La Péninsule Ibérique  
154-133 av. J.C.

Guerre en Lusitanie Guerre contre les Celtibères Viriathus Numance La soumission des Galléciens Mancinus Scipion Aemilien

154 av. J.C.

Guerre en Lusitanie

En 154 av. J.C., les lusitaniens conduits par un chef du nom de Punicus se jettent sur la province romaine, battent les deux préteurs réunis et leur tuent beaucoup de monde. Les Vettons (entre le Tage et le Haut-Douro) saisissent aussitôt l'occasion de faire cause commune avec eux; et renforcés par ces nouveaux alliés, les barbares poussent leurs incursions jusqu'à la Méditerranée. Ils ravagent même le pays de Carthagène.

Les attaques paraissent assez sérieuses à Rome pour qu'on y envoie un consul sur les lieux. Mais avant l'arrivée du consul Quintus Fulvius Nobilor avec ses troupes, les troupes romaines commandées par le préteur de l'Espagne Ultérieure, Lucius Mummius sont battues par les lusitaniens. Aussitôt l'incendie de la guerre se rallume dans tout le pays.

153-150 av. J.C.

Guerre contre les Celtibères

La curie
La curie

Quintus Fulvius Nobilor arrive en 153 av J.C. avec une armée de 30000 hommes, 10 éléphants et assiège Numance. Les espagnols refoulent les romains. Après cet échec, que d'autres échecs suivent ainsi que la perte d'un corps de cavalerie, la situation des romains en Espagne Citérieure est des plus mauvaises.

En 152 av. J.C., Rome envoie dans le Nord de l'Espagne des renforts considérables et remplace l'incapable Nobilor par le Consul Marcus Claudius Marcellus. Il rétablit promptement les affaires : les Celtibères concluent la paix. Marcellus passe ensuite dans les provinces méridionales pour ramener le calme chez les Lusitaniens. En 151 av. J.C., la guerre reprend et Marcellus effectue des opérations militaires et arrange une fois de plus un traité de paix. Sur ces entrefaites le nouveau consul Lucius Lucullus arrive.

Il trouve la guerre terminée par un pacte formel : pour lui il n'y a plus ni gloire ni argent à gagner en Espagne! Il se jette sur les Vaccéens, peuple celtibère qui vit en bonne intelligence avec Rome. Epouvantés, ils achètent une capitulation au poids de l'or; mais en dépit d'elle, les romains entrent dans leur capitale et sans l'ombre d'un prétexte, les massacrent ou les font esclaves. Après avoir tué 20000 hommes, Lucullus pousse plus loin. Les habitants de toutes les cités prennent la fuite, ne laissant rien à piller derrière eux.

En 150 av. J.C., Lucullus et le préteur Servius Sulpicius Galba attaquent les Lusitaniens de concert. Traitant avec trois peuplades lusitaniennes, sur la rive droite du Tage, ils leurs promettent de les établir ailleurs et dans de meilleures demeures : sur quoi les lusitaniens venus aux romains au nombre de 7000 avec l'espoir d'une distribution de terres fertiles se voient tout à coup divisés en trois groupes et désarmés. Une partie est vendue, le reste est taillé en pièces. Galba et Lucullus reviennent en Italie, chargés de trésors mal acquis : l'un échappant à la condamnation, l'autre n'est même pas accusé.



147-139 av. J.C.

Viriathus

Les perfidies de Galba ont exaspéré les Lusitaniens. En 147-146 av. J.C., le proconsul Gaïus Vetilius marche contre eux, les bat et les refoule. Le lusitanien Viriathus se met à la tête des bandes espagnoles. Par son ordre, elles se dispersent et s'enfuient par petites troupes. Les romains qui n'ont pas de cavalerie légère n'osent pas courir après les espagnols. Le chef des romains en voulant les poursuivre donne dans une embuscade et y perd la moitié des siens, y est fait prisonnier et tué lui même.

Viriathus est le maître absolu de toute la contrée des Carpétans. Reconnu pour roi, il commande désormais tous les lusitaniens. En 146-145 av.J.C., il bat complètement les troupes romaines commandées par le préteur Gaius Plautius. Accusé plus tard devant le peuple d'avoir déshonoré Rome, il est contraint à l'exil. Après lui, Viriathus anéantit l'armée du préteur de l'Espagne Citérieure, Claudius Unimanus, remporte une troisième victoire sur Gaius Nigidius et ravage tout le plat pays.

Enfin Rome donne la guerre à conduire au consul Quintus Fabius Maximus Aemilianus, second fils du vainqueur de Pydna (145 av. J.C.). Maximus emmène deux nouvelles légions avec lui qu'il tient enfermées dans son camp d'Urso près de Séville en refusant le combat. Après avoir aguerri ses troupes, Maximus reprend la campagne en 144 av. J.C. et va prendre ses quartiers d'hiver dans Corduba.

En 143 av. J.C., Maximus a comme successeur Quintus Fabius Maximus Servilianus, frère adoptif de Maximus Aemilianus qui arrive également avec deux légions et 10 éléphants. Il livre toute une série de batailles indécises; repousse non sans peine un assaut dirigé contre son camp; et en fin de compte, se voit contraint de quitter la province. En 142 av. J.C., Servilianus reprend l'offensive et occupe nombre de cités. Parmi les prisonniers qui tombent dans ses mains, il choisit les chefs (500 environ) qui sont mis à mort et fait couper les mains aux sujets romains coupables d'avoir passé à l'ennemi.

Tandis que les romains, exaltés par le succès sont occupés au siège d'Erisané, Viriathus les surprend, les bats et les rejettent sur un rocher. Comme avait fait jadis le chef des Samnites aux Fourches Caudines, il accorde la paix, se contentant de faire reconnaître par Servilianus l'indépendance de la Lusitanie et son titre de roi du pays que ratifie le Sénat. Servilius est remplacé par Quintus Servilius Coepion, son frère germain. Il entre en Lusitanie et parcourt toute la contrée.

En 139 av. J.C., Viriathus n'a pas seulement affaire à Coepion qui recommence ses attaques : la province du nord dégagée cette fois, envoie aussi en Lusitanie son armée commandée par Marcus Popilius. Viriathus demande la paix à tout prix. Il est assassiné un peu plus tard dans sa tente durant son sommeil. Les lusitaniens élisent un nouveau chef de guerre Tautanus qui est attaqué par les romains qui le capture. Son peuple se soumet. On transporte une partie des Lusitaniens sur le rivage de la Méditerranée où fut fondée pour eux la ville de Valence.

143-140 av. J.C.

Numance

Les succès éclatants de Viriathus avaient suscité en 144 av. J.C. la révolte des Arévaques, forçant le consul Quintus Coecilius Metellus envoyé en Espagne au secours de Maximus Aemilianus à se tourner d'abord contre les Celtibères. Au bout des deux années de commandement (143/142 av. J.C.), la province septentrionale est pacifiée. Seules, les places de Termantia et de Numance tiennent encore leurs portes fermées.

Numance est une petite ville bâtie sur une hauteur escarpée au bord du Douro. L'armée romaine dont le consul Quintus Pompeius vient de prendre le commandement (141 av. J.C.) compte quatre fois autant de soldats que la population armée de Numance (8000 hommes). Pourtant le général romain essuie sous les murs des deux villes de pénibles défaites (141 et 140 av. J.C.). Ne pouvant imposer la paix aux espagnols, il négocie avec les insurgés. Il s'accorde avec Termantia mais n'a pas le temps de traiter avec Numance car il est remplacé par le nouveau général envoyé de Rome, Marcus Popillius Loenas. Loenas continue la guerre mais il est battu par les numantins.

138-136 av. J.C.

La soumission des Galléciens

Le consul Decimus Junius Brutus, successeur de Coepion parcourt dans tous les sens la région des côtes ibères occidentales (138-136 av.J.C.). Il est le premier parmi les romains à atteindre vers ce point les rivages de l'Atlantique. Il tue 50000 hommes dit-on dans une grande bataille livrée aux Galliques jusqu'à là indépendants et les réunit à la province romaine. Les Vaccéens, les lusitaniens et les Gallèques, la péninsule toute entière, à l'exception de la côte septentrionale sont assujettis.

136 av. J.C.

Mancinus

Sur une simple et fausse rumeur que les Cantabres et les Vaccéens marchaient au secours de Numance, l'armée romaine évacue ses campements durant la nuit. Aussitôt les numantins, avertis de cette fuite se lancent à leur poursuite et les enveloppent. Le consul, Gaius Hostilius Mancinus, honnête homme mais faible de caractère et de nom obscur s'éclipse au profit de son questeur, Tiberius Gracchus.

Digne héritier de l'influence de son père, l'ancien responsable de la province de l'Ebre, il convainc les Celtibères et persuadés par eux, les numantins acceptent la paix que jurent tous les hauts officiers des légions. Le sénat rappelle aussitôt son général et rejette le traité. Dans la règle du droit, tout le corps des officiers aurait dû être frappé mais grâce à leurs relations, Gracchus et les autres sont épargnés. Mancinus qui, malheureusement pour lui ne tient pas à la haute aristocratie est seul désigné coupable. On voit en ce jour un consulaire romain dépouillé de ses insignes et traîné jusqu'aux avant-postes ennemis; il reste tout un jour, nu et les mains attachées derrières le dos devant Numance.

Pendant qu'à Rome s'instruit le procès de Mancinus, son successeur Marcus Amilius Lepidus se jette sur les Vaccéens et met le siège devant Pallantia (136 av. J.C.). Après plusieurs combats, il bat en retraite et perd la moitié de ses soldats tombés sous le fer des pallantins. Il est de noble naissance et il en est quitte pour une amende à son retour. Il a pour successeurs Lucius Furius Philus (136 av. J.C.) et Quintus Calpurnius Pison (135 av. J.C.). Ceux-ci se battent encore à combattre les numantins sans aucune réussite.

134-133 av. J.C.

Scipion Aemilien

Scipion Emilien
Scipion Emilien

Scipion Emilien reçoit le commandement de l'armée. Il réorganise l'armée dégénérée d'Espagne (134 av. J.C.) en y bannissant la mollesse et l'oisiveté. Tout d'abord, il purge le camp des deux mille filles de joie, des mauvais prêtres et de la foule des diseurs de bonne aventure. Devenu impropre à se battre, Scipion exige des soldats les plus rudes travaux, leur fait faire de longues marches chargés de sept pieux, de leurs armes, de vingt jours de vivres, les force à creuser des fossés pour les combler, à élever des murs pour les abattre; et, comme ils se plaignent: "Couvrez-vous de boue", leur dit-il, "puisque vous craignez de vous couvrir de sang!". Durant tout l'été, Scipion évite toute rencontre. Vers l'hiver il concentre son armée sous Numance. Il dispose de quatre légions au complet pour investir une ville de 8000 hommes portant les armes.

L'enceinte entière de la ville assiégée est enfermée dans une double ligne de circonvallation, deux fois plus grande avec murailles, tours et fossés et le douro lui-même est hermétiquement barré. N'osant donner l'assaut, les romains prennent la place par la famine. Les numantins envoient à Scipion une ambassade pour se soumettre sans conditions. La population est vendue comme esclaves, la ville est rasée et son territoire partagé entre les cités voisines. Toute l'Espagne Citérieure est soumise.

Livret :

  1. La Péninsule Ibérique dans la boutique de Roma Latina

Liens externes :

  1. L'Hispanie de l'histoire des civilisations européennes, www.hist-europe.fr
  2. Les Celtibères de l'encyclopédie libre Wikipédia
  3. Guerre de Numance de l'encyclopédie libre Wikipédia
  4. Gaius Hostilius Mancinus de l'encyclopédie libre Wikipédia
  5. Aemilii de l'encyclopédie libre Wikipédia
  6. Scipion Emilien de l'encyclopédie libre Wikipédia
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