les romains sont surpris par l'infanterie gauloise qui les bat en faisant plus de 6000 morts parmi les romains.

Les Gaulois arrivent jusqu'à trois journées de la ville, mais voyant arriver l'armée romaine décide de retourner chez eux avec leur butin. Malheureusement, à Télamon ils se retrouvent coincés entre deux armées romaines commandées par les consuls Atilius et Emilius (225 av J.C.). Le consul Atilius est tué et décapité dans la bataille qui est finalement remportée par les romains. 40000 gaulois périssent.

La dernière invasion gauloise prend fin.

224-222 av J.C.

La conquête de la Gaule cisalpine

La victoire est totale : les romains sont bien décidés à empêcher le retour de pareilles invasions par la conquête de toute la gaule cisalpine.

En 224 av. J.C., Rome envoie un corps expéditionnaire dans les territoires des Boïes et des Insubres, principaux responsables des précédents troubles. En 223 av. J.C., le territoire des Anares est envahi : toute la Gaule cisalpine appartient désormais aux romains. En 222 av. J.C., les Insubres se voyant refuser la paix par les consuls Marcus Claudius Marcellus (cf. chapitre ci-dessous) et Gnaeus Cornelius Scipio Calvus font appel aux mercenaires Gésates qui viennent au nombre de 30000. L'armée romaine décide de faire le siège de la ville insubre d'Acerrae. Les Insubres qui se trouvent dans Acerrae fuient la ville pour se réfugier à Mediolanum (Milan). Les romains les suivent et prennent Milan.

De grands partages de terres sont mis en place. Il n'est pas difficile pour les romains de repousser ou de détruire une population à demi barbare, peu adonnée à l'agriculture et rarement agglomérée. La grande voie du nord construite 80 ans plus tôt est prolongée jusqu'à Spoletium. Elle prendra le nom de voie Flaminienne. Rome se hâte de créer de nouvelles citées dans les territoires fertiles de la plaine du Pô : Placentia (Plaisance), Mutina (Modène)...

222-221 av J.C.

Marcus Claudius Marcellus

Marcus Claudius Marcellus remporte les troisièmes dépouilles opimes en tuant de sa main le roi des Gésates. Marcellus est issu de la famille plébéienne des Claudii Marcelii, elle même branche de la gens des Claudii. Il est élu consul pour l'année 222 av. J.C. avec pour collègue Gnaeus Cornelius Scipio Calvus.

En 222 av. J.C., les Gaulois font des offres de paix mais le sénat les refuse. Marcellus porte la guerre au coeur des territoires Gaulois en mettant le siège devant Acerrae (cf. chapitre ci-dessus). C'est en se portant à la rencontre des Gaulois que Marcellus affronte dans un combat singulier le chef des Gésates Viridomar. Ainsi que le veut la tradition, les deux chefs de guerre s'affronte dans un combat que remporte Marcellus en tuant de ses propres mains Viridomar. Ce sont les troisièmes et dernières dépouilles Opimes. Milan est prise et les deux colonies romaines de Plaisance et de Crémone, fondées sur les bords du fleuve, commencent l'asservissement des Gaulois cisalpins. En 221 av. J.C., l'Istrie est occupée. La Gaule Cisalpine est alors pacifiée et Marcus Claudius peut célébrer son triomphe à Rome.

A Rome, tout ce que l'appareil des fêtes avait de plus magnifique fut déployé pour célébrer la victoire de Marcellus, le troisième triomphateur opime; les rues que devait traverser le cortège étaient jonchées de fleurs, et l'encens fumait partout; une troupe nombreuse de musiciens ouvrait la marche; puis venaient les boeufs du sacrifice dont on avait doré les cornes et, après une longue file de chariots portant les armes enlevées à l'ennemi, les captifs gaulois dont la haute stature et la figure martiale attiraient tous les regards. Un pantomime habillé en femme et une troupe de satyres insultaient par des chants joyeux à leur douleur. Enfin apparaissait au milieu de la fumée des parfums le triomphateur, vêtu d'une robe de pourpre brodée d'or, la tête couronnée de lauriers et le visage peint de vermillon comme les statues des dieux; sur son épaule il portait, ajustés autour d'un tronc de chêne, le casque, la cuirasse et la tunique de Viridomar. A la vue de ce glorieux trophée la foule faisait retentir les airs du cri de: Triomphe! Triomphe! Interrompu seulement par les hymnes guerriers des soldats.

Quand le char du triomphateur tourna vers le Capitole, sur un signe de Marcellus les chefs gaulois furent entraînés vers la sombre prison appelée le Tullianum; des bourreaux les y attendaient; les haches étaient prêtes. Alors le cortège monta au Capitole et entra dans le temple de Jupiter. Lorsqu'un licteur vint annoncer que les prisonniers avaient vécu, Marcellus entonna l'hymne d'actions de grâces et acheva le sacrifice; le triomphateur fixa de ses propres mains son trophée dans le temple dont le pavé avait été creusé. Le lendemain, peut-être, la place publique retentit encore des accusations accoutumées contre ces gaulois qu'il fallait combattre, parce qu'ils immolaient ses captifs et donnaient pour offrande à ses dieux le sang des hommes.

220-219 av J.C.

La seconde guerre d'Illyrie

Démétrios de Pharos, grec au service du roi Agron et de la reine Teuta, commandant de l'île de Corcyre avait trahit les illyriens en livrant l'île aux romains lors de la première guerre d'Illyrie.

En récompense, Rome lui avait donné Pharos et une partie du littoral illyrien. En 220 av. J.C., à la tête de 90 vaisseaux, Démétrios viole le traité passé avec les romains et navigue vers Pylos qu'il assiège. Rome envoie une flotte sous les ordres de Lucius Aemilius Paulus dit Paul Emile qui écrase la flotte de Démétrios vers Pharos. Démétrios s'exile en Macédoine où il devient conseiller de Philippe V de Macédoine.

Livret :

  1. La deuxième guerre punique dans la boutique de Roma Latina

Liens externes :

  1. La Dalmatie de l'encyclopédie libre Wikipédia
  2. Guerres d'Illyrie de l'encyclopédie libre Wikipédia
  3. Gaule Cisalpine de l'encyclopédie libre Wikipédia
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