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  Ministère public de Jésus  (Suite)

Jésus prédit sa Passion à ses disciples

Cependant Jésus ne tarda pas à retourner vers Jérusalem pour célébrer la Pâque une dernière fois et souffrir la mort. Il avertit les apôtres de tout ce qui devait lui arriver bientôt : Nous allons à Jérusalem, leur dit-il, et tout ce qui a été écrit par les prophètes touchant le Fils de l'homme va être accompli. Car il sera livré aux gentils; on se moquera de lui, on le fouettera, on lui crachera au visage; et après qu'on l'aura fouetté, on le fera mourir, et il ressuscitera le troisième jour. Mais ces paroles étaient encore pour eux un mystère.

L'Aveugle de Jéricho

Lorsqu'il se trouva près de Jéricho, un aveugle qui était assis le long du chemin, où il demandait l'aumône, entendant tout le peuple qui passait, s'enquit d'où venaient ce bruit et cette foule. Dès qu'il sut que c'était Jésus de Nazareth qu'on suivait, il se mit à crier : Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. Ceux qui allaient devant le reprenaient rudement et voulaient le faire taire; mais il criait encore plus fort : Fils de David, ayez pitié de moi. Alors Jésus commanda qu'on le lui amenât : Que voulez-vous que je fasse ? lui dit-il. - Faites, Seigneur, que je voie, répondit l'aveugle. Jésus lui dit : Voyez, votre foi vous a sauvé. Il vit au même instant, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu.

Zachée le publicain

Dans Jéricho il y avait un homme riche, Zachée, chef des publicains, qui voulant voir Jésus et ne le pouvant à cause de la foule, et parce qu'il était de fort petite taille, courut devant et monta sur un sycomore. Jésus arrivé à cet endroit le vit et lui dit : Zachée, hâtez-vous de descendre, parce qu'il faut que je loge aujourd'hui dans votre maison. Zachée descendit aussitôt et le reçut avec joie. Mais le peuple murmurait disant : Il est allé loger chez un homme de mauvaise vie.
Cependant Zachée dit à Jésus : Seigneur, je donne la moitié de mon bien aux pauvres; et si j'ai fait tort à quelqu'un je lui rends au quadruple. Sur quoi Jésus dit : Cette maison a reçu aujourd'hui le salut, car celui-ci est aussi un enfant d'Abraham.
Aussi jusqu'au moment de sa Passion, Jésus revenait encore sur cette pensée que ce n'était pas aux Juifs seuls et aux docteurs qu'il apportait le salut, mais à tout homme de race étrangère qui croyait et pratiquait.

Foi de Marie

Jésus arriva près de Jérusalem quelques jours avant la fête de Pâques, et s'arrêta à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux. Là, pendant le repas, Marie, soeur de Marthe et de Lazare, répandit un vase de parfums précieux sur les pieds du Seigneur, et les essuya avec ses cheveux. Les disciples n'approuvèrent pas cette action, et Judas Iscariote dit hautement : Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, afin de soulager les pauvres? Ce n'était pas qu'il s'inquiétât de ceux-ci, mais parce que l'argent étant confié à ses soins il eût pu dérober ces trois cents deniers. Laissez faire cette femme, lui dit Jésus, car elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture; vous aurez toujours des pauvres avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. En vérité, je vous le dis, partout où cet évangile sera prêché, l'action de cette femme sera racontée à sa louange.

Entrée de Jésus à Jérusalem

Jésus

Le lendemain au matin, Jésus partit de Béthanie et s'avança vers Jérusalem. Arrivé au pied de la montagne des Oliviers, il dit à deux de ses disciples : Allez à ce village qui est devant vous. En y entrant, vous trouverez une ânesse attachée et un ânon auprès d'elle. Déliez-les et amenez-les-moi, et si quelqu'un demande pourquoi vous faites ainsi, vous répondrez : Parce que le Seigneur en a besoin; et aussitôt on les laissera libres, afin que cette parole du prophète soit accomplie : Fille de Sion, regarde, ton roi vient à toi plein de douceur, assis sur une ânesse.
Jésus entra dans la ville comme en triomphe, suivi d'une grande multitude de peuple qui criait : Hosanna au fils de David, béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur. Et ils étendaient leurs vêtements le long du chemin ou bien ils coupaient des branches d'arbres et les jetaient partout où il passait.

Changeurs chassés du Temple

Il alla ainsi vers le temple, au bruit des acclamations; et le trouvant encombré de marchands, il les chassa et renversa les tables des changeurs, en disant : Il est écrit : Ma maison est une maison de prières et vous en avez fait un repaire de voleurs. Il guérit aussi les aveugles et les boiteux qui étaient dans le saint lieu, et tout le peuple criait : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Paix et gloire au plus haut des cieux. Les prêtres et les scribes se montrèrent scandalisés des acclamations poussées en l'honneur de Jésus et lui dirent : Maître, impose silence à tes disciples; mais il répondit : S'ils se taisent, les pierres mêmes parleront.

Le Figuler séché; Mérite de la foi

Le lendemain de ce jour, comme il revenait encore à Jérusalem de Béthanie où il était retourné passer la nuit, pressé par la faim, il s'approcha d'un figuier pour y prendre quelques fruits; mais n'en trouvant pas, il maudit l'arbre : Désormais, s'écria-t-il, personne ne mangera de ton fruit; et au même moment le figuier se sécha. Jésus prit occasion de ce nouveau miracle pour relever le mérite et la force de la foi. Croyez en Dieu, disait-il à ses disciples; car en vérité, si vous dites à cette montagne, sans douter en vous-mêmes : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, il sera fait selon votre parole; quelque chose que vous demandiez avec foi dans vos prières, vous l'obtiendrez.
Un jour un homme lui avait dit : Maître, je vous suivrai. Mais permettez que je prenne d'abord congé de ceux qui sont dans ma maison. Et Jésus lui avait répondu : Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière, n'est pas digne d'entrer dans le royaume des cieux.

Paraboles proposées aux scribes

Pendant qu'il était dans le temple, les princes des prêtres et les anciens du peuple vinrent lui demander par quelle autorité il faisait des miracles. Mais, à son tour, il leur adressa cette question : Le baptême de Jean était-il du ciel ou des hommes? S'ils avaient dit : Il était du ciel, Jésus leur eût répliqué : Pourquoi donc ne l'avez-vous pas reçu ? et s'ils avaient répondu : Il était de la terre, tout le peuple les aurait lapidés, parce qu'il tenait Jean pour prophète. Ils dirent donc à Jésus : Nous ne savons. - Et moi non plus, répondit-il, je ne vous dirai point par quelle autorité je fais ces choses.
S'adressant ensuite aux prêtres, aux docteurs et aux pharisiens, il leur proposa quelques paraboles qui avaient toutes pour objet de montrer que Dieu était près de les rejeter à cause de leur infidélité, et d'appeler en leur place les gentils1 pour composer son Eglise.
Un homme avait deux fils; il dit à l'aîné : Va, mon fils, travailler aujourd'hui dans ma vigne. Le fils refusa; puis bientôt, se repentant, il obéit à son père. Celui-ci avait dit la même chose au second qui répondit : J'irai, et qui n'y alla point. Lequel des deux fit la volonté de son père? - Le premier, répondirent-ils. - En vérité, je vous le dis, reprit Jésus, les publicains et les gens de mauvaise vie entreront avant vous dans le royaume de Dieu; car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez point cru en lui; mais les publicains et les gens de mauvaise vie ont cru en ses paroles, et vous, vous ne vous êtes point encore repentis.
Deux autres paraboles tendaient au même but, et montraient que les descendants d'Abraham repoussant la loi nouvelle qui leur était apportée, cette loi serait donnée aux mations étrangères.

1. Les gentils, c'est-à-dire les peuples étrangers à la nation juive.

Parabole des Vignerons

Parabole des Vignerons

Un père de famille planta une vigne, et l'entoura d'une haie; il fit un pressoir; il y bâtit une tour, puis il la loua à des vignerons et il s'en alla dans un pays étranger.
Le temps des vendanges étant proche, il envoya ses serviteurs aux vignerons, pour recueillir les fruits de sa vigne, mais les vignerons s'étant saisis de ces serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre et en lapidèrent un troisième.
Le maître envoya d'autres serviteurs, mais ils les battirent de même, les outragèrent et les renvoyèrent les mains vides.
Il en envoya d'autres encore, qu'ils blessèrent et chassèrent aussi.
Enfin le maître de la vigne dit : Que ferai-je? J'enverrai mon fils bien-aimé; peut-être que le voyant ils auront du respect pour lui.
Mais les vignerons l'ayant vu, dirent entre eux : Voici l'héritier, allons, tuons-le afin que l'héritage soit à nous; et l'ayant jeté hors de la vigne, ils le tuèrent.
Que leur fera donc le maître de la vigne? Il viendra, et fera périr ces vignerons, et il donnera sa vigne à d'autres.

A Dieu ne plaise ! lui dirent les Pharisiens, en l'entendant ainsi parler. Mais lui les regardant leur dit : Je vous déclare que le royaume de Dieu vous sera ôté et qu'il sera donné à un peuple qui saura produire de bons fruits.

Le Festin des noces

Il disait encore : Le royaume du ciel est semblable à un roi qui, voulant faire les noces de son fils, envoya ses serviteurs à l'heure du souper dire aux conviés de venir, mais ils ne voulurent point y aller.
Tous comme de concert commencèrent à s'excuser; le premier lui dit : J'ai acheté une maison de campagne, il faut que j'aille la voir, je vous supplie de m'excuser.
Un autre dit : J'ai épousé une femme, ainsi je ne puis y aller.
Il envoya encore d'autres serviteurs, auxquels il dit : Dites de ma part à ceux qui sont invités : J'ai préparé mon festin, j'ai fait tuer tous mes boeufs et tout ce que j'avais fait engraisser; tout est prêt, venez aux noces.
Mais eux ne se mirent pas en peine et s'en allèrent, l'un à sa maison de campagne et l'autre à son trafic. Les autres se saisirent de ses serviteurs, et après leur avoir fait plusieurs outrages, ils les tuèrent. A cette nouvelle, le roi entra en colère, et ayant envoyé ses troupes, il extermina les meurtriers et brûla leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : Le festin des noces est tout prêt, mais ceux qui y avaient été invités n'en étaient pas dignes. Allez promptement dans les places et dans les rues de la ville, invitez aux noces tous ceux que vous trouverez, et amenez ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.
Ses serviteurs s'en allant par les rues rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, bons et mauvais, puis l'un revint lui dire : Seigneur, j'ai fait ce que vous m'avez commandé, il y a encore de la place.
Le maître dit au serviteur : Allez dans les chemins et le long des haies, et forcez les gens d'entrer pour que ma maison se remplisse, car je vous déclare qu'aucun de ceux que j'avais invités ne sera de mon souper.
La salle des noces fut remplie de gens qui se mirent à table. Le roi entrant ensuite pour voir ceux qui étaient à table, aperçut un homme qui n'avait point de robe nuptiale, et il lui dit : Mon ami, comment êtes-vous entré ici n'ayant point de robe nuptiale ? et cet homme demeura muet.
Alors le roi dit à ses officiers : Liez-lui les pieds et les mains et jetez-le dehors dans les ténèbres; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents, car il y en a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus.

Rendre à César ce qui appartient à César

Les hérodiens, les saducéens et les pharisiens vinrent un jour lui faire des questions captieuses. Les hérodiens lui demandèrent s'il fallait payer le tribut à César. Jésus, pénétrant leur intention, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites? Montrez-moi la pièce du tribut. Ils lui présentèrent un denier. De qui est cette image et cette inscription? ajouta-t-il. - De César. - Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Il avait donné lui-même l'exemple de la soumission à la loi établie, car le receveur des tributs à Capharnaüm ayant dit à Pierre : Votre maître ne paye-t-il point les deux drachmes ? - Simon, que vous en semble ? lui dit Jésus. De qui les rois de la terre tirent-ils des tributs ? Est-ce de leurs enfants ou bien des étrangers? - Des étrangers, répondit-il. - Les enfants en sont donc exempts? dit Jésus. Cependant, pour ne pas les scandaliser, allez à la mer et jetez l'hameçon; et le premier poisson qui s'y prendra, tirez-le; et lui ouvrant la bouche, vous y trouverez une pièce de quatre drachmes, prenez-la et donnez la leur pour moi et pour vous.

La Résurrection universelle

Les saducéens, qui niaient la résurrection, l'interrogèrent à ce sujet d'une manière détournée. Jésus répondit: N'avez-vous point lu ce qui a été dit par Dieu lui-même ? Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Il entendait par là qu'après la mort une vie nouvelle attend les hommes.

Le Jugement dernier

Jésus

Sur cette question de la résurrection universelle, Jésus disait : Un jour viendra où le Fils de l'homme apparaîtra dans sa majesté et tous les anges avec lui, il s'assiéra sur le trône de sa gloire; et toutes les nations étant assemblées devant lui, il séparera les uns d'avec les autres, comme un berger sépare les brebis d'avec les boucs, et il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde; car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; je n'avais point de logement, et vous m'avez logé; j'étais nu, et vous m'avez revêtu; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venu me voir.
Les justes lui diront alors : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim et que nous vous avons donné à manger, ou avoir soif et que nous vous avons donné à boire ? Quand est-ce que nous vous avons vu sans logement, et que nous vous avons logé, ou sans habits, et que nous vous avons revêtu? Et quand est-ce que nous vous avons vu malade ou en prison, et que nous vous avons visité ?
Et le Roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, autant de fois que vous avez rendu ces devoirs à l'un des moindres de mes frères, c'est à moi-même que vous les avez rendus.
Il dira ensuite à ceux qui seront à sa gauche : Allez vous-en loin de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges, car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu soif, et vous ne m'avez point donné à boire; j'étais sans logement, et vous ne m'avez pas logé; j'étais nu, et vous ne m'avez pas revêtu; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.
Alors ceux-ci lui diront : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim ou soif, quand est-ce que nous vous avons vu sans logement, sans habits, ou malade et en prison, et que nous avons manqué de vous assister?
Et il leur répondra : Je vous le dis en vérité, autant de fois que vous avez manqué de le faire à l'un de ces petits, autant de fois vous avez manqué de le faire à moi-même; et ceux-ci iront dans les supplices éternels, et les justes dans la vie éternelle.

Les Pharisiens sont rejetés

Un jour Jésus se tournant vers le peuple, dit : Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse; faites ce qu'ils vous disent, mais ne faites pas ce qu'ils font. Car ils lient des fardeaux pesants qu'ils mettent sur les épaules des hommes, et pour eux-mêmes ils ne veulent pas les remuer, ne fût-ce que du bout du doigt. Ils aiment les premières places dans les festins et les premières chaires dans les synagogues; mais quiconque s'élèvera sera abaissé, quiconque s'abaissera sera élevé.
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Qui, sous prétexte de longues prières, dévorez la maison de la veuve ! Malheur à vous qui payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et qui avez abandonné ce qu'il y a de plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la foi !
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Qui êtes semblables à des sépulcres blanchis. Au dehors ils sont beaux, mais au dedans ils ne renferment qu'ossements desséchés et pourriture.
Jérusalem ! Jérusalem ! Qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui sont envoyés vers toi, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes; et tu ne l'as pas voulu !

Le denier de la veuve

Quand la foule se fut écoulée, Jésus, assis vis-à-vis du tronc du temple, considérait ce que chacun y mettait d'argent, et il vit quelques riches faire de grosses aumônes. Il vint aussi une pauvre veuve; elle mit seulement deux petites pièces de la valeur d'un quart de sou. Alors, Jésus, appelant ses disciples : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a plus donné que tous les autres, car ceux-ci n'ont pris que sur leur richesse, et elle, elle a pris même sur sa pauvreté.

Prophétie de la ruine du Temple et de Jérusalem

Sur le soir, quand il sortit du temple, ses disciples lui firent remarquer les beautés de l'édifice et les riches présents qu'il renfermait. Il leur répondit : Un temps viendra où tout ici sera détruit et où il ne restera pas pierre sur pierre. - Maître, quand cela arrivera-t-il? Quel sera le signe précurseur de l'accomplissement de ces paroles? Jésus dit alors : Prenez garde de vous laisser séduire; car plusieurs viendront sous mon nom, disant : Je suis le Christ ! Et il y en aura qui croiront en eux. Vous entendrez aussi parler de guerres; mais gardez-vous de vous troubler, car il faut que ces choses arrivent. On verra se soulever peuple contre peuple, royaume contre royaume, et il y aura en divers lieux de grands tremblements de terre, des pestes et des famines. Mais, avant toutes ces choses, ils se saisiront de Vous et vous persécuteront, ils vous traîneront devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom. Ne méditez point d'avance ce que vous devrez répondre; je mettrai sur vos lèvres une sagesse à laquelle vos ennemis ne pourront résister et qu'ils ne pourront contredire.

Il ajoutait encore : Vous verrez une armée environner Jérusalem; ce seront alors les jours de la vengeance, afin que toutes les paroles de l'Ecriture soient accomplies. Malheur aux femmes grosses ou nourrices en ces jours-là, car les maux de cette terre seront grands. Les soldats passeront les habitants au fil de l'épée ou les emmèneront captifs, et Jérusalem sera foulée aux pieds des gentils, jusqu'à ce que le temps des nations soit accompli. Aussitôt après ces jours d'affliction, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors ils verront le Fils de l'homme venir sur une nuée avec une grande majesté; et il enverra ses anges, qui, au son retentissant des trompettes, rassembleront ses élus des quatre coins du monde. Je vous le dis en vérité, le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. -

Veiller sans relâche sur soi-même

Or, ajoutait Jésus, quand ces choses commenceront d'arriver, levez la tête et regardez en haut, parce que votre délivrance approche. Apprenez une comparaison tirée du figuier : lorsque ses branches sont tendres et que ses feuilles commencent à paraître, vous connaissez que l'été est proche; de même lorsque vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l'homme est proche, et qu'il est à la porte. Je vous dis en vérité que cette génération ne passera pas que tout cela n'arrive.
Quant à ce jour et à cette heure-là, nul autre que mon Père n'en a connaissance, pas même les anges du ciel, ni même le Fils.
Et il arrivera à l'avénement du Fils de l'homme ce qui arriva du temps de Noé : car, comme avant le déluge les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et faisaient les noces de leurs filles, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche; et ils ne pensèrent au déluge que lorsqu'il arriva, et les fit tous périr; il en sera de même à l'avénement du Fils de l'homme.
Il en sera de même qu'au temps de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait et on vendait, on plantait et on bâtissait; mais le jour où Loth sortit de Sodome, il tomba du ciel une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr.
Il en sera de même au jour où le Fils de l'homme paraîtra; alors de deux hommes qui seront dans le même champ ou dans le même lit, l'un sera pris et l'autre laissé; de deux femmes qui moudront dans un moulin, l'une sera prise et l'autre laissée.
Prenez donc garde à vous, de peur que vos coeurs ne s'appesantissent par l'excès des viandes et du vin, et par les soins de cette vie, et que ce jour-là ne vienne tout à coup vous surprendre; car il enveloppera comme un filet tous ceux qui habitent sur la terre. Veillez donc, car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur viendra.
Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous soyez dignes d'éviter tous ces maux qui doivent arriver, et de paraître avec confiance devant le Fils de l'homme.
Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison viendra, si ce sera le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin; de peur que, venant tout à coup, il ne vous trouve endormis.
Or, ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez.

Jésus proposa ensuite à ses disciples quelques paraboles, pour montrer la nécessité de cette active vigilance. Celle du père de famille qui part en confiant à ses domestiques diverses sommes pour les faire valoir, et qui récompense, à son retour, les serviteurs fidèles et laborieux, tandis qu'il punit les paresseux et les inutiles; et celle de l'intendant qui, chargé de surveiller les autres domestiques, les maltraite et se divertit en l'absence de son maître, ne prévoyant pas que ses fautes le feront punir.

Le Serviteur infidèle

Soyez semblables, leur disait-il, à des gens qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir dès qu'il arrivera et qu'il frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouve veillants. Je vous dis en vérité qu'il se ceindra de sa robe, et qu'après les avoir fait mettre à table, il ira et viendra pour les servir; que s'il arrive à la seconde ou à la troisième veille, et qu'il les trouve en cet état, ces serviteurs-là sont heureux.
Or, sachez que si le père de famille était averti de l'heure à laquelle le voleur doit venir, il veillerait assurément et ne laisserait pas percer sa maison. Tenez-vous donc aussi toujours prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas.

Alors Pierre lui dit : Seigneur, est-ce pour nous autres que vous dites cette parabole, ou est-ce aussi pour tout le monde ? Le Seigneur lui dit : Quel est à votre avis l'économe fidèle et prudent que le maître établit sur ses domestiques, pour donner, quand il faut, à chacun d'eux sa mesure de blé ? Heureux ce serviteur, si son maître en arrivant le trouve faisant son devoir. Je vous dis en vérité qu'il lui donnera l'administration de tous ses biens.
Que si ce serviteur se dit en soi-même : Mon maître ne viendra pas sitôt, et qu'il se mette à battre les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, le maître de ce serviteur viendra le jour qu'il ne l'attend pas et à l'heure qu'il ne pense pas, il le séparera des autres, et pour son partage il le mettra avec les infidèles et les hypocrites. C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Parabole des dix Vierges

Jésus dit un autre jour à ses disciples : Dix vierges avaient pris leurs lampes, et allaient au-devant de l'époux et de l'épouse. Cinq étaient folles, et cinq étaient sages. Les premières n'avaient pas emporté d'huile avec elles. Aussi, quand vers minuit on entendit ces cris : Voici l'époux qui vient, allez à sa rencontre, les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, parce que nos lampes s'éteignent. - Non, répondirent celles-ci, nous craignons de ne pas en avoir assez pour vous et pour nous; allez donc, et achetez-en pour vous-mêmes. Mais pendant ce temps l'époux vint : celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui, et la porte fut fermée quand les autres vierges arrivèrent et dirent : Seigneur, seigneur, ouvrez-nous! Il leur répondit : Je vous le dis, en vérité, je ne vous connais point. Veillez donc aussi vous-mêmes, car vous ne savez ni le jour ni l'heure de la venue du Christ.

Peines et récompenses dans la vie à venir

Quand le Fils de l'homme viendra sur les nuées, il s'assiéra sur le trône de sa gloire; puis, comme un berger qui sépare les brebis et les boucs, il mettra les brebis à sa droite, les boucs à sa gauche, et il dira aux hommes placés à sa droite : Venez, vous qui avez été bénis par mon Père, posséder le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde : car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais nu, et vous m'avez revêtu; j'étais malade, et vous m'avez visité.

Alors les justes lui diront : Quand est-ce, Seigneur, que nous vous avons vu avoir faim ou soif? Quand est-ce que nous vous avons vu sans logis et sans vêtements, en prison ou malade ? Et le Roi leur répondra : Je vous le dis, en vérité, autant de fois que vous avez fait cela à l'égard d'un des plus petits de mes frères, c'est à moi-même que vous l'avez fait.
Il dira ensuite aux hommes placés à sa gauche : Retirez vous de moi, maudits; allez au feu éternel préparé pour Satan et pour les siens!

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